Jean Gounougbé se trompe de cible
De l’avis des observateurs avertis de la vie politique, le chargé de mission du chef de l’Etat Jean Gounougbé, qui a cru devoir répondre au tollé général suscité par les déclarations anti-démocratiques tenues par Nicaise Fagnon à Dassa, a lamentablement déçu. Cette frange de la population béninoise, en effet, est indignée par les réponses évasives, désinvoltes et la risible phraséologie frisant l’intimidation de M. Gounougbé. Au cours de sa sortie médiatique le week-end écoulé dans les Collines, il n’a ménagé aucun effort pour vitupérer les médias qui ont diffusé les propos régionalistes et ethnocentriques du ministre Fagnon. Pour lui, cette séquence des déclarations ne devrait pas être diffusée dans les médias. Tout comme si les professionnels des médias sont comptables de cet acte anti-démocratique développé par Nicaise Fagnon dans les Collines. L’Assemblée nationale n’a pas encore désigné ses représentants à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) quatrième mandature à ce qu’on sache, pour qu’il se livre à une campagne d’intimidation dénuée de tout fondement. On a l’impression qu’il ignore le mode de fonctionnement des professionnels des médias. Pour rappel, les animateurs des médias sont libres de choisir l’angle de traitement d’un événement. Et les propos objets d’interpellation de la Haute Autorité à l’Assemblée nationale sont si gravissimes que la presse ne pouvait ne pas en parler. Vouloir aujourd’hui lui imputer la responsabilité de cet égarement du ministre Fagnon n’est pas honnête. C’est vrai que l’intimidation constitue toujours un refuge lorsque la force des arguments bat en retraite. Ainsi, à défaut de recourir à la force des muscles, elle use de chantage. Mais, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Chacun doit assumer les conséquences de ses actes. Ceci, le chargé de mission du chef de l’Etat doit le savoir. Le Bénin a fait l’option d’un Etat démocratique et il appartient donc à tous de respecter les règles. Il y a aussi le fait que dans ce dossier, la crédibilité du gouvernement est en jeu. C’est pourquoi les personnes au pouvoir et celles qui les soutiennent doivent garder présent à l’esprit, l’obligation qu’elles ont de respecter le principe du multipartisme intégral.Journal 24 HEURES AU BENIN 17/06/09
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