Mathias Hounkpè sur ’’Eclairage’’ :« La révision d’une Constitution n’est pas liée au temps »
« Les juridictions constitutionnelles et les crises ». C’est le thème qui a réuni hier dimanche 28 juin 2009 sur le plateau de l’émission hebdomadaire de l’Office des radios et télévisions du Bénin (Ortb), le juriste et Professeur à l’Université d’Abomey-Calavi, Joël Aïvo et le Politologue et constitutionnaliste, Mathias Hounkpè.Dans une démarche comparative, les invités de Gilles Dansou ont passé en revue le mode de fonctionnement des constitutions des démocraties anciennes avec celles des jeunes dites démocraties nouvelles ou rétablies à l’instar du Bénin, du Togo, du Mali, du Niger et bien d’autres pays africains. A l’issue des analyses et des confrontations d’idées, il ressort, selon eux que le sujet est d’actualité puisque les constitutions en Afrique sont sujets à l’influence de différents courants de pensée reposant bien souvent sur une logique d’intérêts. Du coup, les décisions qu’elles rendent bien qu’elles sont a priori sans recours, sont souvent sujets à polémiques et controverses. Au Bénin, cela se remarque sur trois volets, a souligné Mathias Hounkpè. Il s’agit, a-t-il dit, des tensions liées à l’organisation des élections, des difficultés générées par le contrôle de constitutionalité et les problèmes liés au fonctionnement des institutions. Ensemble, les deux invités sont parvenus à établir une corrélation entre le rôle régalien de l’Etat et le rôle spécifique de la constitution qui en tant que loi fondamentale, doit tenir compte de certaines susceptibilités socio- politico- juridiques avant de se prononcer. La constitution à l’entendement de Joël Aïvo, est un contrat social. Entendu sur ce point, elle doit être en principe animée par des juges acteurs et des juges spectateurs, de telle sorte que ses objectifs d’impartialité et d’intransigeance soient atteints. Revenant sur les procédés et les conditions d’une éventuelle retouche de certains articles, Mathias Hounkpè a précisé que la revision d’une constitution n’a pas de relation avec le temps. En principe, a-t-il dit, il ne peut exister de constitution qui ne prévoit pas les conditions de sa propre révision, sauf exceptionnellement en cas de consensus national. Dans ce contexte, les débats qui se font autour de la question ne sont que des intrigues des politiciens qui visent à la tailler à leur propre mesure, ont conclu les invités.
Aziz Fondo
Journal LE MATINAL 29/06/09
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