boni_je_le_jure_serment.jpg Les partenaires techniques et financiers (PTF) sont aussi désillusionnés des agissements du régime du Changement en matière de développement et de gestion des finances publiques. Sans porter de gants, ces partenaires au développement ont affiché leur mécontentement dans leur récent rapport d’avancement de la SCRP 2. Ledit Rapport faisait état de la politique de gestion des finances publiques sous l’ère Yayi. Un bilan qui laisse des taches d’huile selon les PTF.
Le rapport d’avancement 2009 de la SCRP 2 a dressé un bilan de la politique de gestion du pouvoir par le régime du Changement au cours des deux dernières années. Ce bilan vient simplement enfoncer le régime en place car « les PTF ont l’impression que la méthode de régulation budgétaire ad’hoc utilisée par le gouvernement pour combler l’écart entre le budget de l’Etat mis en œuvre et les ressources financières disponibles pour les dépenses publiques, mène à un blocage général dans le système de gestion des finances publiques insatisfaisant du régime du Changement en matière de gestion des finances publiques ». En effet, la SCRP sert de cadre de référence pour les interventions des partenaires techniques et financiers en matière d’appui au développement du Bénin. D’après ce rapport donc, il a été notifié que le régime du Changement n’engage pas la lutte contre la corruption comme devrait être le cas lorsqu’on sait que le premier Magistrat est venu au pouvoir avec ce seul slogan sur les lèvres. Le rapport d’avancement 2009 en effet, a fait ressortir un bilan mitigé. Comme en 2008, la moitié des valeurs cibles n’a pas été atteinte en 2009. Les progrès dans la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté ont été affectés par les problèmes structurels que connaissent certains ministères prioritaires et les insuffisances en matière de gestion des finances publiques, auxquels s’est ajouté l’impact de la crise économique mondiale en 2009.

Un gouffre certain…
Si on n’arrête pas la saignée en matière de contre performances, on risque d’aller d’échecs en déconvenues avec pour boussole la mauvaise gestion et la dilapidation des fonds publics. Et en cette matière, la réaction des PTF est prompte et ne favorise rien du côté des chantres du Changement qui doivent répondre de l’intoxication. Les partenaires sont préoccupés de cette évolution dont les effets sur le budget se poursuivront. C’est donc à juste titre qu’ils ont constaté que le rapport d’avancement 2009 ne décrit pas les mesures prises par le gouvernement pour améliorer les performances économiques. Une autre priorité dans le domaine de la bonne gouvernance reste certainement la lutte contre la corruption. Les partenaires auraient souhaité que le rapport d’avancement décrive davantage les mesures prises par le gouvernement sur ces questions et en particulier sur la suite donnée au dossier CEN-SAD. Les partenaires encouragent le gouvernement à poursuivre cette lutte. La corruption et la mauvaise gouvernance pèsent lourdement sur le développement et la croissance. L’impunité, réelle ou supposée, risque aussi de miner la crédibilité des institutions censées être les garantes de l’application des principes et des lois de l’Etat de droit, dont le Bénin peut se prévaloir.

Marcel NOUMON
Journal 24 HEURES AU BENIN  01/09/10

Réaction des PTF sur le rapport d’avancement de la SCRP 2

Introduction
Excellences Monsieur le Ministre d’Etat, Mesdames et Messieurs les Ministres et Représentants du Gouvernement et des Institutions de l’Etat,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des PTF,

Mesdames et Messieurs les Délégués et Représentants de la Société Civile,

Mesdames et Messieurs,

C’est un réel plaisir pour les partenaires au développement de se consacrer à cet exercice annuel de dialogue à travers lequel nous jetons ensemble un regard sur les actions menées pour réaliser les objectifs de la SCRP. Il s’agit d’évaluer les performances enregistrées, de dégager les insuffisances qui les ont marquées, de tirer les leçons qui s’imposent afin d’identifier les défis majeurs pour l’avenir et si possible d’avoir une vision commune sur la manière la plus efficace d’y répondre.

Le rapport d’avancement 2009 de la SCRP, dont nous venons de recevoir un résumé oral, a servi de base à cet exercice. La SCRP sert de cadre de référence pour les interventions des PTF en matière d’appui au développement du Bénin.

Permettez-moi avant tout propos et au nom de l’ensemble des partenaires au développement, de saluer l’effort des autorités béninoises par rapport au respect des obligations relatives au cycle de revue de la SCRP. Nous espérons aussi vivement que les recommandations qui découleront de cette revue puissent être prises en compte pour l’élaboration du budget de l’Etat 2011.

Le rapport d’avancement 2009 fait ressortir un bilan mitigé. En effet comme en 2008, la moitié des valeurs cibles n’a pas été atteinte en 2009. Les progrès dans la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté ont été affectés par les problèmes structurels que connaissent certains ministères prioritaires et les insuffisances en matière de gestion de finances publiques, auxquels s’est ajouté l’impact de la crise économique mondiale en 2009.

L’impact négatif de cette évolution s’est fait ressentir en termes de contraction des dépenses publiques pour le développement, tandis que les dépenses salariales de l’Etat connaissaient une forte augmentation (+24%). Les partenaires sont préoccupés de cette évolution dont les effets sur le budget se poursuivront. Les partenaires ont noté avec satisfaction la mise en place d’un cadre national de dialogue social et encouragent les autorités béninoises à renforcer le dialogue avec les partenaires sociaux à travers le cadre déjà mis en place pour assurer la soutenabilité du budget, tout en privilégiant les dépenses pour le développement.

En termes d’opportunité de croissance et pour prendre un seul exemple, la hausse des prix des denrées alimentaires en 2008 constituait aussi pour le Bénin une opportunité en tant que producteur agricole. Cette évolution des prix a permis un début de diversification agricole, mais les réformes dans ce secteur tardent à être mises en œuvre, limitant ainsi les effets des investissements productifs.

Les partenaires regrettent que le rapport d’avancement 2009 ne décrive pas de manière plus précise les mesures prises par le Gouvernement pour améliorer les performances économiques. . En effet les contreperformances de l’année 2009, ne sont pas uniquement liées à la crise Les partenaires auraient souhaité que le rapport fasse état des dysfonctionnements internes identifiés par le Gouvernement et des solutions qu’il entend prendre pour y remédier.

La SCRP de 3ème génération en cours de préparation est l’occasion de relancer la réflexion stratégique du Gouvernement et constituera le lien entre programmation et exécution budgétaire. Il apparaît d’ores et déjà que l’année 2010 étant une année de transition entre la SCRP2 et la SCRP3, elle ne permettra pas non plus d’atteindre tous les objectifs de développement que le Gouvernement s’était fixé pour la période de la SCRP2. Car, d’une part certains écarts entre les objectifs fixés et les réalisations effectives sont déjà trop importants. D’autre part les PTF ont l’impression que la méthode de régulation budgétaire ad’hoc utilisée par le Gouvernement pour combler l’écart entre le budget de l’Etat mis en œuvre et les ressources financières disponibles pour les dépenses publiques, mène à un blocage général dans le système de Gestion des Finances Publiques. Ceci au détriment des dépenses prioritaires pour le développement. En effet, le système SIGFIP étant souvent fermé, ces dépenses ne peuvent pas être engagées, même pour certaines ressources extérieures pourvues par les PTF. Les Partenaires espèrent que cette situation ne sera que temporaire.

Le rapport décrit comment le Gouvernement a fait face aux défis concernant la Gouvernance en général et la Gestion des Finances Publiques en particulier. Le Plan d’Actions pour l’amélioration du Système de Gestion des Finances Publiques adopté en mars 2009 a constitué une étape importante vers la modernisation de son système de finances publiques. Il est à présent important que la mise en œuvre s’accélère pour permettre d’augmenter les performances du système. Les partenaires se sont fortement engagés aux côtés du gouvernement pour l’appuyer dans les réformes à travers un projet d’appui conjoint ainsi que d’autres projets connexes. La mise en place d’une structure de pilotage de la réforme (UGR) montre la détermination du gouvernement mais des efforts supplémentaires sont requis pour améliorer le pilotage de la réforme. Par ailleurs, les partenaires saluent l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les Marchés Publics votée par l’Assemblée au 1er trimestre 2009, mais ils regrettent que certains décrets d’application pour sa mise en œuvre effective tardent à voir le jour.

Toujours dans le domaine de la Gestion des finances Publiques, les Partenaires regrettent aussi les nouveaux retards accusés en 2009 par rapport au calendrier de rattrapage que le Gouvernement était convenu avec Partenaires du groupe ABC, concernant la préparation et la présentation au Parlement des projets de Lois de Règlement,

Une autre priorité dans le domaine de la bonne gouvernance reste certainement la lutte contre la corruption. Les partenaires auraient souhaité que le rapport d’avancement décrive davantage les mesures prises par le Gouvernement sur ces questions et en particulier sur la suite donnée au dossier de la CEN-SAD. Les Partenaires encouragent le Gouvernement à poursuivre cette lutte. La corruption et la mauvaise gouvernance pèsent lourdement sur le développement et la croissance. L’impunité, réelle ou supposée, risque aussi de miner la crédibilité des Institutions censées être les garantes de l’application des principes et des lois de l’Etat de droit, dont le Bénin peut se prévaloir.

Avec votre permission, je voudrais donner la parole à mes collègues pour rentrer un peu plus dans les détails concernant les cinq axes prioritaires de la mise en œuvre de la SCRP 2. Nous essayerons de nous limiter à l’essentiel des points qui méritent une attention particulière.

AXES 1 et 2 : Accélération de la croissance et Développement des infrastructures Dans le domaine de l’accélération de la croissance, le rapport note que la crise économique mondiale a eu des impacts significatifs sur les performances macroéconomiques du Bénin en 2009 avec un taux de croissance très faible de 2,7% contre une prévision initiale de 5,7% et une détérioration du déficit budgétaire à 7,3% du PIB contre 3,5% en 2008. Si les PTF reconnaissent que la crise a certainement eu des effets négatifs sur l’économie béninoise, ils tiennent néanmoins à souligner qu’elle a permis de mettre en exergue un certain nombre de faiblesses structurelles et de dysfonctionnements internes qu’il convient de corriger pour atteindre une croissance suffisamment forte pour avoir un impact significatif sur la pauvreté.

En effet, les conditions externes difficiles ont mis en lumière la vulnérabilité de l’économie béninoise aux chocs extérieurs du fait sa forte dépendance du Nigéria et de sa faible diversification. Il est donc important de diversifier la base des exportations de l’économie à travers notamment l’identification et le développement de nouvelles filières agricoles et agro-industrielles émergentes tel que recommandé par le Document d’Orientations Stratégiques 2006-2011. C’est pourquoi, nous encourageons le Gouvernement à accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles qui ont comme objectif de rendre l’économie plus compétitive.

En ce qui concerne l’agriculture qui constitue un secteur très important pour la croissance économique à court et à moyen terme, le rapport décrit des actions entreprises en 2009 comme le projet d’urgence PUASA, l’acquisition de tracteurs et d’autres matériels de mécanisation agricole par le projet PPMA, et l’installation de 322 jeunes agriculteurs dans la Vallée de l’Ouèmè. Les partenaires s’interrogent sur leur priorité et sur la durabilité des mécanismes de mise à disposition des intrants du PUASA et des tracteurs du PPMA. Aucune mention n’est faite dans ce rapport de la stratégie dans laquelle s’inscrivent ces actions, alors qu’au cours de la même année 2009 un grand effort a été fait, avec une contribution importante des PTF et avec la participation des acteurs du secteur, pour actualiser la stratégie PSRSA. Un Pacte a été signé en octobre 2009 à l’occasion d’une Table ronde. On reste aujourd’hui dans l’attente de ses conséquences sur le plan institutionnel et opérationnel : la mise en œuvre du PSRSA à travers le Programme National d’Investissement Agricole (PNIA). Or les perspectives du secteur agricole dépendent largement du respect du Pacte y compris la mobilisation de l’ensemble des acteurs et des ressources tant publiques que privées. C’est pourquoi, il est important de clairifier la direction que le pays souhaiterait prendre vis-à-vis de la programmation du financement du secteur agricole, avec des orientations claires sur la direction globale et un calendrier de finalisation des détails opérationnels aussi bien en matière du financement public que du suivi-évaluation des performances du secteur. Dans ce cadre, il importe de veiller au renforcement du partenariat public-privé et de mettre davantage l’accent sur le rôle des pouvoirs locaux et des structures déconcentrées dans la mise en œuvre des programmes agricoles afin de promouvoir le développement des potentiels humains et naturels en fonction des contraintes et des opportunités locales.

S’agissant du secteur privé, les PTF regrettent que le document soit resté très vague sur les actions qui seront effectivement réalisées pour favoriser son développement. En particulier, l’étude sur le climat des affaires et les recommandations faites au niveau du CPI ne sont pas capitalisées et le rapport ne fixe pas de cibles tangibles et réalistes à atteindre. Par conséquent, les scores du Bénin dans le classement Doing Business restent encore peu satisfaisants pendant que d’autres pays conduisent des réformes nécessaires avec célérité. Cette situation ne manque pas d’entamer la compétitivité du Bénin qui va en s’effritant.

Dans le domaine des infrastructures, les PTF sont conscients que les besoins en matière d’investissements sont énormes mais encouragent le Gouvernement à focaliser les investissements en infrastructures dans les domaines où les contraintes à l’accélération de la croissance sont les plus importantes. Dans le secteur du transport terrestre, bien que la stratégie du Gouvernement inclue l’aménagement de nombreux axes routiers et l’ouverture de nombreuses pistes, la politique de préservation du patrimoine routier montre des faiblesses. L’entretien des routes n’est pas optimal, et la problématique des surcharges à l’essieu affecte de façon notoire la durée de vie des routes construites à grands frais. Les PTF déplorent le faible niveau de dépense d’entretien courant en 2009, et encouragent le gouvernement à mettre en application le règlement 14 de l’UEMOA relatif au contrôle de la charge à l’essieu des véhicules lourds.

Concernant le secteur du transport maritime, l’année 2009 a été marquée par le démarrage des travaux de réhabilitation du Port (construction d’un quai et le prolongement de l’épi d’arrêt des sables), et l’optimisation de son système de gestion logistique qui a permis de réduire de 60 % les temps d’attente des armateurs au Port de Cotonou. Les PTF encouragent le Gouvernement à mettre en place le Système d’Informatisation du Guichet Unique pour le Commerce Extérieur (SIGUCE), nécessaire à la transformation du Bénin en une plateforme logistique de référence pour l’Afrique de l’Ouest.

Au niveau du secteur de l’Hydraulique et de l’Assainissement, les PTF notent que les valeurs cibles prévues pour 2010 ont été atteintes pour 3 des 4 indicateurs. Ils déplorent toutefois les retards actuels dans la passation des marchés publics et le circuit de paiement, aboutissant ainsi à une très faible capacité d’absorption des ressources mises à la disposition de la Direction Générale de l’Eau (DG Eau), de la Direction de l’Hygiène et de l’Assainissement de Base (DHAB) et de la SONEB. Ces problèmes risquent de compromettre non seulement l’atteinte des résultats en 2010 mais aussi celle de l’année 2011.

La DHAB et ses services déconcentrés n’ont toujours pas la capacité de faire progresser le sous-secteur de l’hygiène et l’assainissement de base. Il manque par ailleurs une coordination efficace des acteurs dans ce sous-secteur, y compris les communes, et il est donc nécessaire d’accélérer l’actualisation et/ou la relecture de la politique nationale de l’assainissement.

Toujours dans le domaine de l’eau, les PTF déplorent le fait que la Loi portant gestion de l’eau ne soit pas encore votée par les députés. Par contre, le nouveau cadre tarifaire de la SONEB a finalement été mis en application le 1er juillet 2009 ce qui a renforcé son équilibre financier, permettant de favoriser un accès plus aisé à l’eau potable des populations à faibles revenus.

Dans le secteur de l’énergie, les PTF notent que la réforme de la Société Béninoise d’Energie Electrique (SBEE) devrait se traduire par une scission de la SBEE en deux entités distinctes : une société publique de patrimoine, chargée de développer les infrastructures de production et de transport d’une part, et d’autre part, une société d’économie mixte de distribution d’énergie électrique à gestion privée. Nous voudrions signaler que cette décision nécessitera une étude préalable qui devra démontrer le meilleur moyen d’atteindre l’objectif ultime de la réforme qui est d’amener la SBEE à un meilleur niveau d’opération. Les PTF insistent également sur la nécessité de renforcer les capacités et l’amélioration de la gouvernance des acteurs du secteur, en particulier la SBEE et l’ABERME.

AXE 3 : Renforcement du capital humain

Au niveau du secteur de l’éducation, les PTF notent avec satisfaction les progrès réalisés en matière d’accès à l’éducation de base. Les cibles, exprimées en taux brut de scolarisation (TBS) ou de taux brut d’admission (TBS), ont été atteintes voire dépassées. Mais il reste des défis sur le plan de la qualité de l’enseignement.

L’analyse sectorielle comprend une analyse satisfaisante de chaque indicateur de performance sans pour autant déboucher sur une conclusion synthétique qui insisterait sur les véritables enjeux pour le développement du secteur : l’amélioration de l’accès s’accompagne d’une détérioration de la qualité et reflète des difficultés de pilotage du système. De manière générale, le rapport d’avancement n’aborde pas les liens en termes de contraintes et défis entre le secteur et les thématiques transversales : la gestion des finances publiques, réforme de la fonction publique, décentralisation, question genre. Par ailleurs, le lien entre les choix stratégiques faits dans le PDDSE, les politiques réellement mises en œuvre et les performances réelles reste vague. Les performances doivent être revisitées à l’aune des choix stratégiques qui avaient été faits dans le PDDSE/SCRPII afin de pouvoir déboucher sur l’identification de nouvelles mesures.

Pour le supérieur, il n’est pas fait mention de la concomitance entre l’explosion des effectifs et la chute du pourcentage de la part des effectifs inscrits en filières professionnalles : c’est-à-dire une dégradation de l’adaptation de l’enseignement supérieur au marché de l’emploi.

Enfin, les données du sous-secteur de l’alphabétisation indiquent que l’effectif des alphabétisés est passé de 32 353 en 2006/7 à 29 057 en 2008/9. Il s’agit d’une contre performance qui mérite d’être mieux expliqué.

Dans le domaine du secteur santé et nutrition des efforts importants ont été réalisés au cours de l’année 2009 ayant permis non seulement d’améliorer la couverture géographique des populations aux services de santé de base de qualité mais aussi financier par la mise en application de la gratuité de la césarienne et la subvention de certains médicaments dont les anti paludiques. En matière de nutrition les interventions de prise en charge de la malnutrition sévère aigue dans les régions du nord les plus affectés constituent une avancée notable.

Cependant les PTF notent que ces résultats auraient pu être encore plus significatifs si des efforts avaient été faits dans la prise en compte de l’ensemble des secteurs notamment les efforts des formations sanitaires du secteur privé d’une part et d’autre part si un accent a été mis sur une amélioration de la performance du système d’information et de gestion sanitaire.

Malgré cette relative bonne accessibilité la qualité des interventions notamment de la santé maternelle a été beaucoup affectée par l’offre des services par du personnel non qualifié, l’insuffisance et /ou non disponibilité de qualifié et le manque de fidélisation du personnel en poste

L’analyse de la performance du secteur santé permet de noter que sur les 14 indicateurs retenus 5 ne sont pas atteints 2 sont en baisse et 5 stagnent. Les nuances souvent importantes apportées par des enquêtes spécifiques permettent d’expliquer mieux la difficile progression dans l’atteinte des OMD du secteur.

Au niveau institutionnel les PTF du secteur santé félicitent le Gouvernement par l’application de certaines mesures découlant des recommandations de l’audit institutionnel du Ministère de la santé et de la CAME et espère que ceux de l’audit des structures déconcentrées connaitront le même élan d’exécution en 2010.

Les PTF du secteur santé souhaitent voir dans les perspectives un accent particulier sur l’amélioration de l’efficacité des programmes et projets de santé et nutrition à tous les niveaux en accélérant la mise en œuvre opérationnelle, la coordination, la recherche de synergie, la contractualisation, la complémentarité entre les différents secteurs public, privé et communautaire, l’intégration des paquets d’intervention à haut impact (PIHI) à l’échelle nationale par des ressources humaines motivées à tous les niveaux en quantité et qualité. Ceci passera nécessairement par la promotion de l’assurance qualité, l’adoption de mesures de performance basées sur la gestion axée sur les résultats, du système d’information sanitaire au regard des indicateurs sanitaires et nutritionnels.

La mise en œuvre efficace et efficiente du PTD 2010-2012 catalysée par la signature, la mise en œuvre et le suivi du Compact entre le Gouvernement du Benin et PTF sur la base du scenario le plus réaliste défini dans le CDMT et la bonne gouvernance dans le secteur santé maximiserait les chances d’atteinte des OMD en général et plus probablement l’OMD 4 relative à la réduction de la mortalité infanto juvénile.

AXES 4 et 5 : Gouvernance et Développement spatial équilibré et durable L’année 2009 a confirmé que le Bénin continue de jouir dans la sous-région de conditions favorables en termes de promotion de l’Etat de droit et de sécurité. Toutefois, de nombreux défis restent à relever, en matière de gouvernance économique que ce soit dans le domaine de la gestion des finances publiques, ou dans celui de l’amélioration du climat des affaires, tous deux vecteurs de croissance économique. Par ailleurs les processus de décentralisation, déconcentration et d’aménagement du territoire ont connu des progrès notables contribuant ainsi à un développement plus équilibré.

En matière de Gestion des Finances Publiques, la transparence et le réalisme dans la préparation des budgets, leur exécution et leur contrôle externe, restent les éléments clefs de redevabilité vis-à-vis des contribuables béninois. Ces mêmes éléments devraient faciliter la gestion des appuis budgétaires extérieurs, outils importants d’appui au Gouvernement sur le chemin des OMD. Malheureusement, les PTF constatent que peu de progrès ont été réalisés dans ces domaines.

Au delà de la crise économique, les performances en matière de finances publiques en 2009 sont révélatrices d’un certain nombre de défis auxquels le Gouvernement devra faire face. Au nombre de ces défis, on peut citer :

? la mise en place des réformes des administrations fiscales et douanières pour une meilleure efficacité,

? la gestion prudente du budget général de l’Etat (masse salariale par exemple) et le renforcement du contrôle de la dépense publique, aussi bien interne qu’externe.

Dans cette optique, les partenaires techniques et financiers saluent l’adoption du Plan d’Actions pour l’amélioration du Système de Gestion des Finances Publiques et la mise en place de l’Unité de Gestion de la Réforme qui entre dans une phase véritablement opérationnelle. Ils exhortent les autorités à le soutenir, et à prendre toutes les dispositions pour que les réformes prévues soient mises en œuvre efficacement afin d’améliorer sensiblement les performances de tout le système de gestion des finances publiques.

Au vue de la dégradation des ressources fiscales, les partenaires se félicitent que le gouvernement ait lancé une réflexion sur la mise en place d’une fiscalité de développement. Il est important que cette réflexion soit reprise dans une politique fiscale cohérente afin d’améliorer le dynamisme économique du pays et permettre une plus grande équité des contribuables devant l’impôt. A court terme les mesures d’urgence mises en place pour améliorer la performance des régies fiscales doivent aussi rapidement produire des résultats.

Enfin les partenaires s’inquiètent de la forte hausse observée de la masse salariale en 2009. Cette forte augmentation fait peser un risque sur le cadre macroéconomique de long terme au détriment de l’investissement public. A ce titre, les partenaires au développement encouragent le Gouvernement à avancer dans l’adoption d’un Statut de la Fonction Publique rénové couvrant à la fois l’administration centrale et la fonction publique territoriale et à mettre en œuvre la feuille de route de création du Centre de formation en administration locale.

Dans le domaine de l’Etat de droit, on peut noter une avancée significative avec la préparation de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI), outil de renforcement du caractère fiable et crédible des élections à venir. Les avancées apparaissent plus mitigées dans le domaine de la justice, où la revue nous conduit à réitérer nos préoccupations quant à la qualité de la justice au Bénin, qu’il s’agisse des délais de traitement ou de la surpopulation carcérale. Dans les mois à venir, une attention particulière sera portée à la modernisation du cadre juridique (code pénal et code de procédure pénale), à l’amélioration de la gestion des ressources humaines (recrutement et formation) et à l’autonomisation du secteur, en visant au développement d’une véritable stratégie sectorielle sous le leadership du Ministère en charge de la justice.

Concernant le 5ème axe de la SCRP (développement équilibré), l’année 2009 a permis de consolider le cadre et les outils de développement spatial, avec l’adoption de la PONADEC, le rodage du mécanisme de transfert aux communes, et la préparation de l’Agenda spatial. La politique volontariste de transfert menée par le Gouvernement (via le FADeC) a permis aux dépenses des collectivités locales par habitant de passer de 2 500 FCFA en 2007 à plus de 4 500 FCFA en 2009. Ces progrès en termes financiers ne seront durables et n’auront de valeur en termes de lutte contre la pauvreté que si la qualité de la chaîne de dépenses publiques continue de s’améliorer.

Comme rappelé précédemment, les partenaires au développement appellent de leurs vœux un meilleur contrôle des dépenses publiques, notamment communales. L’exercice d’audit des fonds du FADeC par l’IGF et l’IGAA, prévu pour le courant 2010, sera, outre un outil essentiel de redevabilité, un vecteur d’amélioration de la qualité de la dépense publique communale, qui est un élément clef de péréquation et de lutte contre la pauvreté.

SUIVI – EVALUATION et atteinte des OMD

Les partenaires déplorent que le suivi du niveau de vie et de la pauvreté par l’enquête EMICOV n’ait pas pu permettre d’obtenir à ce jour les chiffres pour 2009, toute chose qui entrave l’analyse des résultats obtenus sur le terrain au-delà des indicateurs sectoriels fournis lors de cette Revue. Néanmoins, ces indicateurs nous permettent déjà de constater que pour certains OMD, même s’il demeure d’importantes disparités au niveau des régions et en matière de genre, des progrès ont été réalisés notamment en matière d’éducation primaire, de soins de santé maternelle et infantile, et d’eau potable. Leur poursuite ainsi devrait accroître les chances d’atteindre la plupart des cibles. Pour ce qui est des autres domaines tels que les infrastructures (énergie, route et transports), la pauvreté, l’agriculture et la faim, les progrès réalisés ne sont pas conformes au sentier prévu pour les OMD.

Au-delà de la mobilisation des ressources intérieures et extérieures insuffisantes, les dysfonctionnements institutionnels et les faiblesses de capacités en matière de coordination, de rationalisation, et de suivi de la mise en œuvre des réformes, constituent également des contraintes majeures à la bonne mise en œuvre des politiques de développement et la réalisation des OMD. A cet égard, s’il me plait de réitérer la volonté des PTF de vous accompagner à atteindre dans les meilleurs délais vos objectifs de développement, eu égard à l’approfondissement mutuel de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris et au renforcement du plaidoyer et de la mobilisation de partenariats et des ressources dans le cadre de l’OMD 8, nous voudrions réitérer la nécessité d’asseoir des systèmes opérationnels de redevabilité et de suivi-évaluation des stratégies et politiques.

Ainsi, en ce qui concerne spécifiquement le suivi-évaluation, permettez-nous de relever et de saluer en même temps, la mise en exergue, dans le rapport d’avancement, tenant compte des appuis-conseils des PTF, des principales insuffisances du dispositif de suivi-évaluation de la SCRP2, qui se résument comme suit :

• Par rapport au fonctionnement du dispositif, le principe de responsabilisation, y compris la responsabilisation au niveau budgétaire affirmé dans la SCRP n’a pas été pleinement opérationnalisé, apparaissant toujours comme ad’ hoc, et les ministères sectoriels ne sont pas assez responsabilisés et ne fournissent pas à temps les informations ;

• Par rapport à l’appropriation du dispositif par les parties prenantes, le dispositif de suivi évaluation de la SCRP ne semble pas avoir été véritablement expérimenté, et les parties n’ont pas bénéficié de directives suffisantes et opérationnalisées. Cela explique d’une part que bien que le suivi statistique du développement et le suivi des programmes et projets aient abouti à quelques produits, le processus et ces produits n’aient pas été suffisamment synchronisés et intégrés dans le processus de suivi de la SCRP. Il en est ainsi du Tableau de Bord Social (TBS) qui a été élaboré, mais n’a pas été suffisamment synchronisé avec le rapport d’avancement de la SCRP, obérant quelque peu sa visibilité, sa fonctionnalité, et toute sa richesse et sa valeur.

• Par rapport au suivi périodique, les ministères sectoriels ne sont pas assez impliqués, et, les indicateurs clés permettant d’apprécier la pertinence et l’efficacité de la SCRP tels que les indicateurs des Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD), et ceux de pauvretés et/ou d’inégalités ne bénéficient pas encore d’un suivi périodique. S’il est bienvenu que le Gouvernement ait relevé les insuffisances persistantes du dispositif de suivi-évaluation, nous déplorons d’abord qu’elles aient été inscrites en annexe, minimisant systématiquement la portée d’un maillon essentiel de la mise en œuvre des politiques de développement. Ensuite, nous déplorons aussi, que le Gouvernement n’ait que relevé les insuffisances, sans en expliquer les causes conjoncturelles et structurelles, indispensables à la prise de dispositions rapides et opérationnelles pour y remédier durablement. Car c’est à cette condition seulement, que nous pourrions ensembles réaliser les objectifs de développement ambitieux d’un Benin émergent que votre pays s’est fixés.

Enfin, et pour toutes les raisons qui précèdent, les PTF encouragent le Gouvernement à mettre tout en œuvre pour que la troisième stratégie de croissance pour la lutte contre la pauvreté SCRP3 en cours de formulation, soit suffisamment opérationnalisée et tire les leçons de la mise en œuvre du mécanisme de suivi évaluation de la SCRP 2007-2009. Ce, afin de faciliter le plaidoyer pour la mobilisation des ressources indispensable à sa bonne mise en œuvre, et pour accélérer les performances permettant d’accroître significativement les chances de réaliser la plupart des cibles des OMD en 2015,

Par MJPAC-ABT - Publié dans : Politique nationale - Communauté : Changer, Changer autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Profil

  • Ligue Citoyenne Patriotique (LCP)
  • Ligue Citoyenne Patriotique (LCP)
  • Homme
  • politique bénin élections municipales législatives
  • Blog destiné pour faire partager avec nos amis(es) du monde entier et plus précisément ceux de la diaspora béninoise, des informations sur les idéaux de la Ligue Citoyenne Patriotique (LCP) et de l'actualité politique du Bénin

Calendrier

Novembre 2014
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Recherche

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés