Réhabilitation de la cite historique d’Abomey: Le ministre Roger Ahoyo met Houédjissin et Ahanhanzo Glèlè en garde contre les dérives politiciennes

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Conscient de la menace que constitue pour le développement de la cité historique d’Abomey la guerre froide entre le directeur général de l’Agence pour la réhabilitation de la cité historique d’Abomey Maxime Houédjissin et le maire de la ville Blaise Ahanhanzo Glèlè, le ministre Jean Roger Ahoyo a tenu à informer par une lettre ouverte adressée à ces deux responsables qui ont la lourde responsabilité de mettre le développement d’Abomey sur les rails, du danger que constituent les manœuvres politiciennes pour l’épanouissement des filles et fils de la cité des houégbadjavi.

Lire la lettre ouverte.

Cotonou, le 19 mai 2009

Lettre ouverte aux frères

- Blaise AHANHANZO GLELE

Maire de la Commune d’Abomey (C.A.)

Maxime HOUEDJISSIN Directeur General de l’Agence pour la Réhabilitation de la Cité historique d’Abomey (ARCHA)

Objet : Réhabilitation d’Abomey

Chers Frères,

J’ai tenu à vous répéter dans cette lettre ouverte, les observations et recommandations que j’ai faites lors de la séance de travail qui a réuni à la Mairie d’Abomey, le Jeudi 22 janvier 2009, le DG de I’ARCHA et la délégation qui l’accompagnait, avec le Maire, assisté de quelques uns de ses chefs d’Arrondissement et Conseillers communaux. Ce faisant, j’ai décidé de prendre tout le peuple d’Abomey à témoin ; car c’est du devenir de la Cité historique qu’il s’agit : la création de I’ ARCHA est une chance pour Abomey. Nous ne devons pas la gaspiller, voir la perdre.

I)Le Commencement :

Au commencement, il y a la volonté têtue de beaucoup de fils d’Abomey de réhabiliter la Capitale historique de notre pays.

Pour ma part, mon éveil de conscience a débuté au sein de l’Association des Elèves et Etudiants d’Abomey (A.E.E.A) ; mais j’ai commencé, de manière consciente et responsable, à participer à cet effort collectif, quand je suis rentré de France en Juillet - Août 1966, pour m’engager dans la Fonction Publique dahoméenne comme Professeur au Lycée Béhanzin de Porto-Novo, à partir de la rentrée scolaire d’Octobre-Novembre 1966.

Je ne parlerai pas de la génération de nos pères, sauf pour citer brièvement le cas de mon père, Maitre Paulin AHOYO, que je connais bien pour une raison évidente de proximité, à travers : la surveillance assidue qu’il effectuait lors de la construction des grands hangars du Marché Houndjro dans la deuxième moitié des années 1950. Ces travaux ont été exécutés par l’entreprise de Monsieur MORVAN, sous la surveillance technique de Monsieur RIBBENTROPP, Chef de l’Arrondissement des Travaux Publics à Bohicon. Puis, et surtout, la création et l’animation de la Coopérative agricole libre d’Abomey (COOPALA) implantée dans le village de Kimpandan, dans l’arrondissement de Sinhoué d’alors, à onze (11) km d’Abomey, sur la route de Sota. Créée en 1964 conformément aux dispositions de la Loi 61-27 du 10 aoOt1961, la Coopérative regroupait des hauts fonctionnaires comme :

•Paulin AHOYO, Instituteur, Directeur d’Ecole. II a dirigé l’Ecole Urbaine Centre (ancienne Ecole régionale) à Adjahito, à Abomey, après le départ du dernier Directeur français (Mr. ORIOT, si j’ai bonne mémoire). Ensuite, il est allé créer et diriger l’Ecole d’Adandokpodji) à partir de l’année scolaire 1953-1954. Enfin, il a terminé sa carrière comme Inspecteur de l’Enseignement primaire par la grâce d’une intégration due au Président Hubert MAGA, ancien élève de l’Ecole Normale William Ponty comme lui.

•Mr Robert ADJALLA, Haut cadre de l’Administration, ancien Sous- Préfet de Savè, grand ami de Mr Paulin AHOYO.

•Mr Paul BRUN-BERAUD, Haut Fonctionnaire de l’Administration aussi.

•Mr Janvier KOSSOU, Commissaire de Police.

•Mr Edouard A. QUEREBURU, Instituteur, Directeur de l’Ecole de Hountondjisramè, qu’il a créée et dirigée à partir de l’année scolaire 1953-1954 ; grand ami de Paulin AHOYO aussi.

•Mr Théophile HOUSSOU, Receveur de l’OPT, militant du PRD d’Apithy comme Paulin AHOYO.

•Blaise AGUENOUKOUN, Receveur de I’OPT aussi, qui deviendra par la suite délégué du Gouvernement à Abomey.

•Mr HAMZATH Bissiriou, Infirmier à la Circonscription médicale d’Abomey, l’ancienne AMBULANCE du temps où elle était dirigée par les médecins militaires coloniaux.

•Mr Valère TCHIDIKOFAN, Infirmier aussi dans le même établissement.

•Mr Bruno SASSE, l’actuel Daah ATINCLINME, Ancien délégué du Gouvernement à Abomey, au début des années 1970.

L’idée de créer la COOPALA est venue à mon père après un voyage en URSS au début des années 1960, où il a vu l’expérience des kolkhozes et des Sovkhozes soviétiques. II nous livre un aspect de sa pensée dans un article qu’il a publié dans le journal du SYNATINCA (Syndicat des Agents des TP, Topo Hydraulique), le « Relais », dans le numéro d’Aout 1967 : Concluant sur les Sociétés d’intervention (elles interviennent dans l’économie rurale du Dahomey), il écrit : « Ne nous faisons pas d’illusions ; avec l’esprit mercantile des Sociétés d’intervention, nous ne sortirons jamais de notre sous-développement. La voie du salut est donc ailleurs, bien sûr, il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas, dira-t-on peut-être, mais il serait criminel de persister dans l’erreur. II incombe donc a nous, citoyens du Dahomey, de rechercher avec nos dirigeants, les meilleures voies de sortie. Notre promotion économique l’exige » Fin de citation. Donc, déjà, l’appel au combat pour le développement, la promotion économique ! Mr Paulin AHOYO et ses compagnons sus-nommés sont tous morts aujourd’hui, sauf Daah ATINCLINME a qui je profite de l’occasion pour souhaiter longue vie ! Mais il y a ceux que j’ai oubliés et qui sont peut-être encore en vie ; qu’ils me pardonnent mon oubli ! Qu’eux tous vivants comme morts, soient remerciés et honorés pour leur combat pour le développement de notre ville.

Revenons rapidement à la génération qui a suivi pour résumer notre combat.

1- La création de la jeunesse « FILOGNON » d’Abomey. Ce sont les 7 et 8 septembre 1968 que le Congrès constitutif de la Jeunesse « FILOGNON » d’Abomey s’était réuni au Lycée HOUFFON d’Abomey. Le but du Congrès, aux termes du procès-verbal, « était de donner des bases statutaires au regroupement des Jeunes de la Commune et de la Sous-préfecture, de le doter d’une charte d’orientation et d’un programme d’action ».

Les buts consignés dans les statuts sont :

1- Regrouper les Jeunes de tous niveaux, de toutes conditions, originaires de la Sous-préfecture et de la Commune ou y résidant, sur la base des principes adoptés dans les statuts.

2- Participer à tout effort visant à l’amélioration des conditions physiques, morales, économiques et intellectuelles des masses laborieuses.

3- Susciter et animer des activités à caractère social et culturel d’intérêt public, d’informer et d’éclairer les jeunes sur l’ensemble du territoire national.

4- Œuvrer intensément à la création d’un mouvement de Jeunes sur l’ensemble du territorial national.

5- Défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres dans le cadre de l’Association.

6- Réaliser sur le plan local les vues de la charte de la Jeunesse dahoméenne adoptée en Septembre 1964.

L’adoption de cette charte signifie l’option pour une lutte résolue, ferme, conséquente et soutenue contre : l’impérialisme et le système néocolonialiste d’oppression qui étouffent notre économie et nous empêche de vivre. Le Régionalisme qui nous divise et nous oppose les uns aux autres, nous affaiblit et nous désarme face à l’ennemi. La création de la Jeunesse « FILONON » d’Abomey s’inscrit dans le cadre d’un grand mouvement de mobilisation et d’organisation de la jeunesse dahoméenne, impulsée par les étudiants qui commençaient à rentrer massivement de l’extérieur. Ce mouvement, commence dès la fin des années 1950, s’est poursuivi et intensifie après les premières années de 1970.

Avant « FILOGNON » en Septembre 1968, on peut noter la naissance : •Du Rassemblement des Jeunes du Mono (RAJEMO)

•De l’organisation des Jeunes de la Sous-préfecture de Dassa-Zoumè (O.J.S.D.) et

•De l’Association de la Jeunesse de Porto-Novo et Banlieue (A.J.P.B.) qui a tenu son Assemblée constitutive en Septembre 1967 (A.J.P. B Sonagnon)

Après la naissance de « FILOGNON », le rythme s’est accéléré :

•Fin d’aout 1970 : Regroupement des Jeunes de la Sous-préfecture de Pobè (R.J.P.)

•Mi-septembre 1970 : Congrès constitutif de la Jeunesse de la Sous-préfecture de Savè (ODOKOYA)

•1971 : Mouvement d’Action pour le Développement (MADEB) avec la Jeunesse de la Sous-préfecture de Boukoumbé (TABI’NTA)

•1 er et 2 Septembre 1973 : Congrès constitutif de la Jeunesse anti-impérialiste de la Sous-préfecture d’Allada (TOGBEYA)

•8 et 9 septembre 1973 : Congrès constitutif de l’organisation de la Sous-préfecture de Parakou à Tchaourou (SA GNAN WA)

•Jeunesse Démocratique et anti-impérialiste de la Sous-préfecture de Banikoara (SUKA TIGNIRAN)

Ce vaste mouvement a été clôturé par deux importantes réuni­ons :

- Le Séminaire sur l’unité de la Jeunesse Anti-impérialiste a Savè les 17, 18 et 19 février 1973, suivi et ’consolidé par :

- Le Congrès de l’unité de la Jeunesse anti-impérialiste les 12, 12, 14 et même le 15 janvier 1974 à Parakou. C’est la naissance de la J.U.D. (Jeunesse Unie Anti-impérialiste du Dahomey). Mais, cette montée en force et en organisation, donc en puissance, de la Jeunesse de notre pays a fait peur au Gouvernement Militaire Révolutionnaire (G.M.R) qui a décidé de dissoudre toutes les organisations démocratiques de Jeunesse, par conséquent la J.U.D., en 1974.

Puis, ce fut la création, dans la foulée, en 1975, du Parti de la Révolution Populaire du Benin (P.R.P.B) qui instaure, quinze (15) ans durant, la dictature du Parti unique dans notre pays jusqu’en 1989 !

2- La naissance du C.S.P/D.U.A

Mais la « Révolution » ayant fini par s’essouffler, c’est à l’initiative des autorités de l’époque (en l’occurrence le chef du District urbain d’Abomey) que le Comité de Soutien pour le Développement économique, social et culturel du District Urbain d’Abomey (C. SP/D.U.A) est né au cours des Journées de réflexion des 27 et 28 octobre 1984. II me plait de souligner ici le courage politique de notre frère Vincent GUEZODJE, alors capitaine ou commandant, qui malgré son appartenance au Comité central (C. C.) du PRPB, a participe à ces journées avec nous. Les militants que nous sommes restés, qui avons refuse de no us laisser embrigader dans le P.R.P.B, avions trouve la un nouveau cadre de lutte ; lutte que nous avons poursuivi et élargi jusqu’a l’apparition de VIDEKON.

3- La création de « VIDEKON »

L’Association « VIDEKON » pour le développement Economique, Social et Culturel d’Abomey a tenu son Congrès constitutif les 22 et 23 décembre 1988. Toujours par refus de l’embrigadement, nous nous sommes déclarés O.N.G. à caractère apolitique, mais avec la latitude d’intervenir sur tous les problèmes qui concernent le développement d’Abomey. Cf. Ces statuts de l’Association.

Commitamment avec le travail de mobilisation et d’organisation dans la ville d’Abomey, nous avons poursuivi le même travail avec nos frères du Plateau ; en effet nous n’avons pas oublié que la Jeunesse « FILOGNON » d’Abomey regroupait tous les jeunes du Plateau d’Abomey. Je dois à la vérité historique de souligner que la flamme de Filognon a été maintenue au sein des élèves d’Abomey. C’est ainsi qu’au cours des journées de réflexion organisée par I’AE.E.A au cours de l’année scolaire 1970-1971, l’idée de créer un et un seul organisme pour réunir les élèves et étudiants de Bohicon, de Cana, de Tindji, d’Agbangnizoun, de Sinhoué et de la Commune d’Abomey, a été examinée et développée. Cet organisme devait prolonger sur le terrain du plateau d’Abomey les vues de I’UGEED, en collaboration avec la Jeunesse « FILOGON ». La suspension générale des activités des Associations d’Elèves et d’Etudiants par le Président AHOMADEGBE, sous le Conseil Présidentiel, est venue briser cet élan.

4- Naissance de l’Association pour le Développement de la Région Historique d’Abomey (A.D.R.H.A)

Le flambeau de cette lutte a été repris pour la création et l’installation du Comité préparatoire de I’AD.R.H.A le Samedi 13 juin 1987. Cet instrument de lutte nous a permis, après la création de VIDEKON, de faire naître dans la foulée toutes les Associations de Développement du Plateau d’Abomey à savoir :

- « NONVIGNON » à Agbangnizoun

- « GBEDOKPO » à Bohicon

- « FINIGNON » à Djidja

- « TONIGNON » à Za-Kpota

- « MIXALODO » à Zogbodomey.

« NONVIGNON » c’est la célébration de la Solidarité fraternelle.

« VIDEKON », c’est la vigilance pour maintenir allumée la flamme du développement.

« GBEDOKPO et « MIXALODO », c’est l’appel à l’unité et au rassemblement.

« FINIGNON » et « TONIGNON » expriment notre choix du développement, c’est-a-dire d’un monde meilleur.

C’est ce travail intense de mobilisation et d’organisation, impulsé par les libertés retrouvées à l’avènement du Renouveau Démocratique, qui a abouti à la naissance de I’A.D.R.H.A au Congrès constitutif des Samedi 15 et dimanche 16 février 1992 !

Mais le revers des libertés démocratiques retrouvées, (car il y a un revers I), c’est l’éclosion de nombreux partis politiques. Nos militants, les militants des Associations de Développement, ont préféré ces nouveaux cadres de lutte, à cause de la perspective d’occuper rapidement des postes de responsabilité ! Personne ne peut leur en vouloir pour cela ; mais cela a entraîné comme inconvénient la léthargie durable dans laquelle nos Associations se sont retrouvées plongées.

C’est dans ce contexte que, de Dakar ou j’étais en poste au BREDA¬-UNESCO, j’ai adressé au Maire Blaise AHANHANZO GLELE, dès son élection en Mars 2001, une lettre de félicitations par laquelle je lui ai transmis tous les documents essentiels de VIDEKON et de I’ADRHA, contenant toutes nos propositions pour le Développement d’Abomey et de son Plateau ; Comme vous pouvez le constater, notre souci constant, dès le début, a été et demeure le développement de la Ville d’Abomey et de son Plateau.

Mes félicitations au Maire étaient accompagnées de la recommandation expresse de travailler en étroite collaboration avec les membres de VIDEKON qui l’entouraient dans le nouveau Conseil communal. J’ai nommé :

- le Doyen André KOULO, Deuxième Adjoint,
- Séraphin ADIMOU, CA de Vidolé,
- Achille GLELE, CA de DJEGBE,
- Antoine AZON, CA de Détohou,
- Nicaise AKODJI, Pdt de la Commission Environnement et
- Antoine NANSI ADJAKIDJE, Premier Adjoint.

5- Le sursaut du Forum

J’ai parlé tantôt de léthargie ! Elle continue aujourd’hui, hélas ! Mais nous devons à la vérité de mentionner la naissance du Forum des Cadres et Notables, ressortissants et résidents des Plateaux d’Abomey et d’Agonlin, au cours des Journées de réflexion des Samedi 29 et Dimanche 30 janvier 2003.

J’ai compris en effet la création du Forum comme un effort des membres de nos Associations, qui n’étaient pas occupés par des fonctions politiques (Conseillers Communaux, Députés et Ministres !) pour sortir de la léthargie. Mais malheureusement et apparemment, le FORUM est entré à son tour en léthargie !

Que conclure ? Que nous devons tourner la page des Associations de Développement et investir dorénavant nos efforts dans la création et l’animation de vrais partis politiques, fonctionnant démocratiquement ; contrairement à la plupart de nos partis politiques qui, lorsqu’ils ont une certaine consistance, tournent comme des entreprises politiques dont les chefs et créateurs, apportent l’essentiel des ressources financières et, par conséquent prennent et imposent les grandes décisions. Mais je ne développerai pas plus avant ce chapitre ; ce n’est pas mon propos ici et aujourd’hui.

Je vais continuer par mon analyse de la situation actuelle.

II) LA SITUATION ACTUELLE

Elle comporte deux volets essentiels : Le Programme de Réhabilitation de la Ville d’Abomey, et La création de l’Agence pour la Réhabilitation de la Cité historique d’Abomey (ARCHA)

1- Le programme de Réhabilitation de la ville d’Abomey

C’est un programme de la Mairie d’Abomey. II faut rendre à César ce qui est à César.

Mais dans le même temps, il me parait incontestable que ce programme est l’aboutissement, et le fruit de tous les combats évoqués ci-dessus. Depuis toujours, les Aboméens que nous sommes n’ont jamais cessé de lutter pour la réhabilitation de leur ville, la Cité des Rois, parce que, légitimement, ils n’ont jamais accepté le rabaissement de la Capitale historique de notre pays, suite à la conquête et à la colonisation. C’est pourquoi, de génération en génération, nous nous passons le relais pour reprendre le flambeau de la lutte.

a) Contenu

L’état des lieux fait par le Maire dans le Programme me satisfait pleinement. En effet, j’y retrouve sans difficulté quelques projets-phares de VIDEKON. Je me contenterai de citer, entre autres :

•La réhabilitation du Marché HOUNDJRO, timidement amorcé sous le Préfet AHOUEHA (Paix à son âme) et maintenant repris rigoureusement par la Mairie actuelle.

•La restauration des Palais privés de nos anciens Rois, pour en faire des musées spécialisés et des espaces de verdure. Idée lumineuse de notre regretté frère KOSSOU Basile !

•La reprise et l’achèvement du Projet CIEPAT pour créer dans l’espace muséal un Grand village artisanal couplé avec un Centre Régional d’innovations technologiques pour nos artisans.

•La restauration de quelques anciennes portes (Gbonou) d’Abomey. Quand à l’ADRHA, elle a fait de nombreuses recommandations, lors de son Congrès constitutif, sur :

- les problèmes de lotissement dans toutes les villes du Plateau
- l’extension des réseaux d’électricité et d’eau aux villes qui entourent Abomey
- l’aménagement et l’entretien des pistes rurales et des routes qui relient

Abomey à sa périphérie.

Le grand mérite de la Mairie d’Abomey est d’avoir repris et synthétisé, dans un document bien élaboré (oeuvre d’Afrique-OMNITECH !) toutes ces idées et beaucoup d’autres de son cru, sous la forme d’un programme bancable, parce que intégrant des fiches techniques de projets, avec leurs coûts.

Une fois le programme élaboré, la Mairie d’Abomey s’est adressée aux Autorités Centrales de notre pays pour son financement. En effet, les sommes colossales requises pour sa réalisation dépassent largement les capacités de financement de la Mairie d’Abomey. Le programme a donc été présenté au Gouvernement du Président KEREKOU six (06) à huit (08) mois avant les élections présidentielles de Mars 2006. II a manifesté son intérêt pour le projet en ouvrant des négociations de prêt avec la BOAD.

A l’avènement du Gouvernement du Président YAYI en avril 2006, la Mairie est retournée présenter son programme de réhabilitation au Nouveau Gouvernement juste à la veille de la fête du 1er août 2007. Le fait que ce soit l’ancien Président de la BOAD qui est devenu le Président de notre pays a dû faciliter les négociations de prêt avec cette Banque de Développement. Toujours est-il que les négociations de prêt ont abouti à un accord entre la B.O.A.D, notre Gouvernement et la Mairie d’Abomey les 05 et 06 mars 2008 pour un montant de quatre (04) milliards de francs CFA, soit moins de 10% du coût global du programme estime à 41.394044.650 FCFA qu’on peut arrondir à 41,5 milliards de FCFA.

C’est à ce point du processus qu’intervient la création de l’Agence. Mais personne ne doit oublier le processus qui a abouti à ce résultat, processus dans lequel la Mairie d’Abomey a joué un rôle central.

2- L’Agence pour la Réhabilitation de la Cité Historique d’Abomey (ARCHA)

C’est le Conseil des Ministres de notre pays, réuni en séance ordinaire le mercredi 10 décembre 2008 qui a adopte le décret n° 2008-750 du 31 décembre 2008 portant création, attribution et fonctionnement de l’Agence pour la Réhabilitation de la Cite Historique d’Abomey. Une semaine plus tard, le 17 décembre 2008, c’est la nomination de notre frère Maxime HOUEDJISSIN comme Directeur General de l’Agence, par le décret n° 2008¬784 du 31 décembre 2008.

Depuis, le Directeur Général de l’ARCHA a posé les actes suivants :

- Le Dimanche 04 janvier 2009, il organise une Conférence publique à la Maison des Jeunes et Loisirs de Goho. En fait de conférence publique, il nous a énuméré les rues de la ville à paver. En réalité, ce fut un show politique, anime par l’Etat Major local de la FCBE et destiné à remercier le Président Thomas BONI YAYI. Incident révélateur : La Mairie d’Abomey, à travers le Maître et ses chefs d’Arrondissement (sauf un seul !) étaient absents à cette manifestation ! Malgré l’invitation à eux adressée, ils ont décidé de boycotter cette « conférence » !

- Ensuite, du 19 au 22 janvier 2009, il a entrepris une tournée de prise de contact et d’information avec les Conseils Communaux du Plateau d’Abomey. Comme l’écrit le journaliste du Matinal dans le n° du 22 janvier 2009, et parlant de Monsieur Maxime HOUEDJISSIN, je cite : « l’intéressé a pris son bâton de pèlerin pour parcourir les communes d’Agbangnizoun, Djidja, Zogbodomey, Bohicon, ZaKpota et Abomey afin de mettre les élus locaux au même niveau d’information. A chacune de ces étapes, le Directeur Général HOUEDJISSIN a précisé aux différentes autorités locales que I’ARCHA a pour objectif de moderniser ces six villes du Zou, au niveau des sites historiques, palais royaux, routes, ponts, pistes de desserte rurale, centres de santé, points d’eau et hydraulique villageoise. Les lieux de mémoire que sont les champs de bataille, impacts de balles sur les arbres, routes des esclaves, temples et endroits réservés aux cérémonies rituelles, constituent les autres secteurs d’intervention de l’Agence » Fin de citation.

Vaste programme pour l’ensemble du plateau d’Abomey !!! C’est trop beau pour y croire, mais nous reviendrons plus loin pour parler du Plateau d’Abomey.

- Le jeudi 22 janvier, en fin de matinée, séance de travail a la Mairie d’Abomey, entre le Maire et ses collaborateurs d’une part, et la délégation de I’ARCHA, conduite par son Directeur Général, d’autre part.
- Le mercredi 18 février, le Directeur général de I’ARCHA a participé à une cérémonie au Ministère de l’Habitat, qui a réuni autour de l’ARCHA, ses principaux partenaires, à savoir :

•La Direction générale de l’Urbanisme et de la Reforme Foncière du M.U.H.R.F.L.C.

•L’AGETUR qui est l’Agence d’exécution prévue pour l’Accord de prêt

•La Société d’Etudes Régionales d’Habitat et d’Aménagement Urbain (SERHAU¬SA)

•Enfin le Jeudi 19 mars a vu l’installation officielle du Directeur Général de I’ARCHA à la place Goho à Abomey. La cérémonie, n’a été qu’une répétition, mais en grand, du petit show politique du dimanche 04 janvier 2009. Nous avons assisté à une grande messe FCBE pour remercier le Président Boni YAYI. Plus aucun doute n’est possible : L’ARCHA est bel et bien une machine politique lancée à la conquête du Plateau d’Abomey !!!

Trois raisons me poussent à cette conclusion :

1.Le procès-verbal des négociations qui ont eu lieu à la B.O.A.D à Lomé le 05 et 06 mars 2008, sur le projet de pavage et d’assainissement des rues dans la ville d’Abomey en République du Benin ; ce procès-verbal confie la Maitrise d’Ouvrage Déléguée (M.O.D) à l’AGETUR pour un montant d’honoraires finalisé à 265 millions de FCFA. Si l’Agence d’exécution des travaux est ainsi clairement désignée dès le départ, que signifie donc la création de l’ARCHA ?

2.Dès la nomination de notre frère HOUEDJISSIN Maxime, il a pris son bâton de pèlerin pour parcourir toutes les Communes du Plateau d’Abomey comme l’a bien décrit le journal « LE MATINAL » dans sa livraison du 22 janvier 2009. II est vrai que le décret créant "ARCHA, dit dans son article 2 que « la réhabilitation de la ville d’Abomey est la première phase de la mise en œuvre du vaste programme d’urbanisation de tout le plateau d’Abomey. Mais l’article 7 précise, sans ambiguïtés possibles, la mission de I’ARCHA, je cite : « l’Agence a pour mission d’une part, d’élaborer, en liaison avec les structures nationales compétentes, et sur la base des orientations du Gouvernement la politique de réhabilitation de la cité historique d’Abomey ainsi que les stratégies correspondantes et d’autre part, d’assurer leur mise en œuvre en rapport avec les partenaires au développement et les structures non gouvernementales organisées » Fin de citation. Aucune contorsion sémantique ne peut faire correspondre la Cité historique d’Abomey au Plateau historique d’Abomey. Tenter de le faire ne peut que créer la confusion dans un dessein inavoué qui ne peut être que politique.

3. C’est bien la première fois, dans notre pays, que nous assistons à l’installation officielle d’une structure qui n’est même pas nationale. L’ARCHA, en effet, n’est qu’une Agence communale. !!! L’opération d’installation, qui aurait coûté huit (08) millions (à vérifier), a bien confirmé le caractère politique de I’ARCHA. C’est ce qui explique :
- L’absence du Maire et de son Conseil communal (sauf un CA) à la Conférence du Dimanche 04 janvier 2009 à la Maison des Jeunes et Loisirs de Goho.

- Le caractère véhément du discours du Maire à la cérémonie du Jeudi 19 mars 2009, à la Place de Goho, à la cérémonie d’installation Je vais arrêter à ce point mes développements (excusez leur longueur) pour conclure par quelques recommandations :

Primo : A l’adresse de Maxime

Je ne conteste pas au Président Thomas Boni YAYI le droit de créer un instrument politique pour conquérir le Plateau d’Abomey. Un autre, à sa place, ferait probablement la même chose. Au contraire, je le remercie pour la création de l’ARCHA. Tout le problème est dans l’usage qui en sera fait sur le terrain. Je suis sincèrement content que le choix du Président Thomas Boni YAYI se soit porté sur toi pour diriger I’ARCHA pour deux raisons :

- la première, c’est que tu aimes, comme moi, notre ville d’Abomey. Tu en as donné, à mes yeux, deux preuves que j’ai suivies de Dakar ou j’étais en poste jusqu’en Avril 2003 :

•Tu as protesté énergiquement lorsque le Gouvernement de Kérékou a "détourné" les 7 ou 9 milliards que les Allemands avaient accordés, alors que j’étais Ministre de l’Environnement, pour l’assainissement des villes d’Abomey et de Bohicon. Mais nos amis Allemands avaient posé une condition : la mise en œuvre de la décentralisation de l’Administration territoriale avec l’élection des Maires ! Tu sais quand les premières municipales ont eu lieu sous le renouveau. C’est bien parce que les choses traînaient que les Allemands ont décidé d’affecter ce fonds à la réalisation du 3eme pont à Cotonou. On ne peut en aucun cas les en blâmer, le tort étant de notre côté, du côté de notre Gouvernement.

•Tu as réagi vigoureusement devant la décision du Gouvernement Kérékou d’installer le Prytanée des Jeunes Filles à Natitingou. Je continue à penser, comme toi, que c’est Abomey, la capitale des Amazones, qui méritait et continue de mériter d’accueillir cette Ecole d’excellence.

- La Seconde raison est, pour ainsi dire, personnelle. En effet, c’est en Novembre 2008, chez moi à Hounli, que je t’ai conseillé de demander au Président Boni YA YI de te confier la réhabilitation de la ville d’Abomey ; et j’ai ajouté, devant témoins : « s’il te nomme à ce poste, je t’aiderai de toutes mes forces ».

Donc ta nomination ne peut que me réjouir et, en réalité, c’est à cause de ma promesse de t’aider, je me suis vu dans l’obligation de t’adresser cette lettre à toi même et à Blaise. Pour te dire très c1airement que je ne t’aiderai qu’aux conditions suivantes :

1- La nécessaire collaboration avec la Maire d’Abomey. Cela me paraît incontournable, et tu dois t’en convaincre. Si tu utilises l’ARCHA comme un instrument politique pour combattre le Maire, il te fera la guerre avec raison ; et je serai à ses côtés pour te faire la guerre. Déplacer et déployer l’état-major PR/FCBE à chaque sortie de l’ARCHA n’est pas la meilleure méthode pour collaborer avec le Maire RB d’Abomey.

II te suffit d’appliquer le programme de pavage confié à l’ARCHA, sans tambours ni trompettes, et les Aboméens, le moment venu, sauront comment remercier le Président Thomas Boni YAYI pour la création de l’Agence. Toi même, tu en tireras un bénéfice politique en son temps ; il n’est pas nécessaire pour cela de parcourir le plateau d’Abomey en précampagne pour les prochaines législatives.

2- Mettre fin à la confusion

La Cité Historique d’Abomey n’est pas le Plateau Historique d’Abomey. La mission de l’ARCHA c’est la réhabilitation de la cité et non du Plateau. Et c’est justement parce que je suis encore le Président en titre de l’AD.R.HA que je veux que ce point soit définitivement c1arifié. II ne faut pas, par des manœuvres politiciennes, créer des querelles inutiles avec nos frères du Plateau.

J’ai fait exprès mon long développement sur la création de FILOGNON et de l’AD.R.H.A pour montrer que je suis et que je demeure un militant convaincu de la réhabilitation de l’ensemble du Plateau d’Abomey. Mais commençons par le commencement et ce commencement, c’est la réhabilitation de la Cité Historique, cœur du Plateau et Capitale de l’Ancien Royaume du Danxomè. Ensuite, interviendra le « vaste programme d’urbanisation de tout le plateau d’Abomey comme le précise bien l’article 2 du décret n° 2008-750 du 31 décembre 2008. Cette démarche, en deux temps, doit s’imposer à nous tous et doit être très claire dans tous les esprits. Surtout que les investissements nécessaires sont colossaux. Ce programme du Maire d’Abomey est estimé à 41.394.044650 qu’on peut arrondir à 41,5 milliards de FCFA Sur ce montant, le prêt de la B.O.A.D couvre moins de 10% de la dépense globale. Voila une raison supplémentaire pour se concentrer sur la Cité et éviter le saupoudrage sur l’ensemble du Plateau. Encore une fois, évitons la tentation de faire de la politique, et contentons-¬nous pour le moment, de faire du développement, rien que le développement. Les retombées politiques ne manqueront pas d’arriver le moment venu.

3- Eviter les conflits d’attribution

II faut négocier d’urgence avec I’AGETUR, sous l’égide du Ministère de l’Habitat, pour clarifier le rô1e de chaque Agence dans la partition qui commence, pour jouer en harmonie.

L’Accord de prêt avec la B.O.A.D désigne I’AGETUR comme l’Agence d’exécution des travaux. Dans le procès-verbal de négociations (Lomé les 05 et 06 mars 2008), on peut lire en effet ceci : « la MOD a été attribuée a I’AGETUR de gré à gré, compte tenu du caractère urgent du projet, et au regard de l’expérience de l’Agence dans l’exécution des travaux de pavage de rues et d’assainissement et de sa maitrise des procédures de la B.O.A.D ». La MOD, c’est la Maitrise d’Ouvrage Déléguée.

J’ai appris que I’AGETUR a lancé les premiers appels d’offres pour démarrer les travaux, et que cela a entrainé, de ta part, une lettre de protestation adressée au Ministre de l’Habitat. Voila le genre de conflits inutiles à éviter par une négociation de clarification des rôles dès le départ, sous l’égide du Ministre. L’AGETUR ayant largement fait ses preuves dans les travaux d’assainissement et de pavage partout au Benin (Elle vient d’obtenir le certificat ISO 9001). II reste à préciser la mission réelle de l’ARCHA.

4- La mission de l’ARCHA

Dans ce contexte, on peut définir la mission de l’ARCHA selon trois axes :

a)Un rôle de contrôle : il s’agit de superviser pour le compte du Gouvernement, les travaux exécutés par I’AGETUR qui n’est pas une structure gouvernementale. L’intérêt politique que le Directeur Général de I’ARCHA que tu es, originaire d’Abomey, ne peut pas être le même que celui du Directeur Général de I’AGETUR, même si ce dernier est le Conseiller du Chef de l’Etat pour les Travaux Publics, que tu sais.

b)La recherche de financements. Les fonds disponibles pour les travaux s’élèvent actuellement a 6,5 milliards de FCFA dont il faudra soustraire les honoraires de I’AGETUR (265 millions de FCFA) et les frais de fonctionnement de I’ARCHA ; Ils ne concernent que huit (8) rues, sur les quinze (15) répertoriées dans le Programme de la Mairie. Ils ne sont donc pas suffisants (loin s’en faut) pour les seules rues, rien que pour les rues !!!

Quand on sait que l’ensemble du Programme est estimé à 41,5 milliards, on réalise que nous sommes très loin du compte. Dans ces conditions, la recherche de financements constitue un vaste champ d’action que l’ARCHA doit investir avec méthode et détermination. Surtout que, après la réhabilitation de la Cité historique, ou parallèlement avec elle, l’urbanisation du Plateau ouvrira un autre vaste chantier. Je suggère donc que l’ARCHA reprenne langue avec nos amis Allemands pour qu’ils remettent en place le crédit de 7 ou 9 milliards qu’ils avaient prévus en 1995-1996, pour l’assainissement des villes d’Abomey et de Bohicon.

c) Un rôle d’aiguillon

L’ARCHA doit pousser activement les autres Communes du Plateau (AGBANGNIZOUN, Bohicon, Djidja, Zakpota, Zogbodomey) à se doter de plans de réhabilitation. Dans ce domaine au moins, l’ARCHA ne sera pas en compétition avec l’AGETUR. Aider les communes du Plateau à se doter de plans, et à mobiliser les financements pour leur réalisation, voila une tâche gigantesque qui, à elle seule, peut justifier la création de l’ARCHA.

SECUNDO : A l’Adresse de Blaise

Je comprends parfaitement le sentiment de « forteresse assiégée » qui t’habite depuis la création de l’ARCHA. Mais le Maire de la Commune d’Abomey que tu es, ne peut pas grand-chose contre un Gouvernement. Au contraire et mieux, ta Commune a besoin du Gouvernement pour son développement. Surtout si cette commune s’appelle Abomey, c’est-a-dire une Cité délabrée après ou à cause de vingt ans d’abandon depuis l’avènement du Renouveau démocratique : Abandon involontaire sous le Gouvernement SOGLO à cause d’une tragique erreur de programmation : « Je m’occuperai de Bohicon et d’Abomey au cours de mon second mandat » Abandon renforcé sous les deux mandats de Kérékou II, pour cause d’opposition politique (de la RB !). Le résultat est la, affligeant. Dans ce contexte, ta commune doit accueillir sans réticence l’aide du Gouvernement, même si elle prend la forme de l’ARCHA. C’est pourquoi je te fais les recommandations qui suivent :

1- La Collaboration avec l’ARCHA

Elle me paraît incontournable. Dans mon esprit, cela ne veut pas dire que tu dois laisser la FCBE t’arracher ta Mairie. Cela ne signifie pas non plus que la RB doit croiser les bras devant la tentation du pouvoir, à travers l’ARCHA, pour prendre l’électorat du Plateau d’Abomey. Mais c’est dans ce contexte de lutte politique que tu dois inscrire ta collaboration avec l’ARCHA. Tu es légitimement fondé à contrer toutes les menées politiciennes du grand frère Maxime, à la tête de l’ARCHA. Mais, tu dois éviter scrupuleusement de poser des actes qui puissent être interprétés comme entravant la réalisation du Programme de réhabilitation que toi-même tu as élaboré.

Je conviens que l’exercice que je te demande est très difficile ; mais je ne vois pas d’alternative à cette attitude : tu es condamné à participer à la réhabilitation de ta ville dans les conditions politiques qui te sont imposées. Cela demande beaucoup de courage et de détermination, mais encore d’intelligence politique surtout que, malheureusement, il y a un différend personnel entre Maxime et toi.

2- Un effort de dépassement personnel

Je n’étais pas présent sur le sol national quand tu as été élu la première fois, comme Maire d’Abomey en Mars 2001. Je crois savoir que Maxime a joué un rôle dans le processus de ton élection. Apres quoi, il a été chassé de la RB (je ne trouve un autre mot) qui t’a utilisé pour le contrer politiquement sur le plateau d’Abomey. Tout comme il a été instrumentalisé lui-même (peut-être malgré lui) par la RB pour me combattre moi-même à Abomey, à partir des élections législatives de 1995. Mais tout cela, c’est la politique et elle peut nous appeler à jouer des rôles que nous n’avons pas choisis nous-mêmes. Nous devons avoir la maturité politique d’accepter cela et de le dépasser. Dans votre cas, l’opposition politique est renforcée par un différend personnel qui vous a opposé lors des dernières élections communales. En effet, un incident t’a conduit en prison lors de ces élections et Maxime a joué un rôle dans cet incident. Dans une lutte politique, ce qui est arrivé, est de bonne guerre ; mais malheureusement, cela a laissé des traces. C’est ce contexte d’opposition politique et personnelle que tu dois absolument dépasser pour collaborer avec Maxime. Collaboration pour la mise en œuvre du programme sur le terrain ; mais coopération aussi pour trouver de nouveaux financements.

3- La Stratégie de développement d’Abomey

Mon ami HOUSSOU David, alors qu’il était à l’antenne du PNUE/HABITAT à Cotonou, m’a informé que tu t’es battu pour obtenir de la Banque Mondiale un accord sur la Stratégie de Développement d’Abomey. Cette stratégie dépasse le programme actuel de réhabilitation de la Mairie, qui est un programme de développement physique, pour englober le volet création d’emplois. Le vrai développement, c’est cela, à savoir la réhabilitation physique de la ville et la création d’emplois pour ses habitants. La présence de l’ARCHA, Agence gouvernementale, à côté de la Mairie d’Abomey, ne pourra que t’aider à finaliser cet accord avec la Banque Mondiale qui est une Institution Inter-Gouvernementale.

Voilà, chers frères, ce que je tenais à vous dire. Vous m’excuserez d’avoir été long, mais j’ai tenu à vider mon cœur. J’ai été long parce que je tenais à être clair avec les uns et les autres. J’ai donné la forme de lettre ouverte à ce document parce que je tenais à prendre tous les Aboméens, de la ville comme du Plateau, à témoins. Vous avez, tous les deux, le sort de la ville d’Abomey entre vos mains. Ne faites pas perdre à notre ville sa chance historique. Si .par votre faute, Abomey n’amorce pas sa réhabilitation, ardemment souhaitée et voulue par des générations d’Aboméens, le jugement de l’historie sera implacable aussi bien pour l’un que pour l’autre.

A bon entendeur. .. salut !!!
Fraternellement J.R. AHOY

Journal 24 HEURES AU BENIN   27/05/09
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Publié dans Politique nationale

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