Cérémonie d’installation de Monsieur Abdoulaye BIO-TCHANE, Président de la BOAD: Discours d’acceptation (Lomé, le 14 novembre 2008)
Excellence Monsieur le Président de la République Togolaise, Excellence Monsieur le Président de la République du Bénin,Excellence Monsieur le Premier Ministre de la République Togolaise,
Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances de Côte d'Ivoire, Président en exercice du Conseil des Ministres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de la Commission de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine,
Monsieur le Vice-Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de
Missions diplomatiques,
Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations inter gouvernementales et des institutions internationales,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,
Au moment où nous célébrons aujourd’hui le 35ème anniversaire de la BOAD, je veux vous dire à quel point je suis heureux de la décision de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement, de me nommer à la Présidence de cette prestigieuse Institution de la sous région. Être le Président de la BOAD est un grand honneur dont je serai toujours fier et qui rejaillira sur mon dévouement et mon engagement à servir l’Institution et le développement des pays membres de l’UEMOA.
Je voudrais, pour cela, réitérer ma profonde gratitude et mes sincères remerciements à tous les Chefs d’Etat et de Gouvernement de notre Union pour cette confiance qu’ils ont ainsi placée en ma modeste personne. Mes remerciements vont tout particulièrement à Son Excellence le Président Boni YAYI, Président de la République du Bénin, pour m’avoir coopté à la tête d’une institution aussi importante dans le processus de développement de notre sous région.
Je tiens également à remercier, son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise pour l’accueil qui m’a été réservé à mon arrivée au Togo, et pour tous les efforts qu’il n’a cessé de déployer, pour permettre à la BOAD de travailler dans les meilleures conditions depuis ma prise de fonction en avril 2008. Avec votre permission, je m’en vais aussi présenter mes sincères remerciements à Monsieur Koffi Charles DIBY, Ministre de l'Economie et des Finances de la Côte d'Ivoire, Président en exercice du Conseil des Ministres de l'UEMOA, pour son soutien et pour les mots aimables qu’il vient de prononcer à mon endroit.
En ce jour mémorable, où le calendrier a voulu que soit procédé à mon installation officielle, le personnel se joint à moi pour vous dire à tous un sincère merci pour les efforts que vous ne cessez de déployer pour la prospérité de notre Institution commune. Votre présence au siège de la BOAD en ce jour est à nos yeux un vibrant témoignage de votre attachement à la mission et aux actions que mène la Banque depuis 35 ans.
Je voudrais remercier les nombreux invités qui ont accepté d’être ici aujourd’hui, les nombreux amis ainsi que les membres de ma famille. Aux nombreux autres qui n’ont pu être ici, je présente par avance mes excuses.
Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Honorables invités,
Les avancées de notre sous région et les réalisations de la BOAD depuis sa création sont très importantes sur le plan des réformes économiques et institutionnelles, sur le plan des finances publiques et sur le plan de l’intégration régionale. Avec 1 283 milliards FCFA d’engagements cumulés à ce jour, dont 559 milliards FCFA en faveur de projets intégrateurs, la BOAD a contribué à drainer vers la sous région près de 4 000 milliards FCFA pour le financement de plus de 483 projets en faveur de la lutte contre la pauvreté, de la promotion de l'intégration économique et du secteur privé.
Tout cela, nous le devons à mes prédécesseurs et aux équipes qu’ils ont su animer. Qu’il s’agisse de Monsieur Pierre Claver DAMIBA, Feu Abou Bakar BABA-MOUSSA, et du Président Boni YAYI, ils ont tour à tour porté la barre très haut en élevant d’année en année le niveau d’expertise, de savoir faire et la contribution de la Banque à l’effort de développement et de lutte contre la pauvreté dans la sous région.
Permettez moi de leur rendre ici un hommage particulièrement mérité pour les prouesses dont ils ont été les auteurs et pour les grands visionnaires qu’ils ont été pour la BOAD, tant au moment de sa fondation, de son implantation que de son rayonnement au plan régional et international.
Je tiens également à adresser mes compliments à Monsieur Issa COULIBALY, ancien Vice-président, qui a assuré avec compétence l'intérim de la présidence de l'institution deux années durant.
Mais, un travail comme celui qui a porté la BOAD à son niveau actuel ne se réalise pas seul. En effet, ses artisans sont nombreux. C’est pourquoi je tiens à rendre également un hommage mérité au personnel de la Banque, ces femmes et ces hommes qui ont travaillé jour après jour à la prospérité de notre institution, à ceux qui ont dû quitter le navire pour diverses raisons, comme ceux qui sont présentement en activité. Je voudrais leur renouveler mes félicitations pour le travail accompli et pour leur mobilisation autour de la mission et des objectifs stratégiques de la Banque depuis sa création.
Pour ceux qui sont encore là et qui poursuivront cette aventure palpitante avec moi, je voudrais les exhorter à redoubler de vigueur face aux exigences nouvelles de notre environnement, à élargir nos horizons pour être toujours plus productifs et plus compétitifs, et surtout pour être des acteurs de la mondialisation.
Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Honorables invités,
La relative stabilité politique et l’amélioration de la gouvernance enregistrées ces dernières années dans les états de notre sous région ont eu un impact positif sur le climat des affaires et sur le secteur privé. La crise alimentaire de cette année, nonobstant ses effets négatifs, nous a offert une opportunité de changer nos politiques et priorités agricoles pour tirer profit d’un vaste et nouveau marché alimentaire. Si nous réussissons, nous pourrons nous aussi, à l’instar des pays émergents tels que la Chine et l’Inde, sortir des millions de nos compatriotes de la pauvreté et compter enfin parmi les gagnants de la mondialisation.
On note aussi une meilleure maîtrise des équilibres macroéconomiques, notamment les déficits internes et externes et l’inflation. Nonobstant ces progrès, force est de constater que l’activité économique dans notre Union ne décolle que très modestement. Dans la plupart de nos pays, la croissance économique reste inférieure à 5%, en dessous du niveau de plus de 6% enregistré par le reste de l’Afrique et bien loin du niveau de 7% généralement admis pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. L’investissement reste très faible (moins de 20% du PIB) et la production industrielle piétine, la productivité des facteurs se dégrade et fragilise davantage le tissu économique et social déjà malade et soumis à une succession de chocs adverses et de crises hérités de l’environnement international.
Notre sous région continue de souffrir d’importantes carences en matière d’infrastructures de base et modernes dans tous les domaines. En effet, le réseau routier classé demeure peu dense dans l’UEMOA : moins de 8 kilomètres de routes pour 100 kilomètres carrés en moyenne, avec des disparités énormes entre pays. L’accès à l’eau reste largement en dessous de la moyenne africaine : plus de deux personnes sur cinq n’ont pas accès à l’eau dans notre sous région. Le retard en matière d’électrification est encore plus criard : 5 personnes sur 6 dans notre union n’ont toujours pas accès à l’électricité et la fourniture n’est pas satisfaisante pour la petite frange de la population qui en a accès.
Dans le domaine des télécommunications, les coûts des services demeurent exorbitants pour la grande majorité des populations et pour les entreprises. Le taux de couverture est faible avec une télédensité variable entre 3% et 17% dans l’Union. Quant aux services financiers, ils restent très peu diversifiés et limités à quelques privilégiés : le taux de bancarisation dans l’UEMOA est très faible et se trouve entre 3 et 7% selon les pays alors qu’il avoisine 50 à 60% dans les pays du Maghreb.
Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Honorables invités,
Le mandat de la Banque reste donc toujours d’actualité dans un environnement certes différent. Dans ce contexte, j'ai initié, dès ma prise de service le 2 avril 2008, des réflexions qui ont conduit à l'élaboration d'un Plan Stratégique pour la période 2008-2013 afin de porter la vision de la Banque à l'horizon 2020 et orienter ses actions au cours des prochaines années. Ce Plan, qui a déjà fait l'objet d'un examen par un Comité d'experts internationaux au cours du mois de septembre passé, sera soumis aux organes décisionnels de la Banque prochainement. Mais, déjà, je puis vous dire que la BOAD va s'atteler à la consolidation de ses acquis dans le financement des infrastructures, la promotion du secteur privé et l'approfondissement de l’intégration régionale de l'UEMOA.Il me paraît cependant capital que la Banque se fixe également comme priorités d’une part, la mise en oeuvre des réformes nécessaires à l’approfondissement du système financier, et d’autre part, la protection de l’environnement et le développement durable.
Mais nos efforts ne pourront véritablement produire les résultats escomptés, qu’avec l’aide et le soutien sans réserve des Hautes Autorités de l’Union, notamment en vue de trouver des réponses adéquates et durables aux problèmes de ressources concessionnelles pérennes dont la Banque a besoin pour assurer ses financements. C’est pourquoi, la mobilisation de ressources appropriées, et la diversification des actions de coopération et de partenariat figurent parmi mes priorités.
D'ores et déjà, j’ai engagé des réflexions devant aboutir à la création à la BOAD d'un fonds du même type que le Fonds IDA de la Banque mondiale ou le Fonds Africain de Développement (FAD) à la Banque Africaine de Développement.
Dans ce cadre, la Banque poursuivra et renforcera sa collaboration avec les autres Institutions et Organes de l'UEMOA, ainsi qu'avec ses partenaires extérieurs, afin de demeurer un canal de mobilisation de ressources importantes et d'expertises pointues.
Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Honorables invités,
Pour conduire à bien ma mission et réaliser les engagements que je prends ici devant vous, je m’attacherai particulièrement à mettre rapidement en oeuvre les actions visant à l’amélioration du fonctionnement de l’Institution afin d’adapter sa gouvernance à l’évolution de l’environnement. Je m’évertuerai à doter la Banque d’outils de gestion appropriés, modernes et performants, pour consolider son rôle de véritable chef de file dans le financement du développement et de l’intégration régionale.
Je voudrais, pour ce faire, pouvoir m’appuyer sur un personnel motivé, bien formé et épanoui. C’est pourquoi, je mettrai un point d’honneur à améliorer les conditions de travail au sein de l’Institution et accorderai une attention particulière aux programmes de formation continue du personnel. En retour, la transparence, la solidarité, la satisfaction du client, et, par-dessus tout, l’excellence seront au centre de la culture de l’institution, afin de prolonger notre fier passé par un brillant avenir. Je nourris l’ambition comme chacun de mes prédécesseurs à eu à le faire, de laisser ce patrimoine de l’UEMOA qu’est la BOAD, et que vous m’avez confié, dans un meilleur état que celui dans lequel je l’ai pris. Et pour cela, je puiserai dans ma foi en l’avenir de nos pays dans mon énergie et mon expérience et enfin dans ma conviction que l’Afrique peut se développer en comptant d’abord sur ses propres forces.
A cet alpiniste à bout de souffle à qui on demandait pourquoi il tenait à grimper le mon Everest ? il répondit en geignant : parce qu’il est là. Et bien Mesdames Messieurs le Développement est là, il nous appartient de l’atteindre !
Avant de finir, je voudrais, une fois encore, renouveler mes remerciements aux Hautes Autorités des Etats membres, au Conseil des Ministres de l'UEMOA, au Conseil d'Administration de la BOAD, à la BCEAO, à la Commission de l'UEMOA, aux partenaires en développement et à vous tous ici présents, pour votre soutien permanent qui a permis de rendre possible les réalisations de la Banque au cours de ses 35 années d’activités.
Je suis convaincu que vos appuis, me sont également acquis pour ma nouvelle mission et pour le bien de nos populations.
Monsieur le Président de la République Togolaise, je voudrais dire à nos amis et frères togolais pour conclure, que la BOAD, bien qu’institution régionale, sera plus que jamais une entreprise citoyenne. Nous nous investirons dans les Communautés, dans un premier temps dans la ville de Lomé, dans ses quartiers et ses rues puis dans d’autres villes.
Vive la Banque Ouest Africaine de Développement.
Vive l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
Vive la Coopération internationale.
Je vous remercie de votre aimable attention.
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