Mauvaise gestion à l’ère du Changement: Soulé Mana Lawani, le bouc émissaire

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

L’ancien ministre des Finances et de l’économie, Soulé Mana Lawani, est accusé une fois de plus, de tous les maux issus de la mauvaise gouvernance du Bénin. Mais, avait-il agi seul ou est-il un simple bouc émissaire ?
L’ancien ministre des Finances et de l’économie, Soulé Mana Lawani, est-il le bouc émissaire des malversations sous le président Boni Yayi ? A voir le système de gestion actuelle du pays, on est tenté de répondre à cette interrogation par l’affirmative. Dans le dossier de la Cen-Sad qui fait couler beaucoup d’encre et de salive actuellement, le Conseil des ministres l’accuse d’avoir géré unilatéralement des marchés de réfection du Centre international de conférences de Cotonou et du Palais des congrès s’élevant à plus de 6 milliards de francs Cfa. Tout a été démontré pour le mettre seul au cœur de ces malversations. Une question se pose : Lawani peut-il gérer seul une telle somme sans la complicité du chef de l’Etat et de certains ministres du gouvernement actuel ? Non, certainement pas. On se rappelle qu’il y a quelques mois, l’opposition et une bonne partie de la Société civile béninoise avaient soulevé le problème. Elles avaient attiré l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur la mauvaise gestion du dossier de la Cen-Sad par le gouvernement du président Boni Yayi. A l’Assemblée nationale, il y avait eu de l’étincelle dans l’air. Ce dossier avait mis aux prises pendant des semaines la classe politique nationale et le pouvoir en place. Les autorités politico-administratives, à divers niveaux, faisaient comprendre qu’il s’agissait de la chasse aux sorcières pour déstabiliser le régime du président Boni Yayi. A cet effet, des ministres étaient montés au créneau pour affirmer que la passation des marchés s’était faite dans le strict respect des règles de l’art. Les ministres Pascal Koupaki, Soulé Mana Lawani, leur collègue de l’Urbanisme, François Noudégbessi et autres allaient régulièrement sur les antennes de la télévision nationale pour défendre la gestion de la Cen-Sad. Aujourd’hui, pourquoi le gouvernement soutient que c’était le ministre Lawani qui a géré seul ce dossier en violation des procédures en vigueur ? Cette interrogation montre que ce dernier est en train de porter seul la croix de la mauvaise gestion sous le Changement. On dirait qu’il est devenu la poubelle du système, même si lui-même n’est pas excusable. Avant cela, on l’avait accusé d’avoir décidé unilatéralement de l’octroi des primes de motivation aux agents de santé dans un système où le chef de l’Etat est pratiquement le seul maître à bord. Officiellement, c’était la raison soulevée pour le sortir du gouvernement.

Démission de Yayi
Dans un premier temps, on peut admettre que l’ancien ministre des Finances et de l’économie prenait ses décisions de manière unilatérale. Et, c’est un an après qu’on découvre la mal donne. C’est la preuve que la direction du pays a échappé au chef de l’Etat d’une manière ou d’une autre. Mais, il est difficile de le croire. Le 06 avril 2006, alors qu’il a oublié de remercier les députés, le chef de l’Etat a rejeté le tort sur le protocole. Dès lors, tout se passe comme s’il fait porter la croix de ses erreurs à ses collaborateurs. Apparemment, c’est ce qui se passe maintenant. Il va falloir que le ministre Lawani monte au créneau pour que le public sache sa version des faits. On l’attend.

Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN  07/07/09
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Publié dans Politique nationale

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