Irrégularités dans les préparatifs du sommet de la Cen-Sad :Yayi Boni met de l’ordre dans la maison
Un conseil extraordinaire des ministres s’est tenu le vendredi 03 juillet 2009 pour se pencher sur les irrégularités qui ont émaillé la réalisation des infrastructures qui ont abrité ledit sommet à Cotonou. Au terme des révélations qui crèvent l’œil, les membres de la cellule de passation des marchés publics ont été suspendus et doivent bientôt faire face aux rigueurs de la loi.De nouvelles révélations apparaissent déjà au sujet des controverses autour des irrégularités qui ont émaillé la réalisation des infrastructures qui ont abrité ledit sommet au Bénin. La dernière réunion du conseil des ministres aura permis de voir clair dans la magouille, les cas graves de détournement, d’usage de faux et de grande corruption qui ont prévalu lors de ces assises obtenues grâce à la coopération avec l’ami de Tripoli. Pour ce qui concerne ces premières révélations, l’accent a été mis sur les travaux de réfection du Palais des Congrès et de réhabilitation du Centre international des conférences. Là-dessous, il y a eu une série de magouilles dans la passation du marché. C’est une entreprise appartenant à une même personne qui s’est subdivisée en deux pour gagner le marché. La firme objet du litige appartient à deux compatriotes qui sont des jumeaux. En l’espèce, les deux se sont organisés pour se partager les entreprises et chacun a dû prendre la tête d’une des structures crées de toute pièce pour gérer la Cen-Sad. Avec, dit-on, la complicité des membres de la cellule de passation des marchés publics du ministère des Finances. Et le marché a dû être concédé de gré à gré pour faciliter la supercherie qui vient d’être mise à nu. C’est cette situation qui a obligé la dernière réunion extraordinaire des ministres du gouvernement du Changement. Selon certaines sources proches du ministère de l’Economie des finances, c’est sous l’ex-bras droit du président Yayi Boni, le ministre Soulé Mana Lawani que les irrégularités ont été menées. Et beaucoup d’argent a circulé en terme de pot de vin largement distribué à plusieurs personnalités au sommet de l’Etat. Si la commission qui a pu faire des révélations sur ce qui concerne les travaux de réfection du Palais des congrès et de la réhabilitation du Centre international des conférences, rien ne filtre pour le moment de la façon dont on a géré les villas Cen-Sad. Pourtant c’est à ce niveau que réside les autres grandes irrégularités. Les villas Cen-Sad en question C’est d’abord plusieurs bâtisses inachevées. Avec plusieurs milliards de manque à gagner à l’Etat. Selon les mêmes sources, tous les marchés ont été passés, les décaissements presque achevés et des flous entourent la non livraison de ces maisons plusieurs mois après la fin du sommet alors que ce sont elles qui devraient abriter les participants. D’après les mêmes sources, les informations parvenues au chef de l’Etat justifient le faux et usage de faux qui a entouré l’opération. Depuis le ministère des Finances jusqu’aux ouvriers en passant par les entreprises où chacun aurait mis plein les porches. Aujourd’hui, les expertises montrent d’abord qu’il est impossible d’achever la construction des villas. De deux, il s’est avéré que les paiements souffrent du délit d’initié. Mieux, la vérité des prix a été violée. Mieux, ce sont les mêmes personnes qui se retrouvent dans la gestion de ce dossier. Alors qu’elles ont déjà été épinglées sur les cas du Palais des congrès et du Centre international des conférences. Plusieurs ténors Fcbe dans les mailles Des ténors de Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui ont été au coeur des préparatifs, de l’organisation ne sont pas étrangers à ces scandales autour du sommet de la Cen-Sad. Ce sont, dit-on, plusieurs milliards qui ont été alloués aux organisateurs. Mais ces derniers ont manqué de crédibilité, d’honnêteté et de transparence vis-à-vis du chef d’orchestre des Fcbe qui se trouve être le président Yayi Boni. Ce dernier qui vient de découvrir le pot aux roses prend déjà ses responsabilités. Il semble qu’il veut aller le plus loin possible. Et les interpellations du vendredi dernier ne sont qu’une première façon d’aller vers le but. D’autres grandes décisions sont attendues pour les prochains jours et l’objectif vise à sanctionner tous ceux, de près ou de loin, ont été noyés dans des irrégularités dans l’organisation et des préparatifs du sommet de la Cen Sad. Nul ne sera épargné a-t-on appris. A commencer d’abord par les proches du chef de l’Etat. Après les sanctions administratives, il sera envisagé des poursuites pénales pour les mis en cause. Et le président Yayi Boni n’entend pas, dit-on, protéger les siens. ’’Toutes les fois que l’enquête en cours révélera le nom d’un des nôtres, il sera châtillé au même titre que les autres’’ a déclaré hier vers 21 heures 30 minutes un des ténors des Fcbe de Porto-Novo. Les autres irrégularités Elles résident en premier dans les graves disfonctionnements notés dans la viabilisation des sites de construction des villas de la Cen-Sad, la construction des 14 bâtiments de logement, les taux des produits surévalués, les délais de livraison non respectés et des privilèges exorbitants accordés à certains barons des Fcbe. Plusieurs agents assermentés de l’Etat ont été corrompus dans ce faux dossier ou le gouvernement a fait d’énormes pertes. Le plus grave, dit-on, c’est que plusieurs responsables d’entreprises qui ont gagné le marché et qui ont bénéficié des exonérations douanières pour l’importation des matériels de construction, en ont profité pour faire venir au Bénin d’importantes marchandises pour leurs affaires. En portant ainsi entorse au code des marchés publics au Bénin avec la complicité des agents des services du ministère des finances, ils viennent en plus d’introduire de nouvelles factures pour des travaux supplémentaires de finition en marge des fonds déjà encaissés qui dépassent de loin les normes règlementaires au Bénin. Certaines personnalités de l’administration des ministères des Finances et de l’Habitat et de l’urbanisme viennent d’être relevées de leurs fonctions. D’autres sont attendues pour les jours à venir. Et rien n’est encore dit pour ce qui concerne les personnes agissant dans le droit privé et qui ont été impliquées dans le dossier. Wait and see.
Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)
Journal LE MATINAL 06/07/09
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