Yayi capitule mais ne convainc toujours pas

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le chef de l’Etat Boni Yayi s’est résigné dans ce qu’il convient d’appeler désormais dossier Cen-Sad. Il a capitulé sous les critiques acerbes des médias et surtout à la suite de la sortie jeudi dernier, de Me Adrien Houngbédji qui a déclaré en substance que « le président Boni Yayi prend des Béninois pour des moutons. Qu’il dénonce un ancien ministre, quelques lampistes et les fonctionnaires de son ministère ». Me Houngbédji n’a-t-il pas raison vu l’injustice et l’impunité érigées depuis quelques années en mode de gestion au Bénin ? En vérité le président du Parti du renouveau démocratique à bel bien raison à telle enseigne que ses dernières déclarations ont semé la panique au Palais de la Marina et donné la trouille aux ennemis de la bonne gouvernance et d’une justice équitable. C’est pourquoi, le Conseil des ministres, pris en étau, n’avait pas d’autre alternative que de débarquer du gouvernement François Noudégbessi, ministre en charge de l’Urbanisme exempt de tout reproche dans le rapport de l’Inspection générale de l’Etat. La Haute Autorité est-elle vraiment catholique quand elle affirme n’être pas au courant des parjures de ses ministres dans ce dossier ? Où était-elle quand l’opposition avait creusé l’abcès et les médias en avaient fait leur chou gras ? La seule démarche qu’elle avait trouvé plausible dans le temps, était d’envoyer une dizaine de ministres de la République avec à leur tête le très respectable ministre d’Etat chargé de l’évaluation de l’action publique Irénée Pascal Koupaki mentir au peuple. Et comme si cela ne suffisait pas, il a enfoncé le clou en orientant le rapport de l’Ige sur le ministre Soulé Mana Lawani qui a été présenté comme étant le seul responsable des malversations financières dans le dossier de la Cen-Sad. Comment est-ce possible que dans un pays démocratique comme le nôtre, qu’un ministre prenne la responsabilité sur lui de gérer seul un dossier qui nécessite l’implication d’autres membres du gouvernement dans un pays où le chef du gouvernement fait de la mauvaise gestion des ressources de l’Etat une priorité ? Une véritable sottise qui peut guérir un sourd. Le président Boni Yayi doit reconnaître son échec dans le traitement de ce dossier comme dans bien d’autres d’ailleurs et présenter ses excuses au peuple béninois. Si tant est qu’il aime vraiment ce pays et tient à la prospérité partagée, il doit limoger tous les ministres qui étaient montés au créneau pour défendre le dossier de la Cen-Sad. Tout est clair maintenant que si des délinquants financiers continuent de confondre les caisses de l’Etat à leur propre poche, c’est parce que le chef fait des justices sélectives. Cela fait plusieurs mois déjà que des voix s’élèvent et condamnent la gestion de M. Nicaise Fagnon à la Sonapra. Que fait le chef de l’Etat pour que les Béninois soient plus éclairés dans ce dossier ? Absolument rien. Il attend certainement que la situation s’envenime pour dire qu’il n’était informé de rien.

Journal 24 HEURES AU BENIN  13/07/09
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Publié dans Politique nationale

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