Conférence de presse du président du prd hier / scandale Cen-sad: Houngbédji exige encore des noms et des sanctions

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Me Adrien Houngbédji a fait hier, à l’hôtel le Chevalier de Cotonou, le procès du régime du changement. Le président du Parti du renouveau démocratique (Prd) a fait remarquer qu’en dehors de la mauvaise gestion politique reprochée jusqu’ici aux gouvernants actuels du Bénin, l’opinion publique est désormais fixée sur le catastrophisme qui caractérise leur gestion financière. Avant de conclure qu’ils doivent rendre gorge, le président du Prd s’est prononcé sur quelques scandales sous l’ère du changement. En ce qui concerne le dernier cas en date et dénoncé en conseil des ministres à savoir une malversation de plus de 6 milliards de Fcfa enregistrée dans la gestion de la réhabilitation du Cic et du Palais des congrès de Cotonou, il a déploré que les gouvernants ne se soient arrêtés qu’à des lampistes et à un ancien ministre. ``Le dossier CIC-Palais des Congrès n’est que la face visible de l’iceberg et le peuple béninois doit connaître la vérité, toute la vérité : les marchés de gré à gré consentis en violation de la loi’’, a-t-il déclaré. Sur ce même dossier, il déduit que le premier responsable de cette situation est le chef de l’Etat dont il retient que le credo de son gouvernement est la ``corruption’’. Tout en indiquant que c’est Boni Yayi lui-même qui a voulu d’un collectif budgétaire allongeant le budget initial de 1000 milliards à 120 milliards pour le seul mois restant, qui a envoyé 10 ministres pour défendre ce dossier et qui devant l’opposition des députés à le voter a fini par prendre une ordonnance, il dit espérer qu’en 2011, la vraie alternance advienne pour corriger le tir.

Les autres sujets qui ont fait l’objet de l’appréciation du challenger du Dr Boni Yayi en 2006 sont pêle-mêle, la candidature unique au sein du G4, l’état d’urgence décrété par le gouvernement béninois suite aux dernières inondations, les interpellations du chef de l’Etat par le parlement, les réajustements observés à la Sbee et à la Soneb, le service militaire d’intérêt national (Smin) et le dialogue national.

De façon générale, il a affirmé que sur ces différents dossiers, le gouvernement est passé à côté et se trompe de combat. Sur la santé du G4 et la question de la candidature unique en son sein, il a prévenu ceux qui pensent sa mort, qu’ils attendront longtemps et que la discipline va l’emporter au sein de l’alliance. D’ailleurs, les esprits sceptiques qui se posaient des questions sur l’absence de la Renaissance du Bénin sur les lieux de la conférence de presse donnée par Me Houngbédji ont dû se rendre compte de la bonne santé du G4 avec l’arrivée, certes tardive de la présidente Rosine Soglo. En ce qui concerne l’état d’urgence décrété après les inondations, le leader Tchoco-Tchoco s’est étonné de la procédure qui l’a caractérisée. ``Je me suis posé des questions. Cela doit être fait dans des situations précises. Le gouvernement n’a pas besoin de décréter l’état d’urgence avant de sensibiliser les partenaires au développement’’, fera-t-il remarquer. En conclusion, pour Me Houngbédji, si la bouffe et le cafouillage nous conduisent tout droit dans le gouffre par la faute de ceux qui nous gouvernent actuellement, il faut y mettre fin pour ne par avoir après des regrets.

Rosine Soglo, une présence inattendue
La Renaissance du Bénin (Rb) appartient-elle encore ou non au G4 ? C’est la question que se posaient certains journalistes en l’absence des représentants de la Rb à la conférence de presse organisée par le président du Parti du renouveau démocratique, Maître Adrien Houngbédji. Car, les formations politiques telles que Force-Clé, Psd, Madep étaient toutes présentes ou représentées. Tout à coup, à l’issue de la cérémonie, à l’extérieur de la salle de conférence, les hommes en blouson jaune communément appelés Zém ont commencé par scander en chœur, avec ovation « maman wa ». Autrement dit maman est arrivée. C’était ainsi jusqu’à ce que la présidente de la Rb descende de son véhicule pour rejoindre ses collègues. Mais avant, alors que la question concernant l’absence des représentants de la Rb fut posée à maître Adrien Houngbédji, il répond que c’est une absence occasionnelle. La veille, au dire du président du Prd, il avait discuté avec les renaissants. Avant de venir animer sa conférence, il l’a également fait avec le président Nicéphore Soglo. Et ce jour également, les membres du G4 ont une réunion. Loin de toute spéculation, il a précisé que ceux qui pensent au décès du G4 vont attendre encore pendant longtemps et ne verront pas cela arriver. Pour le moment, le G4 se porte bien.

Gaston Zossou, au nombre des opposants
S’il a omis de le saluer de façon protocolaire, Adrien Houngbédji s’est rattrapé en fin de séance. Le président du Prd n’a pas manqué de saluer la présence de Gaston Zossou, celui que les hommes des médias appellent affectueusement « Zo gang ». Dans un costume bleu nuit, assorti d’une cravate de la même couleur sur une chemise blanche, la taille de Gaston Zossou ne pouvait le laisser inaperçu. A peine fit-il son apparition dans la salle de conférence un peu avant le démarrage que certains journalistes se surprenaient à l’appeler « Zo gang ». Pour maître Adrien Houngbédji, c’est un ami qui, de par sa présence, a voulu formaliser son soutien au combat de la démocratie. En tant qu’ancien ministre et connu pour sa verve, il a été compté hier parmi les opposants non déclarés.

Déclaration liminaire de Me Adrien Houngbédji

1. / Remerciements :

- à la presse

- Aux personnalités politiques présentes,

2. / Compassion :

- à l’endroit des populations victimes des inondations

- à l’endroit des victimes d’une politique de santé irresponsable

- à l’égard de tous ceux qui souffrent parce que leurs conditions de vie sont devenues encore plus précaires sous le régime du changement.

C’est un message d’espoir que j’adresse aux uns et aux autres

Mesdames Messieurs

Sous la pression conjuguée des forces politiques et sociales, des syndicats des travailleurs, de la Société civile et d’une partie de la presse, et devant l’imminence d’une banqueroute, le Gouvernement YAYI BONI a fini par jeter le masque, et montré au peuple béninois que sa GOUVERNANCE FINANCIERE est tous aussi catastrophique que sa gouvernance politique.

Par un communiqué du Conseil des Ministres, YAYI BONI et son gouvernement nous jettent au visage que leur gestion du dossier CEN-SAD fut une calamité.

Ce même gouvernement avait pourtant ignoré et rejeté les appels à la prudence venus des Députés de l’opposition, les alertes de la presse libre, les mises en garde de la Société civile et de l’opinion publique : pas moins de dix (10) ministres à l’Assemblée Nationale et sur les podiums, pour convaincre le bon peuple que nous avions tort.

C’est ce même gouvernement qui déclare aujourd’hui que les milliards de nos francs se sont volatilisés dans la seule réhabilitation du CIC (Centre International de Conférence) et du Palais des Congrès.

Et sans aucune pudeur, parce qu’il prend les Béninois pour des moutons, il dénonce un ancien ministre et quelques lampistes, les fonctionnaires de son ministère.

Six milliards c’est déjà beaucoup d’argent, dans notre contexte où le salaire moyen du béninois est de 60 000 CFA.

Mais ce que le Gouvernement n’a pas encore osé dire, et qui pourtant figure en filigrane dans le communiqué, c’est le montant des sommes détournées, le montant des manques à gagner pour l’Etat dans ce qu’il appelle " la viabilisation des sites, la construction des villas, l’extension du parking de l’aéroport, le bitumage de la voie aéroport place du Souvenir, Carrefour Air Afrique. "

Le rapport de l’IGE relève que ces marchés là contiennent de graves irrégularités, des privilèges illégaux, des paiements injustifiés, etc., dont il se garde bien de dire au bon peuple quel est le montant et quels sont les heureux bénéficiaires.

C’est dire que, le dossier CIC-Palais des Congrès n’est que la face visible de l’iceberg et que le peuple béninois doit connaître la vérité, toute la vérité : les marchés de gré à gré consentis en violation de la loi.

Le peuple béninois veut des chiffres, des noms et des sanctions.

Oui Mesdames et Messieurs, j’ose le dire, " le roi est nu " ; le poisson pourrit toujours par la tête.

Ce Gouvernement, mis en place pour assainir la gestion du pays, nous précipite au contraire dans le gouffre. La 1ère année, ils nous ont endormis, en diabolisant leurs prédécesseurs, en nous annonçant que 200.000.000F seulement se trouvaient dans la caisse lorsqu’ils sont arrivés et en engageant des audits à tout va, dont nous attendons encore les résultats.

La 2ème année, ils se sont mis à exécuter les projets déjà engagés par les Gouvernements précédents, en faisant croire au bon peuple que c’est leurs œuvres, alors qu’ils ne sont pour rien dans la réalisation des passages supérieurs à Cotonou ni dans la rénovation de la Nationale1 à partir de Godomey. Ou plus exactement, s’ils y sont pour quelque chose, c’est d’avoir changé les entrepreneurs initiaux par leurs propres réseaux de cousins et d’amis.

Enfin, à l’entame de la 3ème année, ils se sont lancés dans une campagne électorale précoce et effrénée, n’hésitant devant rien, pour détruire l’édifice de paix et d’harmonie que constitue le Bénin.

- ils ont fait une marche contre la corruption, alors que la corruption est leur credo ; corruption des députés par le Chef de l’état lui-même, corruption des institutions de contre-pouvoir, corruption de nos notables, de nos chefs traditionnels, de notre presse ; Yayi Boni considère le peuple béninois comme une marchandise qu’il peut acheter comme il l’entend.

- Ils ont installé la violence dans le pays. Toutes nos élections se sont déroulées dans la paix jusqu’à l’arrivée de Yayi Boni. Depuis son arrivée, violence partout ! Intimidation partout. Modification des résultats partout !

- Et enfin, nec plus ultra, Yayi Boni a réveillé les démons du régionalisme le plus abjecte dans un pays attaché à son unité, qui considère que Hubert Maga fut un bon père de la Nation, qui a adulé Mathieu Kérékou par son habilité à gérer les tensions, tout comme ils adorent Nicéphore Soglo pour le travail exceptionnel de redressement qu’il a accompli au lendemain de la Conférence Nationale.

C’est ce pays là, le Bénin, UN du Nord au Sud et du Sud à l’Est que Yayi Boni veut détruire, à seule fin de se maintenir au pouvoir.

Nous sommes déterminés à nous battre pour que YAYI BONI et les prédateurs qui l’entourent s’en aillent en 2011. Nous emploierons tous les moyens que la loi met à notre disposition :

Commission d’enquête parlementaire, questions écrites et orales, interpellations, marches, saisine des autorités judiciaires.

Les nouveaux pilleurs de l’économie nationale, les prédateurs devront rendre gorge.

Angelo DOSSOUMOU
Journal FRATERNITE 10/07/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article