Gbadamassi et l’enjeu de l’unité nationale

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

De graves menaces pèsent désormais sur l’unité nationale. Est-il exagéré de relever comme acquis politique sous les mandats successifs du président Mathieu  Kérékou la bonne gestion de la question de l’unité nationale ? En tout cas les Béninois retiendront  que la question de la préservation de l’unité nationale et de l’équilibre interrégional était un souci permanent du Général Kérékou.
Et il semble y avoir réussi, parce que sous son régime, il n’y avait pas de propos attentatoires à la démocratie, à la paix. Sous l’actuel régime, et depuis les incursions sur la scène politique d’Abdoulaye Bio-Tchané et la récupération par la mouvance présidentielle du phénomène Rachidi Gbadamassi, il semble dès à présent que tous les coups sont permis.  Fait rare, nous avons assisté la dernière fois sur la chaîne de télévision publique, à une dérive verbale inadmissible du nouveau poulain de Yayi Boni. Il répétait à qui voulait l’entendre, que la probable candidature de l’actuel président de la Boad était « la formule des compatriotes du Sud, qui consiste à opposer les deux frères du Nord, afin de pouvoir ramener le pouvoir dans la région méridionale ».
On s’attendait de la part du pouvoir que de tels propos, dangereux pour la démocratie, et la cohésion nationale soient suivis de rappel à l’ordre, de désaveu et d’une nette démarcation du pouvoir. Mais rien n’y fit. Ce qui voudrait dire que qui ne dit rien consent et qu’il y a un peuple élu dont la vocation est de diriger et de garder le pouvoir. Nombre de Béninois ont été choqués et offusqués par de tels propos à but électoraliste de la bouche d’un député national. Le choc est d’autant plus grand, parce que lorsque je vote pour Mathieu Kérékou, Yayi Boni, ou éventuellement Bio-Tchané, on n’a pas le sentiment de voter pour un fils de telle ou telle région. J’ai la conviction de porter mon suffrage sur un Béninois capable de gérer les affaires du pays, dans le respect de la constitution,  de garantir la sécurité et de travailler pour le rayonnement du Bénin à l’extérieur. La conséquence directe de telles déclarations sur les médias publics, c’est de solidariser sans le vouloir, les populations des  autres régions que celle du septentrion, autour du fils du terroir.
Si le gouvernement ne sanctionne pas de telles dérives sectaires, il ouvre la voie à toutes formes de violences. La violence structurelle, institutionnelle, politique, ou la violence  tout court.  Quand Rachidi Gbadamassi, dont la  félonie n’est un secret pour personne, dit de telles inepties, il  ignore malheureusement à quoi il expose le Bénin et son nouveau leader. Si dans les heures qui suivent, on ne rappelle pas à l’ordre cette nouvelle recrue de Fcbe, ou si on ne tempère pas ses élans régionalistes, Boni Yayi perdrait automatiquement la confiance de bon nombre de Béninois, en l’occurrence celle des cadres et des intellectuels,  qui avaient toujours pensé que Boni Yayi est le candidat de rassemblement. Gdadamassi dont on connaît les antécédents judiciaires, ne rendrait aucun service au régime du changement par des déclarations qui risquent de mettre le feu à la République et de mettre à mal la cohésion nationale.

Brice OGOUBIYI  
Journal NOUVELLE EXPRESSION 16/06/09
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Publié dans Politique nationale

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