Face à la majorité du côté de la mouvance pour la désignation à la Haac et au Ces :Trahison dans l’opposition à Yayi Boni
Les députés réunis au sein du bureau de la cinquième législature ont enfin désigné hier lundi 22 juin 2009 leurs représentants à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et au Conseil économique et social (Ces). Après plus de huit heures de conciliabules et d’intrigues, la majorité qui a basculé dans la mouvance a conduit chaque acteur de l’opposition à sauver sa tête.Pour une fois depuis la prise de position d’un groupe hostile au pouvoir Yayi Boni, les parties prenantes de l’opposition non déclarée à l’Assemblée nationale se sont trahies. Parce que chacun était arrivé dans la salle avec son propre schéma. Alors qu’il était impossible de poursuivre les travaux la semaine dernière pour la désignation des représentants du Parlement à la Haac et au Ces, le rendez-vous d’hier aura été long, hautement politique, houleux et fait d’intrigues et de trahison. Démarrée à exactement 11 heures hier, c’est plus tard un peu après 19 heures que la réunion du bureau convoquée pour la cause a pris sur une note très amère pour certains, glorieuse pour d’autres. Epuisés par la longueur infinie des travaux, le président de l’Assemblée nationale a été contraint à un moment donné de permettre une pause de relaxation. C’était au moment où tout le monde était tendu mais aussi et surtout prêt à user de toutes les stratégies pour faire à tout prix son schéma qui n’a rien à voir avec les logiques de groupe défendues jusque là. Déjà à ce niveau, certains criaient à la trahison et tentaient par tous les moyens pour le faire savoir. D’autres députés poussés jusqu’à leur dernier souffle téléphonaient dans tous les sens comme pour appeler au secours. A la reprise des travaux, c’était le chacun pour soi et Dieu pour tous. Mais au niveau de la mouvance, on s’est mieux organiser pour resserrer les liens avec des soutiens dans l’opposition non déclarée. C’est alors que le président de l’Assemblée nationale, initia un vote pour faire constater la débandade dans le rang de l’opposition déjà en lambeaux. Par le fait qu’il a constaté que la balle était dans son camp, il demande à ce qu’on adopte une liste consensuelle des représentants de l’Assemblée nationale dans les deux institutions de la République. Là également, les députés « G » et « F » du bureau ont mordu à son hameçon. Sur les cinq personnalités à désigner, quatre étaient déjà un acquis pour le président Mathurin Nago. Il ne restait que le choix à opérer pour le poste de communicateur gagné plus tard par le journaliste Roufaï Akobi qui posait problème. Il y avait en tout quatre candidats pour le seul poste. Le premier questeur Sacca Fikara seul avait proposé trois personnes et demandait à l’assistance d’opérer par vote pour retenir un d’entre eux. A l’opposé, la deuxième secrétaire parlementaire usait de toutes les stratégies pour faire passer le journaliste Roufaï Akobi. Selon une source parlementaire crédible, le Sieur Akobi serait un protégé d’une dame femme d’affaires très influente dans le système Yayi. Les discussions auront été chaudes et tendancieuses sur la conduite à tenir. Déjà à ce niveau, le constat était clair. La mouvance présidentielle très bien lotie n’avait pas de soucis à se faire. Un simple vote lui donnait déjà une majorité. C’est à cette conclusion qu’on aura finalement droit et Roufaï Akobi est passé comme une lettre à la poste. Pourtant, tous les sept membres du bureau Mathurin Nago étaient présents. Pour le cas, on pouvait tout au moins retrouver trois membres de l’opposition d’un côté si on ne tenait pas compte du député André Dassoundo du groupe parlementaire Fcbe sursaut patriotique. Il avait cependant aidé à bloquer la situation contre le Changement la semaine dernière. Mais, l’eau a déjà entre temps coulé sous le pont. Et ce qui devrait arrivé, arriva. A la sortie de la rencontre, chacun a pris son chemin pour ne pas en rajouter à la crise. Contrairement aux autres fois où les députés de l’opposition se revoyaient, discutaient et commentaient les positions qu’ils ont prises à la rencontre.
Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)
Journal LE MATINAL 23/06/09
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