Qui trompe qui entre le gouvernement et les députés Fcbe ?

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Les membres du bureau de l’Assemblée nationale élus sur la liste Fcbe étaient au cours de la semaine écoulée sur le terrain. La mission parlementaire conduite par le président Mathurin Nago a, entre autres, déploré le manque de professionnalisme avec lequel les chantiers de construction des logements sociaux de Lokossa  et des autres localités du Mono sont conduits. Cette descente sur le terrain fait suite à celle effectuée par le Chef de l’Etat quelques jours plus tôt et qui a conclu à une bonne conduite des travaux.
Entre le gouvernement du Dr Boni Yayi et les députés de la majorité présents au sein du bureau de l’Assemblée nationale, qui trompe vraiment qui ? La question mérite d’être posée après les descentes sur le terrain organisées au cours de la semaine écoulée par une équipe de parlementaires conduite par le président Mathurin Nago d’une part et d’autre part par une équipe gouvernementale à la tête de laquelle se trouvait le Chef de l’Etat quelques jours plus tôt. Pour les observateurs en tout cas, ces deux visites qui se sont suivies dans le temps ressemblent malheureusement à un jeu, à du cinéma. Et à chacun de s’interroger si les députés qui ont fait le déplacement sont vraiment sincères dans leurs déclarations à la presse après ce qu’ils ont vu sur le terrain. A Lokossa  comme dans la région des terres noires où le gouvernement a décidé de construire des logements sociaux, c’est la grosse déception pour la délégation conduite par le président Mathurin Nago. Si dans la région des terres noires aucune norme en matière de génie civil n’a été respectée dans l’implantation des bâtiments, c’est à un début de dégradation qu’on a eu droit à Lokossa alors que les bâtiments sont encore en construction. Sur certains murs, il est en effet remarqué de grandes fissures. Mais ce qui paraît curieux, c’est que la délégation conduite par le Chef de l’Etat après les cris de cœur lancés par le maire de Lokossa n’a pas vu la même chose que les députés membres de la délégation conduite par le Professeur Mathurin Nago. D’ailleurs, le ministre François Noudégbèssi qui s’expliquait à la presse s’est félicité de la célérité avec laquelle les travaux ont été conduits. Dans son rapport au Chef de l’Etat, il a d’ailleurs indiqué qu’il ne reste que les travaux de viabilisation pour que les travaux de construction des logements sociaux de Lokossa, ne serait-ce que le lot qui va accueillir les hôtes de la fête du 1er août 2009, soient achevés. Voilà que les constats faits par les députés relèvent le manque de professionnalisme qui caractérise ces travaux. D’ailleurs, le président Mathurin Nago qui voit venir le danger en 2011 a piqué une crise de colère et a estimé qu’il n’est pas normal que des Béninois qui se disent entrepreneurs s’amusent avec autant d’argent emprunté auprès des bailleurs de fonds pour la réalisation d’infrastructures à caractère social. La question qu’il convient de se poser est de savoir celui qui a recruté les entreprises qui interviennent aujourd’hui au niveau de ces différents chantiers où les travaux ne sont pas effectués avec assez de professionnalisme. Qui veut tromper qui ? La question mérite bien de se poser. Une chose est certaine. L’entrepreneur engagé sur de fausses bases et dans la précipitation ne peut rien réaliser de durable. Le cas de la clôture du camp militaire de Parakou est là et crève l’œil. Après seulement un an, de profondes fissures sont visibles sur les murs de ce camp. Lorsque certains députés avaient décidé d’interpeller le gouvernement sur cette gabégie, c’est le président Mathurin Nago qui a lui-même mis le coude sur le dossier. Maintenant que le cas se présente à lui et qu’il doit rendre compte en 2011 à ses électeurs, il s’arrache les cheveux. « Lorsqu’on est venu chercher le juif, il a dit qu’il n’était pas juif. Lorsqu’on est venu chercher l’arabe, il a dit qu’il n’était pas arabe. Lorsqu’on est venu chercher le Français il a dit qu’il n’était pas Français. Lorsqu’on est venu le chercher, il n’y avait personne pour le sauver ». Mathurin Nago et tous ceux qui l’ont suivi sur le terrain au cours de la semaine écoulée n’ont qu’à méditer cette pensée. Ça n’arrive pas qu’aux autres.

Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR  24/06/09
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Publié dans Politique nationale

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