Le président du Psd face à la presse à Dakar : Les menaces sur la démocratie au Bénin, selon Amoussou
De réelles menaces planent sur la démocratie béninoise. C’est le constat de Bruno Amoussou, qui de passage à Dakar dans le cadre d’une réunion du Comité Afrique de l’Internationale Socialiste, a présenté son ouvrage « l’Afrique est mon combat » aux médias, le samedi dernier.Malgré son agenda serré, le président du Parti social-démocrate (Psd) a trouvé « un bout de temps » pour rencontrer les journalistes de la presse locale et internationale dans un restaurant célèbre de la capitale sénégalaise. Seul objet de cette conférence de presse, la présentation du livre « L’Afrique est mon combat » sorti en mars dernier aux Editions l’Archipel en France. L’auteur, Bruno Amoussou a rappelé la quintessence de son ouvrage qui est « une contribution à l’histoire contemporaine du Bénin et de l’Afrique ». Les journalistes ont découvert, au travers du résumé du livre, que le président du Psd est l’un des bâtisseurs de la démocratie béninoise. Du coup, il est interpelé sur l’actualité politique au Bénin qui « est mouvementée », selon certains journalistes.
Sans alarmer l’opinion internationale sur la situation politique, Bruno Amoussou a indiqué que la démocratie béninoise « connaît actuellement de réelles menaces ». Ses inquiétudes sont étayées par des exemples qui ternissent l’image du Bénin, considéré comme un élève modèle dans le processus du renforcement de la démocratie en Afrique. Le leader du PSD, qui soutient mener un « combat permanent » pour le respect des normes démocratiques avec les autres forces politiques de son pays, a donné l’exemple d’un ministre du gouvernement actuel du président Boni Yayi « qui a déclaré publiquement son refus de voir les responsables des autres partis politiques s’opposer au camp présidentiel, s’adresser aux populations de sa région ». Ainsi il a justifié l’interpellation du président de la république par l’Assemblée Nationale. Pour Bruno Amoussou, le président doit s’expliquer publiquement sur cette « dérive verbale grave » du ministre. « Le camp présidentiel, au lieu de dénoncer les déclarations du ministre en question a préféré les banaliser. Or ce type de déclaration menace l’unité nationale », a regretté M. Amoussou, qui déplore par ailleurs que le contentieux sur les dernières élections locales et municipales organisées il y a plus d’un an, ne soit pas encore vidé « à cause de la volonté du gouvernement en place ».
« Lorsqu’une situation pareille se passe, nous considérons qu’il y a une menace sur la démocratie. Le gouvernement veut discipliner et normaliser les institutions du pays pour que la démocratie béninoise soit comme ce qui se passe dans plusieurs pays en Afrique », a renchéri Bruno Amoussou, qui espère que les Institutions républicaines retrouveront leur autonomie de penser et d’agir pour le renforcement de la démocratie au Bénin. Même ayant soutenu Boni Yayi au second tour de l’élection présidentielle de 2006, le président du Psd dit ne pas cautionner les dérives du gouvernement. « Lorsqu’un front accède au pouvoir et qu’il fait tout pour éviter que les autres y accèdent, cela pose problème », précise-t-il, en invitant à l’union toutes les forces politiques qui ne partagent pas ces dérives. « La liste des dérives du gouvernement actuel est longue et je passerais tout mon temps à les énumérer au cours de cette conférence de presse consacrée à la présentation de mon livre », a indiqué le président Bruno Amoussou, visiblement peiné d’évoquer les menaces qui planent sur la démocratie de son pays. A l’issue de cette conférence de presse, les médias sénégalais auront découvert un homme politique influent de la scène politique béninoise et africaine. De diverses questions sur l’actualité en Afrique ont été également au cœur des échanges entre Bruno Amoussou et les journalistes.
Ismaël Ndiaye (Correspondant à Dakar)
Présidentielle de 2011 au Bénin
Bruno Amoussou est l’un des leaders politiques du Groupe G4. Il a révélé que « l’opposition non déclarée » travaille pour arriver à une candidature unique pour la présidentielle et une liste unique pour les législatives. Par ailleurs, il a confié qu’il ne trouve aucun inconvénient à la probable candidature d’Abdoulaye Bio-Tchané, actuel président de la Boad. « C’est le moment pour tout Béninois qui le désire, de déclarer ses intentions présidentielles. », a renchéri, le président du Psd.
Projet de référendum constitutionnel au Niger
Bruno Amoussou a appelé le président nigérien Mamadou Tandja, qui souhaite organiser un référendum pour modifier la constitution de son pays, à abandonner ce projet « pour éviter d’engager le Niger dans une direction dangereuse ». « Je ne souhaite pas que ça soit lui (Tandja) qui engage le Niger sur cette voie après avoir fait tant pour promouvoir la démocratie dans son pays et dans la sous-région », a soutenu M. Amoussou. « L’Afrique de l’Ouest est en train de sortir de la crise ivoirienne qui va sceller le retour de la stabilité dans la région. Il ne faudrait pas que le Niger sombre également dans une crise » a-t-il insisté.
Fédéralisme continental
L’auteur de l’ouvrage « l’Afrique est mon combat » a estimé que les élites africaines doivent reprendre le chemin du fédéralisme continental à travers la création de communautés politiques régionales. Pour Bruno Amoussou, c’est la construction d’une Afrique forte qui est l’unique perspective qui s’offre au continent. « Nous sommes obligés de sortir du cadre dans lequel nous sommes aujourd’hui. Il faut par exemple dépasser la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et créer une Cedeao politique », argumenté Bruno Amoussou.
I. N
Journal LE MATINAL 22/06/09
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