Réponse du Chef de l’Etat suite aux propos incendiaires de Fagnon : La proposition de Me Houngbédji qui sauve Yayi
L’opinion publique est restée sur sa faim face aux réponses du chef de l’Etat suite aux propos incendiaires de Nicaise Fagnon. Le président de la République Boni Yayi, par la voix du ministre Baba Bodi, a dit ne pas voir sa responsabilité engagée du moment où le mis en cause était en campagne pour son parti. Cette hypothèse renforce le catastrophisme de l’essence de l’acte original. Ce qui amène Me Adrien Houngbédji à simplement proposer à Boni Yayi, de s’excuser publiquement afin de rassurer les uns et les autres.La séance plénière du mardi dernier s’est révélée très houleuse, marquée par la réponse du Chef de l’Etat suite aux propos incendiaires du ministre Fagnon. Pour la circonstance, Boni Yayi s’est fait représenter par le ministre chargé des relations avec les institutions, Zakary Baba Bodi et ceci, contre toute attente et à défaut d’offrir une réplique de vive voix, une fois pour toute. Mais, la réponse du gouvernement reste stérile car n’accouchant d’aucune conclusion clairement pragmatique. Il est impensable, que le Président de la République en tant que Chef de l’Etat, chef du gouvernement, élu par tous les Béninois au suffrage universel sans distinction de sexe, de religion ou d’ethnie, garant de l’unité nationale, qui a la largesse de nommer les membres de son gouvernement et qui sont responsables devant lui, puisse oser décliner quelque responsabilité des actes de ces derniers et devant la représentation parlementaire nationale. L’on aurait souhaité voir celui qui est supposé garantir l’unité nationale se plaindre du « griotisme démesuré » de l’un de ses collaborateurs. Mais hélas, rien n’y fit. Ce qu’il faut surtout remarquer, c’est que le gouvernement joue sur les défaillances de la Constitution béninoise. Cette dernière, tout en rappelant que les membres du gouvernement sont responsables devant le chef de l’Etat, ajoute que les fonctions des ministres sont incompatibles avec l’exercice de tout autre mandat, de tout emploi, civil ou militaire et de toute activité professionnelle. Mais, le problème est qu’il n’est nul par ailleurs mentionné dans la Constitution, le sens qu’on devrait donner aux thèmes « activité civile ou professionnelle ». Ce langage de camouflage du véridique, n’a cependant pas empêché Me Adrien Houngbédji à réaffirmer son sens éclatant de ce qui devrait être perçu comme étant une violation de la liberté d’action et d’expression. Auteur de ladite interpellation, ce dernier n’a pas manqué d’exprimer combien la réaction du Chef de l’Etat lui inspire le scénario Ponce Pilate-Jésus-Christ. Tout en restant attaché à son sens aigu de la paix et de l’unité nationale, le leader charismatique des Choco-choco a tenu à exprimer toute son inquiétude face à de telles affirmations, qui si elles restaient impunies, risqueraient de balancer les Béninois dans une violence dont nul ne peut programmer la fin. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est en réalité comment un chef de gouvernement, peut se dire n’être pas engagé dans les actes de l’un des membres de son propre gouvernement. Est-ce à dire que Boni Yayi, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement, ne dirige plus son propre gouvernement ? Si tant est que le ministre Fagnon est en campagne pour son parti, ce qui relève du domaine politique de son gouvernorat et qui est directement lié à l’exercice ses fonctions, comment est-ce que son chef direct pour qui il milite, ose dire que sa responsabilité n’est pas engagée ? C’est surtout cette hypothèse qui a fait dire à Adrien Houngbédji qu’il faille que le Chef de l’Etat présente des excuses publiques au peuple béninois afin de se laver de tout soupçon. Une chose est certaine, en lui conseillant une telle démarche, le leader du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), ne fait qu’aider Boni Yayi à résoudre les problèmes politiques qu’il s’est créé lui-même.
Eugène Sènou LOKO
Journal 24 HEURES AU BENIN 02/07/09
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