Présidentielle 2011 Le silence qui ruine les chances de Me Houngbédji

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Même s’il nourrit l’ambition d’être le candidat unique du G4 et par conséquent éviter des déclarations qui pourraient le compromettre auprès de ses partenaires, le silence de Me Adrien Houngbédji sur certains dossiers clé de la Nation constitue une épine à ses pieds et pourrait lui coûter cher dans sa course dernière course pour briguer la Magistrature suprême.
Le candidat naturel du Parti du renouveau démocratique est incompris des électeurs béninois ou c’est plutôt lui qui ne les comprend pas. Aux plus forts moments des critiques et invectives justifiées des populations contre le régime de Mathieu Kérékou, il s’offre le luxe de caresser ce régime dans le sens du poil et s’était mis les électeurs béninois à dos. Conséquence : tout son rêve de succéder à Mathieu Kérékou était tombé comme un château de cartes. Un rêve brisé, un avenir politique compromis au point de le contraindre de négocier avec ses pires ennemis d’hier qui eux avaient maintenu leur position de forcer Kérékou à renoncer à son projet funeste de révision opportuniste de la Constitution. Bruno Amoussou en tête, épaulé par Nicéphore Soglo dont on connaît les diatribes légendaires contre Kérékou sans oublier Séfou Fagbohoun Antoine Idji Kolawolé et autres Lazare Sèhouéto dont la témérité avait été de contredire le président Kérékou et ses sbires alors qu’il faisait partie de son gouvernement ont chanté à l’unisson le même discours : « non à une révision opportuniste de la Constitution oui à une élection libre et transparente à bonne date ». Dans le même temps, Me Adrien Houngbédji et son Prd, comme un troisième larron était s’était emmuré dans un silence opportuniste espérant des dividendes d’un retour de l’ascenseur que désespérément ils n’ont pas eu. Résultat : Kérékou n’a pas pu réviser la constitution à sa guise, les élections ont été organisées et Me Houngbédji est tombé du haut de son piédestal. La mayonnaise thoco thoco n’a pas pris. Mais semble-t-il, Houngbédji n’a pas compris les signaux que les Béninois lui ont envoyé depuis 1991 qu’il est dans le starting-block pour courir le mandat présidentiel. Moins de contact avec la population, distant par rapport aux difficultés que rencontrent des gens qu’il prétend diriger et cerise sur le gâteau moins de prise de parole, moins de critiques contre les actions des gouvernements antécédents et mêmes résultats aux élections présidentiels.

On prend les mêmes et on recommence
Aujourd’hui, l’opportunité est offerte comme sur un plateau d’argent à Me Adrien Houngbédji de réaliser son rêve vieux de 20ans, dans l’hypothèse de l’échéance de 2011. Une machine de mobilisation que constituent le G4 et ses alliés. La démonstration de force du G4, G13 et Force Clé contre la situation délétère dans les hôpitaux en mai dernier est bien la preuve que Boni Yayi est de plus en plus circonspect et retenu sur ses intentions de 2011. Moins de propagande et plus cohésion et d’ouverture au sein des forces qui le soutiennent. Mais et Me Houngbédji ? Le silence, toujours le silence et encore le silence sur des dossiers de gouvernance, de vie chère, de difficulté de trésorerie, de grève dans tous les secteurs de la vie nationale qu’il pourrait prendre à son compte en faisant des propositions à ses concitoyens, en faisant des contre propositions aux initiatives prises par le gouvernement, bref en organisant et en structurant une opposition constructive, que dis-je une alternative aux Béninois afin qu’ils se décident à lui accorder leur suffrage, sûrs de ses propositions et de son ambition pour le Bénin. Cette recette a fait fortune sous d’autres cieux et Me Houngbédji n’inventerait rien s’il emprunte ce chemin de réalisme politique qui a payé au Sénégal et dans bien d’autres contrées.

Le G4, G13 et Force Clé d’accord mais, s’il était désigné, Houngbédji sera seul à convaincre les Béninois. Son passé ne manquera pas de lui coller à la peau comme une cicatrice et en politique les erreurs du passé ne s’effacent pas si vite de la mémoire collective. Et Dieu seul sait que ce passé ne plaide pas en sa faveur. Seul l’engagement politique du leader des Thoco-thoco pourra faire rêver des milliers de Béninois qui croient encore en ses chances pour 2011. Au finish, il sera seul à l’heure du bilan, de son bilan. 

Valère D. MEDEGNONWA 
Journal NOUVELLE EXPRESSION 19/06/09
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Publié dans Politique nationale

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