Nomination de Théophile Nata à la tête de la Haac: Yayi répète l’erreur de ses prédécesseurs
La nomination de Théophile Nata à la tête de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a été confirmée comme l’annonçaient les médias depuis plusieurs jours, par un décret pris en conseil des ministres mercredi dernier. Bien qu’étant un profane du domaine cela n’a empêché Boni Yayi de le placer à la tête de l’institution, comme pour emboiter le pas aux régimes défunts. Où est donc passé le Changement ?Conformément aux dispositions de l’article 17 de la Loi Organique n°92-021 du 21 août 1992 relative à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, le chef de l’Etat a nommé par décret pris le mercredi 1er juillet dernier, l’ancien ministre du développement rural, Théophile Nata à la tête de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), 4ème mandature. Cette nomination fait appel à nombres d’analyses. En effet, l’on aurait tant souhaité qu’un seul acte du chef de l’Etat du Changement puisse surprendre le commun des Béninois. Nombres d’observateurs du système de communication médiatique auraient tant souhaité que l’homme qui conduira le destin de l’organe de régulation des médias, soit des leurs. Mais le décret du 1er juillet est venu confirmer les rumeurs qui jaillissaient de tous les sens. Bien que les professionnels des médias mandatés pour siéger à la Haac) n’émanent pas de l’Exécutif, ils restent les seuls à avoir connaissance des véritables enjeux des médias. De mémoire de Béninois depuis la première mandature, des néophytes des medias se sont succédés à la tête de l’institution, accouchant d’un amateurisme sans égal. Le premier à briguer le poste fut Feu René Mègniho Dossa suivit de Feu Théophile Paolétti Béhanzin remplacé en septembre 1999 pour cause de décès, par Timothée Adanlin à la deuxième mandature. La troisième mandature de la Haac a connu la présidence de Ali Zato en 2004 qui finalement laissera l’honneur à Théophile Nata. Tous ces cinq hommes sont de vieux politiciens arborant les prémices du soir de leur carrière politico-administratives. Le pouvoir du Changement par une telle nomination, vient de se conformer à cette vieille logique des régimes défunts, de faire reposer les hommes du troisième âge à la tête d’une institution qui demande vigueur, dynamisme et connaissances avérées du monde de médias. Alors, quelle crédibilité devrait-on accorder à une telle Haac ?
Un homme des médias pour la vice-présidence reste la porte de sortie
En attendant l’installation officielle des membres de la haute institution prévue pour le 20 juillet prochain, les tractations vont bon train pour le poste de vice-présidence. Néanmoins il serait salutaire que la vice-présidence revienne à un professionnel de la presse écrite. Qu’il vous souvienne que la vice-présidence de la mandature défunte, a été occupée par Feu Clément Houénontin qui reste un homme de la presse audiovisuelle. Il serait normal que la presse écrite soit honorée à cette mandature. Cependant il est clair que seuls Joseph Ogounchi et Edouard Loko pèsent dans la course pour la vice-présidence. Bien que les deux hommes soient des hommes des médias, ils ne se sont pas en réalité retrouvés dans l’institution par la même voie : l’un a été nommé par le président de la République et l’autre élu par les médias. Donc ils ne bénéficient pas du même privilège ni de la même légitimité. Il est alors normal que l’élu des médias seconde le politicien à qui Boni Yayi a confié l’institution. Il s’en déduit que légitimement et professionnellement, Edouard Loko pèse beaucoup plus dans la balance.
Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN 03/07/09
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