VOYAGES DU CHEF DE L’ETAT : L’avion présidentiel en révision à Paris

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Malgré le « vol inaugural » organisé lundi dernier, le doute subsiste sur les conditions de réparation et le fonctionnement de l’avion présidentiel. Selon des sources crédibles, le Boeing 727 présidentiel sera à Paris pour des y subir des entretiens qui coutent une fortune pour les finances publiques.
« Le vol inaugural » organisé lundi dernier par l’armée de l’air et qui a permis aux occupants de l’appareil de survoler Cotonou et Porto-Novo n’est qu’en fait un vernis pour masquer les véritables problèmes qui entourent le fonctionnement de l’appareil présidentiel. Juste après ce vol inaugural offert aux hommes des médias, l’avion présidentiel disparaîtra du tarmac de l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou pour une destination bien connue.  Des sources crédibles indiquent que dans un délai de deux semaines au plus, le Boeing 727 dont la réparation a coûté une dizaine de milliards aux finances publiques s’envolera pour Paris pour y subir encore des réparations qui, sans doute, reviendront cher pour l’Etat béninois quand on sait les ressources indispensables pour entretenir un avion. Mais il convient de préciser que même si l’avion présidentiel n’est pas en panne et fonctionne normalement, sa survie dépend des entretiens réguliers qu’il doit subir et des frais de fonctionnement qui prouvent que la réparation de l’appareil n’est pas économiquement rentable pour le Bénin. La première défaillance réside dans sa forte consommation : 5 tonnes de kérosène par heure et une autonomie de vol d’à peu près 6 heures. Par ailleurs, on se demande bien comment cet appareil pourra être véritablement utile pour les déplacements du chef de l’Etat à long terme. En effet, les pièces de rechange de ce Boeing 727 n’existent pratiquement plus pour la simple raison que le fabricant c’est-à-dire Boeing ne fabrique plus des pièces de rechange. L’autre écueil qui enfourne l’avion présidentiel demeure l’assurance des pilotes. Finalement, une compagnie basée à Londres a été contactée pour assurer les pilotes du Boeing béninois.

Interrogations
Au regard des difficultés liées au fonctionnement de l’appareil présidentiel, bien des questions subsistent. On se demande en effet si des dispositions pratiques préalables ont été prises avant d’engager des sommes colossales pour réparer le Boeing 727 pour les déplacements du Chef de l’Etat. N’était-on pas au courant de la capacité en kérosène de l’appareil, de son autonomie de vol, de ses limites ? Quelle utilité pour le Chef de l’Etat lorsqu’on sait que les voyages du Chef de l’Etat nécessite la mise à disposition d’un appareil long courrier ? Pourquoi n’avait-on pas pris l’option d’achat d’un avion neuf pour le Bénin alors qu’on a dépensé environ une dizaine de milliards pour réparer un avion qui ne sera pas utile pour le Chef de l’Etat au regard des nombreuses interventions que son fonctionnement nécessite ?
Qu’adviendra-t-il du Boeing une fois à Paris pour des entretiens ? L’Etat béninois a-t-il finalement décidé de se séparer de l’avion présidentiel ? Des sources précisent en effet que l’option de vente serait actuellement en étude et fortement recommandée. Un repreneur congolais serait déjà sur les tablettes. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le Boeing présidentiel s’envolera d’ici peu pour la capitale française pour des entretiens. Peut-être qu’il ne reprendra plus jamais le chemin retour pour le tarmac de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin ?

Charles AIVODJI
Journal NOUVELLE EXPRESSION 06/07/09
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Publié dans Politique nationale

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