Arrêtez la sinistre farce
En 2006, les Béninois dans leur grande majorité ont opté pour un changement, lequel entraînerait une nouvelle façon de gérer les affaires publiques. A environ deux ans de la fin du mandat de l’actuel président de la République Boni Yayi, l’ignominie a toujours le même visage : celui de la tromperie. C’est l’aspect que présente le compte rendu du Conseil extraordinaire des ministres tenu le 03 juillet dernier. Dans certains milieux politiques du pays, on estime qu’il est de bon ton pour le chef de l’Etat de vouloir paraître équilibré dans le jugement, en attribuant de lourdes responsabilités à ses collaborateurs. Mais, ce qui est paradoxal, c’est que la publication du rapport de l’Inspection générale d’Etat sur la gestion des fonds alloués à la préparation du sommet de la Cen/Sad arrive un mois à peine après le limogeage du ministre Soulé Mana Lawani. Alors qu’au lendemain de ces assises qui n’ont véritablement rien apporté à la nation, les députés et les médias avaient tiré la sonnette d’alarme par rapport aux faramineuses sommes allouées à la réfection du Palais des congrès et du Centre international de conférences de Cotonou. Pendant ce temps, aucune démarche n’a été entreprise pour rassurer le peuple. Pire, la Haute Autorité avait fait la sourde oreille aux cris des éveilleurs de conscience comme c’est actuellement le cas avec le rapport qui a accablé la gestion de Nicaise Fagnon à la Sonapra. Si tant est que Boni Yayi est attaché à la bonne manipulation des finances publiques, pourquoi n’a-t-il pas sanctionné l’actuel ministre des Travaux publics et des transports Nicaise Fagnon dans ce dossier de la Sonapra ? Si tant est qu’il est attaché aux valeurs démocratiques pourquoi n’a-t-il pas réagi vigoureusement aux égarements de ce même Fagnon dans le département des Collines ? Qu’a-t-il fait du rapport de la gestion des fonds d’escorte des véhicules d’occasion dont la publication est attendue de tous ? Autant de préoccupations qui montrent que tout comme le limogeage de l’ex ministre de l’Economie et des finances, l’ardeur qui a entouré la réalisation et la publication de ce rapport plus d’un an après les accusations de l’opposition, cachent des intentions politiques. Ne dit-on pas souvent « qui veut noyer son chien l’accuse de rage » ? Soulé Mana Lawani fait les frais de la mafia politique béninoise parce qu’il aurait été certainement accusé d’être en contact avec l’opposition. C’est bien suspect que celui qui a été tout le temps présenté comme un cadre exemplaire et qui a même failli être promu à la présidence de la Banque ouest africaine de développement (Boad), soit vu aujourd’hui comme le fossoyeur de l’économie nationale. Boni Yayi se moque tout simplement des Béninois. Il ne se soucie guère de leur épanouissement encore moins de la bonne gouvernance. Sa stratégie repose sur la reconquête du pouvoir en 2011. Dans ce cadre, il collabore avec tous ceux qui sont prêts à l’accompagner dans cette aventure et écrase littéralement les autres qui osent contrarier son projet. Arrêtez la sinistre farce s’il vous plaît !Journal 24 HEURES AU BENIN 07/07/09
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