Soutien du Bénin à la candidature de Tidjani Serpos à l’Unesco: Le gouvernement doit s’expliquer
Depuis un moment, certaines rumeurs font état de ce que la candidature de notre compatriote Nouréini Tidjani Serpos à la direction générale de l’Unesco n’aurait pas la bénédiction de la Marina. Une situation déplorable qui oblige le gouvernement à s’expliquer.La promotion des cadres dans les institutions internationales a été l’une des principales recommandations du dernier forum des diplomates béninois tenu à Cotonou les 26 et 28 février 2009. L’un des constats de ce forum est que les cadres béninois sont peu présents dans les institutions internationales à l’instar des Sénégalais et des Maliens. Selon les investigations, il existe actuellement à peine deux ou trois Béninois en poste dans les institutions internationales. Jusqu’en 2006, le Bénin avait seulement trois représentants. Il s’agit de Nouréini Tidjani Serpos, de François Guezo et de Jean Roger Ahoyo. Après le départ de ce dernier à la retraite, deux jeunes en occurrence un fils de Maurice Ahanhanzo-Glèlè et un autre de feu Basile Kossou ont connu une promotion internationale à cause des relations de leur père. Face à ce constat alarmant, le gouvernement du Changement comme à l’accoutumée a promis prendre toutes les dispositions pour combler ce retard. Dans ces conditions, plus rien ne pouvait empêcher le Bénin de soutenir la candidature du compatriote Nouréini Tidjani-Serpos au poste de directeur général de l’Unesco. Ce qui n’est pas le cas actuellement . Tidjani N. Serpos n’est pas soutenu par sa patrie. En lieu et place le Bénin soutiendrait une Bulgare.
Une vive condamnation
Face à cette situation peu reluisante, nombreux sont les Béninois de l’extérieur qui ont commencé par exprimer leur ras-le bol vis-à-vis du régime du Changement « La candidature de Tidjani n’est pas politique », « ce sera une perte pour l’Afrique et pour le Bénin », « Tidjani serpos doit maintenir sa candidature », telles sont quelques réactions de ces Béninois La réaction la plus vive a été celle du Dr Afolabi Biaou, un compatriote résident à Paris qui se basant sur un article de notre confrère du Grand Journal écrit le 9 juin 2009 sur internet « Soutenir une autre candidature aujourd’hui que celle de TIDJANI Serpos est une trahison de la part du gouvernement béninois. Trahison de la confiance que le peuple béninois a placée en ce gouvernement pour défendre ses intérêts dans le monde », s’indigne t-il. Certaines sources affirment qu’un ambassadeur du Bénin en poste dans un pays européen est en train discrètement de demander à M. Tidjani Serpos de ne pas se présenter. Ce n’est pas la première fois que se pose le problème de positionnement des cadres béninois sous l’ère du Changement. On se souvient des cas de Moïse Mensah et de Célestine Zannou. Le plus grave est celui de l’actuel président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) Abdoulaye Bio Tchané qui n’aurait pas reçu l’onction du président Boni Yayi. La réaction du gouvernement est vivement attendue.
Les déclarations du Dr Afolabi Biaou
« Ma réaction qui suit n’est à prendre en compte que si l’information donnée par DP Le Grand Journal est vraie. Au cas contraire il ne faut pas la retenir. Si donc c’est vrai, je pense que rien ne peut justifier le soutien du gouvernement béninois à une candidature autre que celle de notre compatriote TIDJANI Serpos. Soutenir une autre candidature aujourd’hui que celle de TIDJANI Serpos est une trahison de la part du gouvernement béninois. Trahison de la confiance que le peuple béninois a placée en ce gouvernement pour défendre ses intérêts dans le monde. C’est le moins qu’on puisse dire. Quelle que soit la transaction conclue rien ne garantit que la partie d’en face la respectera après l’élection de sa candidate. Et quelle serait cette transaction qui serait au-dessus des intérêts du peuple béninois que le gouvernement ne dévoile pas ? En mon sens il ne faut pas voir la personne, l’individu TIDJANI Serpos dans sa candidature, mais il faut y voir le peuple béninois représenté. Alors le gouvernement béninois est-il là pour fouler aux pieds les intérêts de son peuple dans les institutions internationales ? Estime-t-il que TIDJANI Serpos n’est pas capable de diriger l’UNESCO après tant d’années d’expérience dans les rangs de cet organisme des Nations Unies ? TIDJANI Serpos a-t-il démérité aux yeux du gouvernement de son pays pour qu’il soit rejeté par lui au bénéfice d’un autre pays ?
Le soutien des Béninois dont je fais partie à la candidature de TIDJANI Serpos n’est ni du chauvinisme, ni du racisme. Mais c’est du patritotisme.
Souvenons nous du soutien ferme du Sénégal à la candidature du Professeur Amadou M.MBOW pour cette même direction générale de l’UNESCO, face au candidat espagnol. Le Pr MBOW a tenu tête jusqu’au bout à son challenger, et les scores étaient serrés entre les deux candidats ; souvenons nous de cela. Si le Pr MBOW avait finalement lâché, ce n’était pas parce qu’il n’était pas valable, car il avait suffisament prouvé sa compétence aux yeux du monde entier à travers les scores serrés. Il avait fait la fierté de toute l’Afrique de par sa tenacité à ce combat et sa compétence prouvée. Pourquoi le Bénin ne suivrait-il pas ce bon exemple du Sénégal ? Pour ma part, j’encourage monsieur TIDJANI Serpos à maintenir sa candidature jusqu’au bout.
Le gouvernement béninois est placé alors devant sa responsabilité historique : choisir de le soutenir, ou choisir de le dévaloriser publiquement c’est à dire de trahir le peuple béninois en le privant de son soutien. Mesdames, messieurs les membres du gouvernement béninois, vous êtes laissés à votre conscience. L’Histoire vous jugera. « Fin de citation.
Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 11/06/09
Publicité