Partager l'article ! Situation politique nationale : Le Bénin assis sur un volcan: De quatre choses l’une. Ou le pourvoir souffre d’amnésie, ce qui est  ...
De
quatre choses l’une. Ou le pourvoir souffre d’amnésie, ce qui est embêtant, mais pas incurable. ça se soigne. Ou il se moque pas mal de ce qu’il promet lui-même au quotidien, ce qui est une
légèreté, une inconsistance ou de la malhonnêteté. Relativement bénigne. Ou il est devenu amoral, oublieux volontaire des vertus qu’il prône, ce qui est beaucoup plus lourd de conséquences
politiques. Ou il a carrément décidé d’assassiner la liberté d’opinion et la démocratie, ce qui est inquiétant .Est-ce l’une des quatre ou les quatre ensemble ? Peu importe. En se livrant aux
magouilles, aux affaires, à la désinformation, à la malhonnêteté et aux autres maux reprochés aux régimes totalitaires, le pouvoir se contredit. Et devrait s’expliquer sur les motifs de ses
contradictions et de ses reniements.
Il y a quatre ans, au lendemain de son élection, le maître mot de toutes les interventions de YAYI Boni était :<<changement…. >> Et les populations d’espérer qu’une
certaine morale allait, enfin, présider aux destinées de la maison Bénin .Erreur !
Au lieu de cela, le Bénin tend aujourd’hui à vivre dans un angélisme démocratique qui met à l’écart et menace tout ce qui ne chante pas les louanges du chef. Conséquence : les raisons
de la toute petite politique l’emporte désormais sur la grande, celle qui s’habille de beaux principes .Et c’est ainsi qu’on livre à la haute cour de justice d’anciens
ministres de KEREKOU, histoire d’ajouter à son râteau électoral quelques dents de plus, fussent-elles cariées.
Mais le peuple béninois observe .Parce-que le peuple n’a pas changé .Non … ce n’est pas lui qui est en cause ; mais le pouvoir, changeant, et ses vérités d’hier cyniquement variables selon
les circonstances .Dommage !
Les béninois et le pauvre électeur avaient cru qu’il restait à nos changeurs un reliquat de morale. Que cette morale politique édictait en faute grave un concubinage
fortuit avec les dirigeants d’ICC Services.
Dans ce contexte, si les journalistes sont plus que jamais des gêneurs, les opposants sont des empêcheurs de bouffer tranquillement. Ces deux catégories de personnes incarnent aujourd’hui, dans
notre pays, des sortes de statues de commandeur, de rappel des devoirs méconnus, des usages démocratiques bafoués, des remparts contre le désordre et l’arbitraire.
Pour le pouvoir, il importe donc de couvrir d’opprobre, de faire disparaître cette race de personnes .Contre eux, on met en place de véritables traquenards .On conteste l’intégralité de
leurs écrits, de leurs analyses, de leurs actions. Pour le pouvoir, journalistes et opposants sont des trublions déchaînés et manipulés, aux motivations « forcément » suspectes.
Pourtant, je mets au défi une certaine catégorie de béninois de prouver qu’elle aime le Bénin plus que d’autres concitoyens. Mis à part les arcades de la vie, des calculs
et des intérêts politiciens, qui peut se prévaloir d’être plus béninois que d’autres ? Ne pas accepter les critiques de ses opposants, les rejeter, les classer, les menacer, leur
nuire et, suprême bévue, les faire emprisonner, est une grossière erreur qui se retourne toujours contre ceux qui utilisent de telles méthodes. C’est ainsi qu’après avoir cru pouvoir
éliminer Séfou FAGBOHOUN en le jetant en prison (suprême humiliation) on en est aujourd’hui, vis-à-vis d’Adrien HOUNGBEDJI de Bruno AMOUSSOU et d’Abdoulaye BIO TCHANE au stade
la calomnie délirante, voire de machinations machiavéliques.
Alors, la contribution des journalistes et des opposants à la construction de notre pays ne heurtera que les hypocrites et les apprentis dictateurs, d’autant que ces
gens-là ne montrent en ce moment aucune complaisance dans la description des faits et des comportements de nos dirigeants, d’autant qu’ils n’hésitent pas à prendre des risques
en s’attaquant aux puissants du moment. Et les puissants eux-mêmes devraient savoir qu’ils ne sont puissants que pour un temps, car nul n’est puissant à vie….
Pourquoi le cacher, au Bénin, aujourd’hui, plus rien ne va .C’est le sentiment général. C’est aussi la réalité, hélas ! Il fallait s’y attendre. Et c’est avec une vive et
légitime inquiétude que les béninois assistent au lent naufrage du pays désormais aggravé par la dramatique déflagration de la bombe ICC Services.
Dans son discours à la nation le 31 juillet dernier, YAYI Boni a fini par reconnaitre l’échec de sa politique, même s’il a essayé d’adoucir un constat plutôt amer. Dans son remords en
effet, il appelle à la refondation de la République. Il n’empêche. Le mal est fait. Et c’est désormais aux électeurs de décider du nom du refondateur. Car effectivement,
tout est à refaire dans notre pays. Le peuple veut désormais plus de droit que de raison d’Etat.
A l’époque révolutionnaire, les « camarades membres » nous avaient habitués à des digressions marxistes-léninistes ennuyeuses. Messieurs les « changeurs » nous déroulent, à leur tour,
l’image d’un pays qui va à vau-l’eau.
En quatre ans de gouvernance, YAYI Boni a commis tellement d’erreurs, déçu tellement d’attentes, fait tellement de fausses promesses, ignoré tellement de conseils, méprisé tellement de
bonnes volontés, laissé surgir tellement d’égoÏsmes et de chicaneries qu’il est à craindre que notre démocratie, pourtant reconnue et présentée comme un modèle en Afrique
,n’ait plus qu’une durée de vie limitée.
Alors, disons le tout net .A sept mois de deux grandes échéances électorales, le Bénin est désormais assis sur un volcan .Seul Dieu et les Mânes de nos ancêtres peuvent en
empêcher l’éruption.
Jérôme Bibilary (Coll)
Journal LA PRESSE DU JOUR 12/08/10
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