Dossier Cen-Sad: Le gouvernement tente de noyer l’affaire
La décision du Conseil extraordinaire des ministres du vendredi dernier, a consacré le limogeage provisoire pour raison d’enquête, du ministre François Noudégbèssi, dans le cadre de l’épineux dossier « Cen-Sad, Cic et Palais des Congrès ». Cette décision quoique salutaire, ne vient que renforcer certaines doutes surtout lorsqu’elle intervient au lendemain de la conférence de presse de Me Adrien Houngbédji, président du Prd.Réuni le vendredi 10 juillet dernier, en séance extraordinaire le conseil des ministres s’est une fois de plus prononcé sur l’affaire « Cen-Sad, Cic et Palais des Congrès ». Face à « la volonté du Gouvernement de faire une auto évaluation dans le cadre de sa politique de transparence et de bonne gouvernance des affaires publiques », et considérant le fait que « le Comité de l’Ige n’est pas parvenu à situer nettement les responsabilités réelles des uns et des autres dans les faits répréhensibles relevés », le même conseil des ministres du Changement, qui s’était déjà convaincu de l’unilatéralité de l’engagement du ministre Lawani dans l’affaire « Cen-Sad, Cic et Palais des Congrès », revient en arrière une semaine après, pour mettre sur pied une autre commission dite « neutre », pour poursuivre les investigations concernant le même dossier. C’est comme si le gouvernement doutait de la crédibilité du rapport de l’Ige, sur lequel il s’est basé pour sanctionner le ministre Lawani et certains cadres lampistes émanant du ministre Noudégbèssi.
De qui le Changement se moque t-il ?
Même si le ridicule ne tue pas, il faudrait que l’on cesse de distraire le peuple qui est confronté actuellement aux problèmes de survie, d’inondation et de délestage. A voir l’ossature de la « Commission neutre », composée, de Stanislas Pognon, d’Alidou Koussey, de Sévérine Lawson, de Richard Adjaho, on ne peut que se plaindre de l’éternel recommencement dont démontre le régime du Changement. On prend les mêmes et on recommence. Ce qui devrait encore plus choquer l’attention du Béninois lambda, c’est la présence dans cette nouvelle commission, de M. Richard Adjaho, président patenté de la fameuse commission qui s’était occupée d’un redécoupage territorial catastrophique de notre superficie nationale, et qui continue de faire des mécontents un peu partout dans le Bénin. Dans ces conditions hérétiques où le ridicule rudoie le perspicace, quitte à bafouer l’intérêt national, l’on ne peut que se douter de la crédibilité des résultats escomptés. Une énième fois et à ne jamais finir, le gouvernement du Changement organise un cafouillage gigantesque autour d’un dossier qui se trouve être d’une grande importance. Mais cela ne devrait guère étonner considérant l’illustre exemple dont avait fait montre l’Exécutif, dans les détournements de fonds à la Sbee mettant en accusation d’éminents barrons du Changement en la personne de Célestine Adjanohoun et de Luc da Matha Sant’ Ana.
Quelle est la priorité du Chef de l’Etat ?
Seulement, la panoplie de détournements à tout vent et d’affaires de corruption au sommet du Changement à faire capoter les méninges, ne devrait pas nous éloigner du nécessaire car, il faille en tout et pour tout, sauver, dans la mesure du possible, notre paix qui nous est tant vitale. Une paix qui s’est vu ébranlée par des déclarations éminemment régionalistes, du ministre Fagnon, qui continue toujours de siéger au sein du gouvernement du changement. Il est donc perspicace de se questionner sur le classement que le Chef de l’Etat accorde dans son agenda à ses priorités, si tant est qu’il en a. Car, entre celui qui brave l’unité nationale d’un pays, quitte à mériter l’interpellation du Président de la République par la représentation nationale qui se révèle être le reflet de tous les Béninois, et celui dont on soupçonne un pillage quelconque de l’économie nationale quitte à handicaper le développement harmonieux de la cité, qui mériterait à être éjecter de l’Exécutif ? En tout cas, Boni Yayi est le seul à détenir le secret de sa « gouvernance partagée » frappée de sa notion de « zéro corruption ». Néanmoins il faille rappeler aux chantres du Changement, qu’on peut tromper tout le peuple un certain temps, qu’on peut tromper une partie du peuple tout le temps mais qu’on ne peut jamais tromper tout le peuple tout le temps.
Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN 13/07/09
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