Sacca Fikara hier au sujet de la candidature de Bio Tchané pour 2011 :’’Yayi Boni lui a dit d’abandonner son ambition présidentielle’’
Le premier questeur était à nouveau face à la presse hier jeudi 25 juin 2009 au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. En réagissant aux propos tenus par les responsables de la Radio et de la télévision nationale il y a quelques jours, Sacca Fikara a expliqué comment le président Yayi Boni aurait refusé à Abdoulaye Bio Tchané d’être candidat en 2011.De nouvelles révélations est-on tenté de dire. Après quelques jours de pause et sa récente émission sur la chaîne ’’Tv Carrefour’’ il y a deux dimanches, le président du Mouvement pour la démocratie et la solidarité et membre fondateur du groupe politique le G 13 a entretenu hier la presse parlementaire sur ce qu’il appelle les propos régionalistes que le chef de l’Etat ne cesse de tenir un peu partout lors de ses déplacements politiques dans les départements du septentrion. Pour le député Sacca Fikara, le président Yayi Boni a ouvertement demandé à l’ancien directeur Afrique de la Banque mondiale d’abandonner ses ambitions pour les présidentielles de 2011. Au motif que cette candidature va diviser les fils du Nord du Bénin. Ce que lui, le président Yayi Boni et candidat à, la même élection n’aurait pas souhaité. Selon le premier questeur, le chef de l’Etat serait allé plus loin en déclarant que son collègue Issa Salifou n’est pas un fils authentique du Nord. Que le président de l’Union pour la relève (Upr) est un Fon. Face à la situation qui a créé selon Sacca Fikara un branle-bas à Malanville le fief historique de son collègue G 13, l’intéressé très perturbé a été contraint de faire déplacer son père d’un âge avancé et malade jusqu’à Malanville pour faire le démenti avant de reprendre le terrain en main. Dans la foulée des dérives régionalistes et claniques, le premier magistrat aurait, selon le même Sacca Fikara, menacé les populations de la Vallée de l’Ouémé de les priver d’eau, d’électricité, d’écoles, de centres de santé si elles ne votaient pas pour lui. Et ce qui est très grave d’après lui, ce sont les propos tenus par le président Yayi Boni lors d’une rencontre avec les fidèles de l’église du christianisme céleste. Le chef de l’Etat aurait déclaré que ce sont les éléments intégristes Alqaïda qui projettent la candidature du président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) pour 2011. Un ensemble de discours qui contrastent avec les besoins actuels de sauvegarde de la paix collective et de la démocratie. Raison pour laquelle Sacca Fikara affirme que la République du Bénin est en danger et le président Yayi Boni, à travers ces propos, veut mettre fin à plusieurs décennies de luttes pour la paix. ’’ Il veut foutre en l’air ce que les anciens président du Bénin ont passé des années à construire. Et c’est ça qui me gêne. Parce que j’ai déjà fait plus de six ans en prison et je ne veux plus jamais vivre cette expérience. Je ne la veux pas aussi pour les paisibles populations. C’est pourquoi, j’ai le courage de dire maintenant non avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce que je tente de faire comprendre aux responsables de la radio et de la télévision nationale qui ne veulent plus d’autres sons de cloche après les discours du chef de l’Etat et de ses partisans’’ a fait remarquer le premier questeur. Il finit par demander au président Yayi Boni de venir à la face du monde démentir ces accusations. ’’Car, c’est une question d’honneur’’ a-t-il précisé. D’autres remarques aux responsables de l’Ortb Le conférencier d’hier ne comprend pas les raisons pour lesquelles son émission sur la télévision ’’ Canal 3’’ a été refusée sur la chaîne nationale. Alors qu’au même moment et dans les mêmes conditions, celles de son collègue Rachidi Gbadamassi, du ministre Victor Topanou et de l’ancien député Candide Azanaï ont été autorisées à être diffusées et rediffusées. C’est face à cette situation qui frise selon lui l’injustice et la violation des textes républicains qu’il a dû saisir avec ses collègues G 13 les conseillers à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) pour toutes fins utiles. Mais sans suite. C’est quand ils ont dû multiplier d’autres saisines que ces conseillers ont interpellé le directeur de l’Ortb Julien Akpapki et ses principaux collaborateurs sur la question. Et en audition publique. Sacca Fikara fustige les déclarations de ces derniers qui menacent selon lui de l’assigner en justice. ’’J’espère qu’ils le feront’’ a-t-il conclu.
Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)
Journal LE MATINAL 26/06/09
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