Présidentielle de 2011 : Des jeunes proches de Bio Tchanè donnent l’insomnie à Boni Yayi

Publié le par MJPAC

L’actuel président de la Boad, M. Abdoulaye Bio Tchanè a-t-il encore des raisons de ne pas répondre à l’appel de toutes ces voix qui lui demandent de venir maintenant servir son pays en tant que président de la République ? Le cri de détresse poussé le 2 mai dernier à Dassa-Zoumè par des jeunes favorables à sa candidature ne lui laisse en tout cas, aucune chance de refuser l’appel.
Germain Badjagou et ses amis du Réseau jeunesse et développement «Sat 2011» ont relevé le samedi 2 mai dernier à Dassa-Zoumè un grand défi : celui de donner à la démocratie béninoise un autre ton. La rencontre qu’ils ont organisée pour jeter un regard critique sur la gestion du pays depuis le 6 mars 2006 et se projeter dans l’avenir était à deux doigts de ne pas se tenir. Les forces anti-démocratiques dont les actions sont plutôt de nature à nuire à l’Etat de droit pour lequel les Béninois ont opté depuis février 1990 se sont tristement illustrées dans des manœuvres diaboliques. Par des menaces diverses, elles ont réussi à amener les religieux qui ont mis leurs locaux à la disposition des organisateurs de cette journée de réflexion à revenir sur leur proposition. Au lieu que la rencontre se tienne dans des conditions décentes au Centre d’accueil de la Grotte Mariale Arigbo de Dassa-Zoumè, c’est plutôt au Centre artisanal que M. Germain Badjagou et ses amis venus de tous les départements du Bénin se sont retrouvés. Avec des figures comme le Colonel Soulé Dankoro à leurs côtés, ils ont eu le courage de braver toutes les résistances locales et hors de Dassa-Zoumè. Pour M. Germain Badjagou, le moment est en tout cas venu pour dire la vérité et opérer un choix pour l’avenir. Le discours qu’il prononcera plus tard permettra aux uns et autres de comprendre pourquoi les proches du président Boni Yayi ne voulaient pas de cette rencontre.

« La jeunesse est malade »
« La jeunesse de notre pays est malade, très malade des maux qui minent notre Etat » a lancé M. Badjagou qui a par ailleurs ajouté que cette jeunesse béninoise est aujourd’hui abusée, exploitée, trompée et abandonnée honteusement sur le carreau de la misère avec à la main des promesses qui ne pourront jamais être tenues. « Tous les domaines et canaux de réussite de la jeunesse sont souvent les meilleurs instruments pour mieux roubler cette jeunesse, mère de la pauvreté, qui fait aujourd’hui de miracles », a-t-il poursuivi.
Jetant un regard critique sur les trois années que nous venons de passer sous le régime du changement, M. Badjagou dira tout simplement que « le geste de délivrance de la jeunesse qui n’est rien d’autre que le mandat de cinq ans que le constituant lui permet d’utiliser pour sa réussite doit cesser d’être ce qu’il est actuellement où elle vit impuissamment une gestion partisane du pouvoir faite de  mensonge d’Etat, de dépravation des mœurs, des coutumes et des cultures, du non respect du droit d’aînesse, de calomnie, de cafouillage monstre au sommet de l’Etat… ». « Aujourd’hui en effet, la suppression des frais de scolarité est confondue à la gratuité de l’enseignement. C’est aussi le cas pour la césarienne. L’argent et les moyens du peuple servent pour diviser les foyers. On monte le fils conte le père (cas de la famille Soglo). Le respect des panthéons de notre histoire démocratique est malheureusement la chose la moins partagée sous le changement, sinon comment comprendre qu’un ministre du gouvernement puisse traiter Kérékou, père de la démocratie béninoise, de régionaliste ? » s’est interrogé M. Badjagou qui ne comprend pas pourquoi on traite des gens de voleur et d’assassin alors que la nuit, on court au domicile de ces derniers pour leur proposer des postes ministériels en prenant même le risque de signer des pactes à coup de promesses… Comme M. Germain Badjagou, on peut en effet se demander là où est passée la morale dans ces conditions.

La nécessité d’opérer un choix
Pour M. Germain Badjagou et ses collègues du Réseau jeunesse et développement «Sat 2011», le constat est amer et il y a lieu d’opérer un autre choix dans le sens d’un véritable changement souhaité par le peuple où vivront en paix tous les fils et filles du Bénin, où les aînés qui ont  tout donné pour maintenir la concorde sociale seront respectés, où l’économie, le développement et le social iront de paire. C’est pour cette raison que, maintenant que la décision est prise unanimement de mettre définitivement fin aux aventures ambiguës que vit la jeunesse depuis trois ans, M. Badjagou a convié les uns et les autres à porter une explication claire dans tous les hameaux, campements et villages du comportement inadmissible du gouvernement actuel qui prend le peuple en otage à travers les derniers revirements spectaculaires de la ligne à lui exigée par ce peuple. Pour lui, il existe des Béninois sérieux, bien éduqués, compétents, croyants, pleins d’idées novatrices, de courage et d’abnégation pour corriger le changement tel qu’il est conduit en ce moment. En tout cas, les membres du Réseau jeunesse et développement «Sat 2011» ne se font aucune illusion, l’un de ces hommes est Abdoulaye Bio Tchanè (Abt). Et c’est pour cette raison qu’ils ont appelé tous les fils de ce pays à lui accorder leur soutien. Ce que n’ont d’ailleurs pas manqué de faire les personnalités (Sacca Georges, Soulé Dankoro) et autres Chefs des délégations qui ont fait le déplacement de Dassa-Zoumè.

La famille Bio Tchanè investie d’une lourde mission
La famille Bio Tchanè représentée à ce rendez-vous de Dassa-Zoumè par l’un de ses membres a été chargée d’une lourde mission : celle de transmettre au président de la Boad la lettre ouverte des membres du Réseau jeunesse et développement «Sat 2011» qui l’invite à venir servir son pays en tant que président de la République. Voici le contenu de cette lettre.
Lettre ouverte à Bio Tchanè

Réseau jeunesse et développement «Sat 2011»
Coordination : 97 88 04 71

A
Monsieur Abdoulaye Bio Tchanè
Monsieur le président Abdoulaye Bio Tchanè, votre peuple a plus que jamais besoin de vous en 2011. Ce peuple qui vous a tout donné vous demande de revenir le servir. Il y a un temps pour travailler pour ses intérêts personnels et un temps pour servir son peuple. Le moment est venu pour vous de vous mettre au service de votre peuple qui vous réclame.
Venez nous aider à changer ce changement qui n’est pas celui souhaitée.
Au prix de la vie et de la mort, la jeunesse ensemble avec les autres couches de la population défendront et soutiendront votre candidature.
Pas de doute, la réussite est garantie !

Dassa-Zoumè, le 2 mai 2009
Sat 2011

Soulé Dankoro s’insurge contre le « fascisme d’Etat »
Le Colonel à la retraite, Soulé Dankoro a apporté son soutien total à la journée de réflexion organisée le samedi 2 mai 2009 à Dassa-Zoumè par les membres du Réseau jeunesse et développement «Sat 2011». C’est un discours d’encouragement qu’il a d’ailleurs délivré à la tribune de cette journée de réflexion.  A travers ce discours, il a surtout rendu hommage au Général Mathieu Kérékou qui a su préserver la paix nationale contre vents et marées. Les manœuvres de gens proches du gouvernement qui ont failli faire échec à cette initiative des membre du Réseau jeunesse et développement «Sat 2011» ont été dénoncées par le Colonel Soulé Dankoro qui a estimé qu’il s’agit là d’un « fascisme d’Etat » qu’il ne faut en aucun cas promouvoir. « Je devrais voyager. Mais j’ai été appelé à la dernière minute parce que la manifestation qui devrait se tenir à Dassa aurait été interdite. J’ai alors alerté le ministre de l’intérieur pour lui dire de prendre toutes les dispositions pour qu’il n’y ait pas de trouble à l’ordre publique puisque je dois me rendre à Dassa. Je constate malheureusement que tous ceux qui ne tiennent pas le même langage que le gouvernement en place ne sont pas les bienvenus dans l’arène politique. C’est un peu dommage lorsqu’on sait d’où nous venons et ce que nous avons fait pour que la parole soit libre dans notre pays. Nous avons lutté pour que la Constitution ne soit pas touchée. Nous avons lutté pour que le président Boni Yayi soit président de la République. Nous avons lutté pour que le changement vienne. J’ai été candidat pour que Kérékou parte. J’ai soutenu Boni Yayi. Je ne serai donc pas d’accord pour qu’il constitue une menace pour l’Etat de droit. Je constate heureusement que le ministre de l’intérieur a fini par autoriser la réuni­on actuelle. Mais je constate que c’est du fascisme. Je pèse mes mots. Je constate que l’actuel régime n’est pas un régime de démocratie. Si ça continue comme cela, il risque d’avoir des problèmes et mon grand souhait est qu’on n’en arrive pas à la dérive », a dit le Colonel Soulé Dankoro très remonté contre le pouvoir Yayi.

Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR   04/05/09
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article