Tendance à la remise en cause des engagements pris par Obasandjo : Yar’ Adua rend la vie dure à Boni Yayi (Les espoirs du Chef de l’Etat par rapport à la coprospérité s’envolent)

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Alors que sous le président Obasandjo, le Bénin et le Nigeria ont semblé filer le parfait amour, avec comme fruit cette fameuse alliance pour la coprospérité, l’actuel président nigérian donne l’impression de ne pas être du tout chaud pour cette affaire. Chaque jour que Dieu fait, les relations entre les deux pays se détériorent  au point  où on est tenté de croire que le voisin nigérian n’a aujourd’hui qu’une seule ambition : mettre le Bénin à ses bottes en l’asphyxiant économiquement.
Du 12 au 13 février 2007, 450 participants ont pris part au 1er forum économique sur la coprospérité entre le Nigeria et le Bénin.  Quatre objectifs ont été assignés à ce forum : le renforcement des relations d’affaires entre les deux pays ;  la présentation des nouvelles opportunités d’affaires qui s’offrent dans des secteurs variés, notamment le tourisme et l’éco-tourisme, l’agro-alimentaire, la production et le transport de l’énergie électrique, les télécommunications, le pétrole, l’immobilier et les travaux publics ;  la présentation du cadre incitatif nouveau mis en place au Bénin par le Président Boni Yayi pour encourager et promouvoir les investissements ; la définition des mécanismes souples pour favoriser la création des entreprises. Plus de deux ans après cette grande messe présidée par les présidents Olusègun Obasanjo et Boni Yayi, la coprospérité est malheureusement au point mort. Aujourd’hui, le Nigeria fait du Bénin ce qu’il veut en jouant sur sa monnaie. Il n’est d’ailleurs pas exagéré de dire que le président Yar’Adua a choisi de mettre entre parenthèses les acquis de ce forum qui avait pourtant suscité un grand espoir au niveau des opérateurs économiques béninois. A en croire les témoignages de certains d’entre eux, les échanges commerciaux entre le Bénin et le Nigeria ont considérablement chuté, que ce se soit dans le secteur formel que dans le secteur informel à cause de la fluctuation du Naïra. Dans le domaine des véhicules d’occasion par exemple, les Nigérians qui sont les gros clients des importateurs béninois ont déserté les parcs, réduisant cette activité au ralenti. C’est d’ailleurs tirant leçon de cette situation catastrophique pour l’économie béninoise que le Président Boni Yayi s’est rendu à Abuja il y a quelques semaines. A l’occasion de cette visite,  on avait pensé à une reprise sinon à un réchauffement des relations entre les deux pays. Mais hélas ! Le compte rendu fait de cette visite appuyé par l’intervention du Ministre  des affaires étrangères sur les résultats de cette visite pouvait laisser croire à cela. Il avait en effet été entre autres question de la nécessité de tenir au plus tôt les travaux de la commission mixte de coopération entre les deux pays aux fins de passer en revue un certain nombre de questions touchant à la coopération entre les deux pays dans des secteurs vitaux de l’économie. Ces assises bénino-nigérianes devaient être l’occasion de faire avancer  les dossiers  de coopération restés bloqués jusque-là.  Il avait été même dit, par la voix du Ministre des affaires étrangères, pour montrer l’importance de ces assises, que les conclusions des travaux devaient être validées par les deux chefs d’Etat en marge du sommet de la Cedeao le 22 juin 2009 à Abuja. Mais, de tout cela, rien n’a été. Visiblement, les travaux de la commission mixte réunie à Abuja n’auraient pas comblé les attentes, tant du côté nigérian que du côté béninois. Du coup, les deux chefs d’Etats n’avaient plus pratiquement rien à se dire, contrairement à ce qui avait été annoncé. En réalité, cette situation serait dû  à l’inconstance de nos voisins nigérians dans leur volonté de coopérer avec le Bénin. Au-delà des intentions, ils ne donnent aucune preuve de leur volonté de traiter avec le Bénin en partenaire. C’est tout comme s’ils  prenaient notre pays comme une province du Nigeria. Alors qu’on nous rabat les oreilles ici de coprospérité et de partenariat gagant-gagant. En réalité, ce qui se passe entre le Bénin et le Nigeria aujourd’hui est symptomatique de la volonté du gouvernement  nigérian de faire échec à tout ce qui avait été entrepris sous Obasandjo. Tout le reste n’est qu’hypocrisie. Ce que refuse de voir ceux qui nous gouvernent actuellement par manque de vision prospective. C’est vrai que dans la situation économique difficile que traverse le Bénin, se mettre à dos le géant nigérian, c’est se mettre la corde au cou. Mais, comme Boni Yayi a le dos au mur, que lui reste t-il à faire ? C’est la grande interrogation.

Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR  30/06/09
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Publié dans Politique nationale

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