Houngbédji culpabilise Boni Yayi
Campagne précoce, corruption des institutions, régionalisme. C’est la trilogie thématique autour de laquelle Me Adrien Houngbédji a axé sa sortie médiatique d’hier. Avec en toile de fond le dossier qui défraie la chronique et qui relève de graves irrégularités dans la gestion des fonds de la Cen-Sad. Le leader du Prd n’est pas allé du dos de la cuillère pour dénoncer les dérives du gouvernement et établir la responsabilité du Chef de l’Etat dans ce dossier qui sent le soufre. Il conclut que « le roi est mort. Le poisson pourrit par la tête ».Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier à l’Hôtel le Chevalier de Cotonou, le président du Parti du renouveau démocratique n’a pas porté de gants pour dénoncer les dossiers de malversation qui entachent la crédibilité du gouvernement. Notamment le dossier qui défraie la chronique : les malversations dans le dossier de la Cen Sad.
« Le roi est nu. Le poisson pourrit par la tête ». C’est par cette allégorie que Me Adrien Houngbédji peint le président de la République qui selon lui, ne peut s’absoudre des cas de malversation et de prévarication occasionnés par l’organisation par le Bénin du 10ème sommet de la Communauté économique des Etats sahélo saharien organisé par le Bénin en 2008. Pour le leader du Prd, « c’est sous la pression conjuguée des forces politiques et sociales, des syndicats des travailleurs, de la société civile et d’une partie de la presse et devant l’imminence d’une banqueroute » que le gouvernement a lâché prise et « montré au peuple béninois que sa gouvernance financière est tout aussi catastrophique que sa gouvernance politique ». Pour le challenger de Boni Yayi au second tour de l’élection présidentielle de 2006, malgré les mises en garde des députés de l’opposition et des forces sociales, le gouvernement s’est entêté pour décaisser les six milliards ayant servi à réhabiliter pour « la viabilisation des sites, la construction des villas, l’extension du parking de l’aéroport, le bitumage de la voie aéroport-place du souvenir, carrefour air Afrique ». Pour conclure ses propos sur le dossier de la Cen Sad, Me Adrien Houngbédji exige de la part du gouvernement, « la vérité, toute la vérité sur les marchés de gré à gré consentis en violation de la loi ». Le peuple béninois a-t-il dit, veut des chiffres, des noms et des sanctions.
Regard critique sur les trois ans de gestion
Le président du Parti du renouveau démocratique était revenu sur la gestion du régime actuel depuis son avènement en 2006. La première année est marquée selon lui par la diabolisation du régime précédent et la réalisation des audits financiers dont les résultats sont attendus.
La deuxième année aux dires de Me Houngbédji est marquée par l’exécution des projets hérités du pouvoir de Mathieu Kérékou.
Campagne précoce, corruption des institutions et régionalisme constituent la trilogie thématique qui marque le régime de Boni Yayi selon Me Houngbédji ces derniers mois. C’est pour mettre fin aux élans de ce gouvernement qu’il affirme : « Nous sommes déterminés à nous battre pour que Boni Yayi et les prédateurs qui l’entourent s’en aillent en 2011. Nous emploierons tous les moyens que la loi met à notre disposition : commission d’enquête parlementaire, questions écrites et orales, interpellations, marches, saisine des autorités judiciaires » a promis Me Adrien Houngbédji qui a conclu en disant que « les nouveaux pilleurs de l’économie nationale, les prédateurs devront rendre gorge ».
Valère D. MEDEGNONWA
Journal NOUVELLE EXPRESSION 10/07/09
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