Propagande politique de Gbadamassi:Risque d’un clivage Nord-Sud sur 2011
Rachidi Gbadamassi serait adulé par les populations du septentrion parce qu’il leur fait croire que le Sud veut arracher le pouvoir au Nord en 2011. Un discours qui comporte un risque de trouble régional entre les deux parties du pays et le danger imminent, est que ses propos pourraient réveiller les vieux démons, qui par le passé frappaient les sudistes résidant au nord lors du vote.Tous les Béninois épris de paix sociale et de cohésion nationale ne doivent pas banaliser la propagande politique sur fond de régionalisme de l’ancien maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi. Désormais, nouvel allié du chef de l’Etat, il prend fait et cause pour celui qu’il a qualifié de dangereux pour le pays et qu’il a promis de chasser du pouvoir parce que, lors des élections législatives de 2007, il l’avait accusé durant toute la campagne de ce dont il n’est pas responsable. Peut-être qu’après cette période d’hostilité réciproque les deux se sont vus pour fumer le calumet de la paix. Maintenant qu’il est de l’autre côté, il se lance dans une campagne de destruction, de dénigrement et de propagande politique mal inspirée. Son discours sans cesse agaçant, ses appels provocateurs à l’endroit de ses anciens alliés à rejoindre la mouvance présidentielle et son message de haine et de division pour opposer le Nord et le Sud sont devenus l’argument qu’il sert à des populations à qui il ne faut pas en vouloir. Depuis qu’il a investi le Nord, parcourant localité après localité, hameau après hameau, commune après commune, département après département, le dernier en date étant celui de la Donga, il faut se rendre compte qu’il s’adresse le plus souvent à une cible qui n’a pas encore compris qu’il veut mettre le feu à la Nation. Rachidi Gbadamassi a dans la bouche un produit inflammable, qui à tout moment peut s’enflammer. Il aurait suffi qu’il existe en face, un autre lui-même qui se lance dans la même campagne régionaliste à l’endroit des populations du Sud et le pays aurait basculé dans l’affrontement. Les observateurs de la vie politique veulent croire que dans la lutte pour 2011, Rachidi Gbadamassi soutenu par le parti au pouvoir, n’est pas en train de commettre l’irréparable.Avant toute chose, il faut se demander si l’intéressé, député de son état se rend compte du risque qu’il fait courir au Bénin dans sa nouvelle mission de prédateur de la paix et de bourreau de l’esprit fraternel qui a toujours prévalu entre le Nord et le Sud. Assurément non. De plus, l’homme vous dira qu’il veut déjouer un complot, sinon une conspiration en préparation contre la Nation. Dans sa tête, il pense que par le biais de son périple, il va se rendre crédible ou fréquentable vis-à-vis du chef de l’Etat qui porté par son désir de rempiler ne refuse plus de composer avec les politiciens de tout acabit. Car, ce dont il s’agit ici, c’est bien les élections présidentielles de 2011. C’est ce qui fait courir Rachidi Gbadamassi et le Président de la République. Le même enjeu ne permet pas aux opposants du régime de dormir tranquillement. Et si Rachidi Gbadamassi dit vouloir déjouer un complot contre le Nord, il fait allusion à l’alternance que prône une grande partie de la classe politique qui, selon elle pour 2011 avec le départ de l’actuel président de la République Yayi Boni. Il y a encore un moment, le député de la 8ème circonscription se faisait le porte flambeau de cette lutte au sein de l’opposition. Mais l’homme n’ayant jamais eu de conviction mais plutôt des intérêts a trahi ses positions tranchées. Celui qui trempait sa langue dans du vitriol pour commenter la gestion du régime en place est devenu le premier chantre du Changement. C’est son droit, car comme le dirait l’autre il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas en politique ». Rachidi Gbadamassi a le droit d’aller ou il veut, de défendre qui il veut et comme il l’entend. La Constitution en son article 25 le lui permet, en lui garantissant même les libertés de réunion, d’association. Mais il n’a pas le droit de bêtifier les populations du Nord et paver la voie à l’explosion. Car, après tant d’acquis en faveur de la paix, il est indécent, irresponsable, machiavélique de remuer les circonstances qui ont plongé le Bénin dans une ère de psychose permanente en période électorale. Ne pas entrevoir les conséquences des dérives que le nouveau chantre du Changement engendre par ses actes, c’est refuser de voir en face le risque que constitue le voisinage entre un combustible et une allumette. Il ne manque que le geste pour mettre le feu. On en n’est pas loin. Il ne faut pas attendre 2011 pour comprendre cela. Il ne faut pas attendre cette échéance pour constater que c’est Rachidi Gbadamassi qui a eu à dire il y deux ans, ce qui fait que des ressortissants du Sud vivant au Nord ne peuvent pas sortir pour aller voter, sous peine de se faire chicoter ou de disparaître comme à une certaine époque. C’est pourquoi, il faut arrêter le pyromane dans sa tragédie programmée. En 1993, le Togo a connu des évènements malheureux qui ont laissé des impacts négatifs jusqu’à présent et ont arriéré le pays. Les ivoiriens ont connu la triste histoire de leur pays depuis 2001 et ils ne s’en sortent pas encore. Tout peut arriver au Bénin. C’est pourquoi, les forces vives de la Nation doivent se lever pour prévenir le risque d’explosion entretenu par Rachidi Gbdamassi et encouragé par les caciques du régime. Il faut qu’il arrête d’opposer le Nord et le Sud au nom de leurs intérêts égoïstes. Le plus tôt serait le mieux, car parmi eux il y en a qui agissent par conviction. Ceux-là sont plus dangereux. Ils ont en main un matériau très fragile qui peut se briser. De part leur manière de faire Rachidi Gbadamassi en tête, ils incitent les populations du Septentrion à organiser des représailles au moment venu. Ils ont un difficile devoir de mémoire.
FN
Journal LE MATINAL 16/06/09
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