Le pire est devant nous
Manifester des inquiétudes par rapport à la tournure que prendra la tension politico-sociale qui est à son paroxysme au Bénin, ne procède pas, loin s’en faut, d’un funeste penchant au pessimisme. Il ne procède pas non plus, d’un vilain plaisir à faire l’oiseau de mauvais augure. Il n’y a nullement l’intention de décourager les hommes et les femmes qui réfléchissent nuit et jour, pour que le Bénin continue de faire la différence en ce qui concerne sa légendaire stabilité politique. En revanche, c’est la même inquiétude qui nous pousse à nous interroger sur les éventuels prix à payer pour la restauration de la paix dans le pays. C’est vrai que le Bénin n’est pas encore dans une situation de crise majeure susceptible de déboucher sur un conflit politico-militaire. Ce qui suscite des inquiétudes est non seulement la réaction d’une certaine classe politique, qui n’hésite pas un seul instant à vitupérer le camp d’en face, chaque fois que celui-ci pose un acte d’envergure, mais surtout le séminaire politico-militaire organisé en ce moment par le ministère de la Défense nationale sur la cohésion nationale pour dit-on, préparer les Béninois toutes catégories socioprofessionnelles et confessionnelles confondues, à gérer une situation de crise majeure. Ce séminaire est-il anonyme ? Est-il lié aux tensions tous azimuts dans le pays ? Le séminaire politico-militaire a-t-il été initié pour préparer psychologiquement le peuple à une éventuelle crise ou a-t-il été organisé pour mettre en garde les forces coalisées de l’opposition contre tout dérapage en 2011 ? Autant de préoccupations qui hantent actuellement les esprits. C’est vrai que dans ses explications un haut responsables des forces armées béninoises a clairement indiqué que le séminaire politico-militaire sur la cohésion nationale est anonyme et n’a pas un quelconque rapport avec la situation politique nationale. Néanmoins, nous continuons de manifester des inquiétudes. Et nous voudrions que les disciples de la paix ne perdent pas de vue que les stratégies mises en œuvre pour aboutir à cette paix condamnent inévitablement celle-ci à n’être qu’une paix armée.Journal 24 HEURES AU BENIN 05/06/09
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