Après la marche de l’opposition : La mouvance est aux abois
Depuis la marche de l’opposition le jeudi 28 mai 2009 pour dénoncer les morts dans les hôpitaux et centres de santé, la mouvance est totalement aux abois. Elle a pris d’assaut les télévisions et radios depuis le lendemain pour servir un cocktail d’injures à l’endroit de l’opposition qui est pourtant sortie pour remplir sa mission constitutionnelle qui est de demander au gouvernement d’arrêter de voir mourir le peuple sans agir.La mouvance présidentielle est aux abois. Contrairement à ses démarches et celles du gouvernement, la marche de l’opposition a eu lieu le jeudi dernier. En fait de sortie, c’en était une déferlante qui a mis à nu les erreurs du pouvoir du changement dans le domaine de la santé. La tentative du gouvernement de démobiliser les Béninois meurtris en publiant un communiqué la veille de ladite marche sur le paiement des primes a échoué. La déferlante de l’opposition a montré l’inaction du gouvernement face aux morts dans les hôpitaux. Le peuple meurtri a crié son ras-le-bol et la mouvance a été prise de panique. Contrairement à la pratique de la mouvance qui fait déplacer les populations dans les cars pour venir marcher un peu partout, l’action spontanée de jeudi dernier a montré comment le peuple était fâché avec le régime en place. Prise de panique, depuis le lendemain vendredi 29 mai, toutes les sorties de la mouvance n’ont eu pour seul thème que la marche de l’opposition. Et en fait d’appréciation, aucun des hommes de la mouvance n’a eu l’honnêteté de reconnaître que le peuple était fâché parce que les populations meurent. Ils se sont pris simplement aux ténors de la politique béninoise comme des gens qui avaient géré jusqu’au mois d’avril 2006. Or, c’est parce que les Béninois voulaient une amélioration, qu’ils ont choisi d’essayer le changement avec un économiste qui leur avait promis sa capacité à mieux gérer le pays. La réalité économique et sociale du pays était bien connue de l’économiste. Et pourtant il a dit qu’il pouvait mieux faire. Un retour sur ses termes de campagne montre qu’il connaissait la réalité. Face aujourd’hui à une incapacité du gouvernement à satisfaire les attentes des Béninois, la mouvance doit avoir honte de venir déclarer que ceux qui ont marché n’avaient rien proposé par le passé. Ce disque est rayé. Car, les Béninois ne peuvent pas payer plus d’un million et demi chaque mois à chaque Ministre, trente au total, avec une kyrielle de conseillers et chargés de missions et acceptés qu’on ne prenne pas soins d’ »eux dans les hôpitaux. Ce qui se passe est assez grave. Il vaut mieux regarder la réalité en face et l’assumer. Car, jamais au Bénin, on n’a vu ceux qui se passe où un gouvernement va et vient cherchant des terres à cultiver, s’occupant d’autres choses, pendant que les populations meurent dans les hôpitaux pour une question de primes impayée et de promesses n’ont tenues par le gouvernement. La bonne gouvernance est aussi la capacité à mieux gérer tous les problèmes à la satisfaction des Béninois.
La panique générale
Aujourd’hui, la mouvance commence par sentir qu’il y a péril en la demeure par rapport aux marches payées qui sont exécutées tous les week-ends et une seule sortie de l’opposition. L’opposition qu’elle croyait minoritaire a battu le record de la mobilisation. Voilà le péché de l’opposition semblerait-il. La mouvance a plutôt intérêt à aider le gouvernement à satisfaire les populations que de proférer des injures contre des hommes politiques qui jouent leur rôle. Le peuple a longtemps interpellé l’opposition. Finalement, ses ténors sont sortis pour dire halte à l’hécatombe sous le changement. C’est leur rôle constitutionnel. Selon la Constitution, ce sont les partis politiques qui animent la vie politique et non des individus en quête de postes ministériels, des mouvements inconnus en quêtes d’avantages auprès du gouvernement. Si la seule marche de l’opposition peut déstabiliser la mouvance au point de la pousser aux abois, il faut bien que cette mouvance retourne se cultiver politiquement. La lecture expliquée de la constitution du 11 décembre 1990, la charte des partis politiques et tous les textes qui organisent l’animation de la vie politique et la gestion du pouvoir d’Etat devient nécessaire pour leur faire comprendre le jeu démocratique. Le Bénin n’est pas dans un régime dictatorial ou monarchique, où les autres n’ont pas voix au chapitre quand le dictateur ou le monarque parle. Car, à entendre tous ceux qu’ont raconté les hommes de la mouvance sortis depuis la marche de l’opposition, on peut emprunter au philosophe la réflexion selon laquelle « nul n’est méchant volontairement, le mal c’est l’ignorance ». Et pour combler leur ignorance, les arrivistes politiques du changement qui ignorent les textes doivent s’efforcer d’aller combler leurs lacunes.
Grégoire Amangbégnon
Journal LA PRESSE DU JOUR 03/06/09
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