Nouvelle nomination au ministère des finances après quelques heures d’intérim de Koupaki : Boni Yayi distrait le peuple: (Il banalise la fonction ministérielle)
Yayi-boni-souciLe pouvoir à l’ère du changement a véritablement atteint son apogée. Les actes majeurs qui ont jusque-là caractérisé ce pouvoir sont à l’antipode des valeurs prônées à cor et à cri. La transparence et la bonne gouvernance ne sont que des slogans, malheureusement vides de sens. Dans la pratique, elles ne sont que des incantations. Sinon, comment comprendre que le Chef de l’Etat puisse se foutre aussi royalement de la fonction ministérielle au point de la réduire à une banalité.Après le départ du ministre Soulé Mana Lawani, l’intérim assuré par son ex-collègue Pascal Koupaki à la tête du ministère des finances et de l’économie n’a duré que le temps d’un feu de paille.
Dans la nuit d’hier en effet, c’est sur M. Idriss Daouda, ancien Directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest que Boni Yayi a jeté son dévolu pour occuper le très sensible fauteuil de ministre des finances et de l’économie. L’information a été d’ailleurs relayée par la chaîne de télévision privée Golfe TV sans que le ministre porte-parole du gouvernement ne la démente. Cette nouvelle nomination vient d’ailleurs confirmer les rumeurs qui avaient circulé et qui avaient fait état de ce que le ministre Pascal Koupaki n’avait pas accepté de gaîté de cœur d’assurer l’intérim de Soulé Mana Lawani limogé du gouvernement pour des raisons fallacieuses. L’évidence est en tout cas là et montre aujour-d’hui que le limogeage de l’ancien ministre Soulé Mana Lawani n’est pas accepté par l’entourage même du Chef de l’Etat. Boni Yayi avait envie de se débarrasser de son collaborateur. Et comme qui veut tuer son chien ne peut que l’accuser de rage, il n’a pas hésité à lui accrocher au cou une faute lourde. Seulement que l’argument avancé pour sauter le fusible Soulé Mana Lawani est loin de convaincre. Il est tout simplement fallacieux.
Toute proportion gardée, le jeu auquel s’est livré le Chef de l’Etat entame sérieusement le peu de crédit que le Bénin a auprès de ses partenaires et de l’opinion publique internationale. Au Bénin, on peut le dire sans risque de se tromper : la fonction ministérielle n’est qu’une banalité. Usant des prérogatives que lui confère la Constitution, le président Boni Yayi fait de ses ministres ce qu’il veut. Une fois encore, l’acte posé par le Chef de l’Etat apporte de l’eau au moulin du Chef de file des Tchoco-Tchoco qui avait déclaré que le pouvoir du changement est caractérisé par une improvisation congénitale. Le risque est grand. En choisissant d’abuser des prérogatives que lui confère la Constitution du 11 décembre 1990 qui dispose en son article 54 alinéa 3 que : « le président de la République nomme, après avis consultatif du bureau de l’Assemblée Nationale, les membres du Gouvernement; il fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions…), Boni Yayi fragilise sans le savoir son pouvoir en même temps qu’il ne rassure plus son peuple.
Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR 12/06/09
Publicité