Dérives démocratiques dans les médias publics: Quand la Haac constate que le pluralisme d’opinion fait défaut

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Il est temps. Les conseillers à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) ont réagi aux dérives démocratiques constatées dans les organes de presse publics. Lors d’une rencontre mardi dernier à leur siège à Cotonou avec les responsables de ces organes, ils ont dénoncé la campagne médiatique précoce pour les élections de 2011 et surtout le défaut criard de pluralisme d’opinion dont souffre le traitement des informations de la presse publique à l’ère du changement. La Haac, très critiquée pour le mutisme observé jusqu’ici et suite aux nombreuses plaintes contre l’Ortb parvenues à son secrétariat, a tenu à mettre chacun devant ses responsabilités. A travers le président, Ali Zato et le conseiller, Gédéon Dassoundo, la Haac a invité les médias de la presse publique en particulier et de la presse béninoise en général à savoir montrer sans choquer et dire sans nuire afin de redorer leur image au sein de l’opinion publique. Et comme cela ne suffisait pas, ils ont déclaré : ``La presse publique est professionnelle et si dérapage il y a, il ne peut qu’être volontaire’’.

Pluralisme, facteur de développement
Loin de vouloir en ajouter aux remarques et inquiétudes de la Haac tout comme celles de nombreux Béninois, il est important de souligner qu’un Etat de droit, c’est aussi ou même avant tout, une presse libre et impartiale. Malheureusement, cette règle qui était fort vérifiée sous le régime du Général Mathieu Kérékou, ne l’est pas sous le changement. Combien de fois, alors que l’opinion publique s’attendait à un débat contradictoire entre les camps antagonistes au sujet d’une vision, n’avons-nous pas eu droit à un débat à sens unique ? La part belle est faite aux partisans du pouvoir dans le traitement de l’information. Ainsi va le changement. Mais, il est dangereux pour la démocratie et l’image du Bénin que cela continue ainsi. Car, qu’on le veuille ou non, le pluralisme est une vertu. C’est dans la confrontation des idées que triomphe la vérité et sans vérité, pas de développement. Les Béninois, dans les différents secteurs en ont besoin. La presse béninoise plus que tout autre.

Angelo DOSSOUMOU
Journal FRATERNITE 25/06/09
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Publié dans Politique nationale

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