Menace sur l’unité nationale : Comment le gouvernement entretient une hypocrisie pernicieuse
La ville de Djougou a abrité au cours de la semaine écoulée une grande prière musulmane pour la paix et l’unité nationale. Des membres du gouvernement et conseillers techniques du président Boni Yayi ont pris part à cet office religieux. Le hic, c’est que c’est la même commune de Djougou que l’honorable Gbadamassi a choisi pour organiser un meeting au cours duquel il a tenu des propos qui ne sont pas de nature à garantir l’unité nationale sans que le gouvernement ne le rappelle à l’ordre.De plus en plus au Bénin, on assiste de façon insidieuse à une avalanche de propos régionalistes qui ne sont pas de nature à garantir la paix et l’unité nationale que le Général Mathieu Kérékou a mis des années à construire. L’échéance de 2011 qui pointe de plus en plus son bout de nez met en effet les hommes politiques béninois en transe. Après Nicaise Fagnon qui a décrété de façon unilatérale que la commune de Dassa appartient au président Boni Yayi et à la mouvance présidentielle et qu’aucune autre force politique ne peut venir s’exprimer là, c’est à une dérive verbale du député Rachidi Gbadamassi qu’on assiste depuis quelques semaines. Pour justifier sa honteuse transhumance, l’ancien député Upr viré par ses amis pour escroquerie politique sillonne les communes du Nord-Bénin pour allumer le feu du régionalisme. Le clivage Nord-Sud qui a été éradiqué au prix de moult efforts par le Général Mathieu Kérékou est ravivé par ce député en mal d’arguments politiques pour justifier son divorce d’avec sa famille politique. Sans résistance aucune, même pas celle du gouvernement qui détient les prérogatives de rappeler à l’ordre tout politicien qui s’écarte de la charte des partis politiques et des dispositions de l’article 5 de la Constitution du 11 décembre 1990. Cet stipule : « Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la Charte des Partis politiques. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité territoriale et la laïcité de l’Etat ». Foulant aux pied cette disposition, Rachidi Gbadamassi entretient la flamme de la division. Dans cette croisade contre la paix et la stabilité sociale au Bénin, l’honorable Gbadamassi bénéficie du soutien du gouvernement et c’est d’ailleurs sans velours qu’il le proclame. Ne pas arrêter cette dérive et organiser une séance de prière pour implorer la grâce du Tout-Puissant Allah afin qu’il consolide l’esprit pacifiste qu’ont les Béninois relève d’une hypocrisie pernicieuse entretenue par le pouvoir Exécutif qui a choisi de ne rien dire puisque les propos de Rachidi Gbadamassi arrangent son Chef.
Euloge Badou
Journal LA PRESSE DU JOUR 16/06/09
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