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Affaire structures illégales de placement d’argent: La preuve que le gouvernement a collaboré avec ICC et consorts
Le gouvernement, dans sa ligne de défense a toujours nié, jusqu’à ce jour, avoir officiellement collaboré ou eu de contacts avec les structures illégales de
placement d’argent. Mais au fur et à mesure qu’évolue ce dossier, des faits nouveaux surgissent, tels des épisodes encore plus troublants, pour en faire un malheureux feuilleton. Rebondissement,
avec la correspondance N° 1-076/SG/SSPCAS/DS/SP/-C du 20 novembre 2009 signée du Préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau.
Une des preuves que le gouvernement du changement était bel et bien au courant de l’existence et des activités de ces sociétés de placement d’argent est la
correspondance N° 1-076/SG/SSPCAS/DS/SP/-C du 20 novembre 2009 signée du Préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau. Cette lettre est la preuve, non seulement de la connaissance de ces
structures, mais aussi et surtout de ce que le gouvernement a collaboré avec elle aux plans matériel et financier.
Par cette correspondance en effet, le Préfet s’est adressé aux Responsables des Agences de BANK OF AFRICA, DIAMOND BANK, CONTINENTAL BANK, FINANCIAL BANK, ECOBANK,
BANK ATLANTIC, BIBE, VITAL FINANCE, ICC/SERVICES, PADME, PAPME, CLCAM et SURAM-ANGEL. L’objet était relatif à la " Sécurisation des institutions bancaires ". Le Préfet y disait qu’il déférait aux
instructions du Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire et suite aux recommandations issues de la séance de travail tenue
avec ces institutions financières, le mardi 17 novembre 2009.
Le Préfet leur fait remarquer que des dispositions ont été prises pour déployer des forces de l’ordre dans les zones stratégiques et pour assurer la sécurité de
toutes les institutions bancaires et financières exerçant dans les Départements de l’Ouémé et du Plateau du lundi 23 novembre 2009 au samedi 28 Février 2010 inclus et que le coût global des
opérations est évalué à neuf millions cinq cent vingt mille (9.520.000) FCFA et seront à la charge des institutions répertoriées.
C’est pourquoi, il leur demande de bien vouloir apporter à la Préfecture de Porto-Novo leur contribution financière en vue de la réussite desdites
opérations.
Constats et questions
Du contenu de cette correspondance, on peut faire quatre constats.
1-le gouvernement savait que ICC Services et Suram Angel (tout au moins les deux-là) existaient et opéraient.
2-le gouvernement reconnaît - ou a constaté en tout cas - que ces sociétés fonctionnaient comme des établissements financiers, au même titre que les
banques.
3-le gouvernement a établi un plan de protection sécuritaire qui prend en compte ces structures illégales.
4-le gouvernement a même (et c’est le plus grave) demandé une contribution financière à ces établissements financiers, dont ICC Services et Suram Angel.
On peut donc se poser légitimement les questions suivantes, suite à ces constats :
1-le gouvernement peut-il continuer à dire qu’il n’était pas au courant de l’existence de ces sociétés illégales alors qu’il leur a envoyé une correspondance
officielle par le biais d’un Préfet ?
2-comment le gouvernement a-t-il pu assimiler ces structures illégales aux établissements financiers, alors qu’aucun agrément ne leur avait jamais été donné
?
3-dans ces conditions, les citoyens avait-ils tort ou raison de faire confiance à ces structures illégales en y déposant massivement leurs épargnes qui dépassent
déjà les 70 milliards FCFA, selon les résultats provisoires du recensement des déposants ?
4-le gouvernement a-t-il, oui ou non obtenu ces contributions financières de ICC Services et Suram Angel ? Des proches de " Tégbenou le célèbre " laissent entendre
qu’il a pu en être ainsi.
Autant de constats et d’interrogations qui font que le gouvernement aura grand mal à se blanchir dans ce dossier d’une part, et que les observations d’une certaine
partie de la classe politique et des syndicalistes sont à ne pas balayer du revers de la main d’autre part. Voici quelques propos tenus récemment à ce sujet, sur le fait que le gouvernement ne
peut pas ne pas savoir que ces structures existaient et qu’il est aussi responsable du drame que vivent les épargnants.
Des faits et observations qui concordent
Bruno Amoussou disait, lors de la dernière sortie de l’Union fait la Nation que " le Chef d’Etat (élu parce qu’il était reconnu entre autres comme un spécialiste
des questions financières) et son gouvernement, par leur complaisance, leur négligence et leur caution de toute nature, ont permis à ce système de ruiner leurs concitoyens…La promotion de l’image
des dirigeants d’ICC-Services par le gouvernement constitue un acte suffisant d’accusation pour qu’il soit nécessaire d’en rajouter…Bien des victimes affirment n’avoir succombé à la tentation
qu’à cause de l’attitude des plus hautes autorités de notre pays….D’autres encore ont été impressionnés par la présence constante de membres du gouvernement aux séances de "générosité " des
escrocs, manifestations au cours desquelles les ministres vantent les "qualités" de leurs hôtes. Ils les présentent comme des citoyens modèles, à suivre, et comme des personnalités de confiance
et leur tressent des couronnes de louanges… "
Les responsables des centrales syndicales, lors de leur dernière sortie médiatique ont aussi relevé que " dans ce sale dossier d’escroquerie, la responsabilité ne
peut en aucun cas être collégiale, sinon c’est tout le monde qui sera embastillé. Le gouvernement qui est bien informé que les responsables de ICC Services avaient déjà opéré en Côte d’Ivoire et
certainement sous d’autres cieux avant de débarquer dans notre pays pour installer leur machine d’escroquerie aux fins d’écumer les populations a laissé faire consciemment ou
inconsciemment…L’affaire ICC Services révèle donc au grand jour la duplicité du gouvernement avec une structure illégale de collecte d’épargne qui a mis en péril notre système économique et créé
ainsi la désolation dans de nombreux foyers déjà confrontés aux effets pervers d’une crise capitaliste mondiale qui sévit depuis plusieurs années et dont la fin n’est pas pour demain…Dans cette
affaire dolosive, savamment planifiée, le gouvernement dit du changement doit faire un effort de discernement en évitant de faire des amalgames et ne pas mettre les initiateurs de cette opération
frauduleuse, les autorités qui les ont couverts et les victimes innocentes dans le même sac ".
Tout ceci est bien corroboré par le gouvernement lui-même, puisque dans la correspondance envoyée au Parlement pour justifier la demande de mise en accusation de
l’ex ministre de l’Intérieur, le gouvernement disait ceci : " …Les promoteurs notamment Monsieur Emile Comlan Tégbénou, ont bénéficié du soutien de Monsieur Armand Zinzindohoué, alors Ministre de
l’Intérieur et de la Sécurité Publique, pour exercer en toute illégalité leurs activités de collecte et de placement de fonds qui constituent en réalité un vaste réseau d’escroquerie créé de
toutes pièces pour arnaquer les populations et se faire remettre d’importantes sommes d’argent.
REPUBLIQUE DU BENIN
MINISTERE DE LA DECENTRALISATION,
DE LA GOUVERNANCE LOCALE,
DE L’ADMINISTRATION ET DE L’AMENAGEMENT
DU TERRITOIRE
DEPARTEMENTS.DE L’OUEME ET DU PLATEAU
PREFECTURE DE PORTO-NOVO
Porto-Novo, le 20 novembre 2009
N°1-076/SG/SSPCAS/DS/SP-C
Messieurs les Responsables des Agences :
- BANK OF AFRICA
- DIAMOND BANK
- CONTINENTAL BANK
- FINANCIAL BANK
- ECOBANK
- BIBE
- VITAL FINANCE
- ICC/SERVICES
- PADME
- PAPME
- CLCAM
- SURAM-ANGEL
Objet : Sécurisation des institutions bancaires
Références : -L/n° 1062/MDGLAAT/DC/SG/DGAE/DDC/SAGAPCE du 11/11/09.
L/n°073/SG/SSPCAS/DS/SP- C du 16/11/09.
Déférant aux instructions du Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire et suite aux
recommandations issues de la séance de travail tenue avec Vous, le mardi 17 novembre 2009, j’ai l’honneur, de porter à votre connaissance que des dispositions ont été prises pour déployer des
forces de l’ordre dans les zones stratégiques et pour assurer la sécurité de toutes les institutions bancaires et financières exerçant dans les Départements de l’Ouémé et du Plateau du lundi 23
novembre 2009 au samedi 28 Février 2010 inclus.
Dans ce cadre, le coût global des opérations est évalué à neuf millions cinq cent vingt mille (9.520.000) FCF A et seront à la charge des institutions
répertoriées.
C’est pourquoi, je vous demande de bien vouloir apporter à la Préfecture de Porto-Novo votre contribution financière en vue de la réussite des dites
opérations.
Veuillez agréer, Messieurs les responsables d’agences, l’expression de ma considération distinguée.
Ainsi, Monsieur Armand Zinzindohoué a fait mettre un garde du corps à la disposition de Monsieur Emile Comlan Tégbénou. En outre, sur ses instructions, la demande
d’un permis de port d’arme introduite par Monsieur Emile Comlan Tégbénou et dont l’étude mettait du temps, a été examinée avec diligence et le document signé par lui. Monsieur Armand Zinzindohoué
recevait fréquemment Monsieur Emile Comlan Tégbénou dans son bureau au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique et a pris part à ses côtés à l’inauguration de l’Eglise du Christianisme
Céleste de Malahoui (Commune d’Adjarra) et d’un château d’eau à Glo-Djigbé (Commune d’Abomey-Calavi) ".
Dans ce cas, on comprend alors difficilement le gouvernement qui, dans le communiqué du Conseil des ministres du 3 août 2010, trouve " curieuses la précipitation et
les surenchères de ces hommes politiques qui veulent se disculper face à l’Affaire ICC et Consorts dans laquelle leur responsabilité est entièrement engagée " et se demande " pourquoi les
opposants n’ont-ils pas réagi, comme ils savent si bien le faire en d’autres occasions, pour s’opposer aux activités illégales de ICC Services et Consorts dans lesquelles, selon les
renseignements recueillis, certains parmi eux et leurs collaborateurs sont partie prenante ? "
Après avoir lu le contenu de cette correspondance N° 1-076/SG/SSPCAS/DS/SP/-C du 20 novembre 2009 signée du Préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau qui
agissait sur instructions de son ministre de tutelle, on se demande bien à quelle logique répondent ces observations du gouvernement dans un communiqué officiel du Conseil des
ministres.
Brice HOUSSOU
Journal FRATERNITE 26/08/10
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