Abdou Diouf à propos de la situation politique nationale :« J’ai perçu beaucoup de crispation chez les responsables politiques béninois »
Le Secrétaire général (Sg) de l’Organisation internationale de la francophonie(Oif), Abdou Diouf a organisé ce mercredi 24 juin 2009, une conférence de presse au Marina Hôtel de Cotonou. Au menu des échanges, le bilan du séjour du Secrétaire de l’Oif notamment sa rencontre avec la plupart des hommes politiques béninois.« J’ai eu de profondes et longues discussions avec les acteurs politiques béninois. Et pour ne rien vous cacher, j’ai senti beaucoup de crispation mais rien d’irrémédiable étant entendu que les problèmes doivent être réglés par les Béninois ». C’est en ces termes que le Sg de l’Oif, Abdou Diouf hier concernant le sentiment qui se dégage de ses échanges avec les acteurs de la vie politique nationale en marge de son séjour. Arrivé au Bénin dans le cadre du 5ème Congrès de l’Association des Cours constitutionnelles ayant en partage l’usage du français, Abdou Diouf a également rencontré à l’Hôtel de la Marina où il a logé, plusieurs personnalités politiques à l’instar de Bruno Amoussou, Rosine et Nicéphore Soglo, Lazare Sèhouéto, Idji Kolawolé, Adrien Houngbédj Eugène Azatassou,… Les entretiens ont tourné notamment autour de la situation politique et sociale du Bénin. Selon Abdou Diouf, ces échanges s’inscrivent dans les efforts de l’Organisation de promouvoir la démocratie dans les pays membres. « Mon rôle s’arrête là. Car c’est aux Béninois que revient la primeur du règlement des crises internes. Je n’exercerai pas un droit de recours que je n’ai d’ailleurs pas », a-t-il ajouté. Interrogé sur le décès du chef de l’Etat gabonais, El Hadj Omar Bongo Ondimba, Abdou Diouf affirme que c’est un « artisan de la paix » qui s’est éteint tout en affirmant laisser le soin aux Gabonais d’apprécier sa gestion politique. Sur la question de l’alternative au pouvoir et des révisions de constitution qui s’observent de plus en plus, l’ancien président Sénégalais souligne que l’alternance est une bonne chose. « Elle est la respiration de la démocratie », a-t-il même précisé. Pour mémoire, Abdou Diouf a pacifiquement passé le témoin à son successeur Abdoulaye Wade au terme d’un scrutin dont il a assuré la transparence et le bon déroulement. Invité à se prononcer sur l’état de la Cour constitutionnelle, le Sg de l’Oif précise que la Francophonie peut juste créer un cadre d’échanges entre les institutions constitutionnelles à l’instar du Congrès de l’Accpuf qui se tient à Cotonou mais elle ne peut prendre des arrêts à leur place, relève t-il. Dans le cadre des présidentielles de 2011, Abdou Diouf confie que son organisation travaille à décrisper le climat politique national notamment à travers on soutien à la réalisation de la Lépi.
Calixte Adiyéton
Journal LE MATINAL 25/06/09
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