Etablissement de la Lepi: Quelle fiabilité pour les élections de 2011 ?
Les péripéties autour de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) posent aujourd’hui la question de la fiabilité des élections générales de 2011.L’espoir du peuple, en voulant l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi), est en train de prendre un coup dur, car il y a d’énormes inquiétudes qui planent à l’horizon pour l’organisation transparente des prochaines élections au Bénin. Des manœuvres de fraudes se dessinent sur le terrain. Quand le pouvoir du président Boni Yayi s’y mêle, il y a de quoi avoir peur. Les nombreuses tractations politiques dans la réalisation de cette Lepi posent des problèmes. Elles se caractérisent d’abord par la mise à l’écart presque de la Société civile qui ne se retrouve pas à travers la personne de René Tchibénou à la Commission politique de supervision (Cps) de la Lepi. Où était ce dernier au moment où Fors-Lepi se battait pour que les travaux sur la Liste électorale permanente informatisée démarrent ? Nulle part. D’ailleurs, il a voté pour Orden Alladatin élu par la Société civile que le gouvernement du président Boni Yayi a habilement sorti du jeu, sous prétexte qu’il est de l’opposition. Ce qui est déjà un signe annonciateur des prochaines manœuvres au sein de la Lepi. L’élection du député-Rb (Renaissance du Bénin), pro-Yayi, Epiphane Quenum de la Cps, vient aggraver encore la situation. Des suspicions sont légion, car les risques d’une Lepi au service du pouvoir sont grands. Il est vrai que cet instrument est essentiel pour une organisation presque transparente des élections. Mais, l’ordinateur ne sort que les données qu’on y a introduites. C’est dire que des manipulations de toutes sortes sont possibles pour tronquer les résultats des élections de 2011. D’ailleurs, la classe politique nationale de Me Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou à Kolawolé Idji et Lazare Sèhoueto avaient soulevé, au cours d’un atelier, la problématique de la crédibilité de l’organe chargé de la réalisation de la Lepi. Aujourd’hui, leurs inquiétudes reviennent sur le tapis, car à voir ce qui se passe, des fraudes massives profilent à l’horizon. La volonté de gagner à tout prix les élections de 2011 par le régime en place donne encore raison à ceux qui pensent que la Commission Quenum est très mal placée pour produire un travail fiable en raison des tractations actuelles autour du sujet. Il va falloir que la conscience citoyenne gagne l’esprit des uns et des autres en commençant par les éléments du pouvoir en place. Pour y arriver, des dispositions doivent être prises. L’état de veille doit être organisé pour que tout se passe dans la transparence totale.
Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN 01/07/09
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