29 départements : Pouquoi faire ?
Le 14 mai 2009, le Conseil des Ministres « ça examiné le compte rendu des travaux de la Commission Nationale chargée de proposer au gouvernement un nouveau découpage territorial.Après analyse de la situation sociale et administrative, le Conseil des Ministres, en approuvant ledit compte rendu a décidé de porter à 29 le nombre de département de notre pays et a désigné par la même occasion les chefs lieux. Cette option du gouvernement procède de sa ferme volonté de réforme en profondeur, notre actuelle administration territoriale qui remonte au découpage territorial colonial de 1958. Sa nouvelle architecture territoriale qui entraînera plus tard l’adoption d’une nouvelle carte administrative avec la restructuration des actuels arrondissements et communes vise à :
- Rapprocher l’administration publique du citoyen béninois ;
- Marquer de façon significative la présence effective de l’Etat dans toutes les localités de notre pays ;
- Offrir un meilleur encadrement administratif aux citoyens et aux communes
- Favoriser le développement économique et social des communautés
Un projet de loi sera soumis à cet effet dans les prochains jours à l’Assemblée Nationale ». C’est le communiqué du Conseil des Ministres signé du premier secrétaire général adjoint du gouvernement.
Il s’agit d’une décision courageuse du gouvernement du Renouveau et du changement. Je n’ai pas l’habitude de le féliciter. Nous, observateurs de la classe politique, nous n’avons pas suffisamment insisté sur ce courage, car depuis 1958, malgré les coups d’état des syndicalistes, des militaires, aucun dirigeant au sommet n’a osé attaquer cette question de découpage territorial, car elle est sensible par le risque qu’elle véhicule de susciter ou de ressusciter les vieilles querelles tribales, les vieilles habitudes régionalistes.
Du temps du Président Kérékou, il avait essayé de s’y frotter en saisissant l’Assemblée Nationale. Celle – ci a arrêté des critères et a estimé que seul le gouvernement est compétent pour déterminer les chefs lieux des départements. C’est le signe que personne ne veut s’y engager puisque Kérékou prudent comme un serpent n’a pas cherché à mettre en exécution la loi votée à cet effet. Boni Yayi vient de le faire et va, est-il dit, un projet de loi à l’Assemblée Nationale. Il s’agit d’un acte de courage politique, car le Bénin est le seul dans la sous région à n’avoir plus touché depuis plus de 60 ans à sa carte territoriale. Même si l’’Assemblée Nationale, hésite, tergiverse comme elle en a pris l’habitude, l’exécutif aura pris ses responsabilités.
Je note que deux communes ne sont pas contentes de n’avoir pas été choisies comme chefs lieux de département. Un député dit urbi et orbi que le projet sera rejeté mais n’a pas donné de justification. Peut être le produira-t-il en plénière à l’Assemblée Nationale. Mais comme depuis quelque temps il est inscrit aux abonnés absents, alors il rejettera par procuration le projet de loi.
Oui ! Ce découpage territorial est une nécessité. Il n’y a pas de découpage territorial neutre. Dès qu’on « découpe » on fait mal dans la vie. On fait du bien aussi, car des communes vont être revisitées, des arrondissements vont être revus aussi. La commune de Tchaourou est la plus vaste de toutes nos communes et elle fait frontière beaucoup de nos départements avec et avec le Nigéria. Des territoires énormes comme Tchaourou devraient être refondées. Ce n’est qu’un exemple.
Certaines personnes peuvent se demander pourquoi 29 départements ? Pourquoi pas 77 calquant la configuration territoriale sur les communes ; comme c’est fait pour Cotonou.
C’est vrai ! Dans ce qui est découpé tout est objet ou tout peut faire l’objet de critique. Même si on adoptait 77 départements il y aurait des observations. Ainsi, on dirait les communes actuelles deviendraient départements, et les actuelles arrondissements seraient communes.
Pourquoi pas ? Mais avons – nous les ressources humaines et financières ? Par ces temps où les Etats se serrent la ceinture et se demandent où trouver les ressources financières, est-il décent de créer des plages de dépenses ? N’est-il pas plus judicieux de procéder par petits pas ?
En réalité, le problème de nos dirigeants et de nos concitoyens décideurs, c’est de manquer de vision prospective sur l’avenir ou se projeter vers le futur. Dans la mesure où il est indispensable que notre pays sorte de son microcosme il est nécessaire que le pays avance, progresse, aille au-delà de l’émergence, car elle – ci comporte encore une secrète notion statique, car une émergence qui s’arrête, qui n’est pas un processus ou en situation de découverte continuelle ne permet pas de conduire notre pays en perpétuelle effervescence.
Par conséquent, 29 départements, ce n’est pas trop. Les députés et tous les hommes politiques soucieux du développement régionalisé doivent l’accepter, prêcher pour l’adoption du projet de loi. En effet, il n’y a là rien qui doive justifier qu’une opposition responsable se mette en travers. Se battre pour dire que je veux que telle ou telle vielle devienne chef lieu du département est insensé. La preuve flagrante aujourd’hui, c’est que Porto – Novo est dite capitale et Cotonou est économiquement plus avancée qu’elle, même politiquement, même socialement, même humainement parce que les Porto – Noviens quand ils se sont battus pour leur ville n’ont pas jugé utile de s’y investir et d’investir alors qu’ils ont des moyens et qu’ils le peuvent. Par conséquent, l’essentiel c’est de savoir ce que l’on veut faire du chef lieu, de ce que les citoyens de la localité veulent en faire. D’ailleurs, Abomey et Bohicon sont dans la même situation.
Nous comptons trop béatement sur le gouvernement, sur l’Etat alors que dans notre pays je jure qu’il doit y avoir quelques Béninois qui en richesse matérielles et financières, en surface économique sont aussi bien lotis que le gouvernement.
Il est malséant qu’après que certains se sont bagarrés comme des chiffonniers comme ils ont eu à le faire s’installent pour savourer leur victoire, ou s’assoient pour broyer du noir au lieu de se mettre au travail dans leur localité pour la construire, la bâtir pierre par pierre, brique par brique. C’est cela le patriotisme, c’est cela l’amour de la patrie. Ce n’est pas un idéalisme, c’est du réalisme, car nul ne sera à notre place pour faire avancer notre localité.
Urbain Thognon, Analyste
Journal NOUVELLE EXPRESSION 10/06/09
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