Célébration du 1er août à Lokossa: Le cafouillage du gouvernement du Changement
À environ deux semaines du jour marquant les festivités de la fête nationale de l’accession du Bénin à l’indépendance, nombreux sont les Béninois qui s’interrogent sur la réussite de cet événement à Lokossa. En dépit de la publicité tapageuse faite autour de cette édition, il s’avère que les milliards de francs cfa investis dans une zone hautement marécageuse, peinent à porter leurs fruits.Le 1er août 1960 marque l’accession du Bénin à l’indépendance. Dès lors chaque 1er août de chaque année, consacre les festivités rentrant dans la célébration de cet événement. Mais depuis l’avènement du régime du changement en 2006, dans le souci de l’Etat « Fcbe-Umpp-Convergence 2011 » d’instaurer une stratégie de développement participative impliquant toutes les contrées de la République du Bénin, les festivités ont été délocalisées dans les autres villes du Bénin. C’est à cet effet que, les villes de Parakou et d’Abomey, ont successivement accueillies les festivités des années 2007 et 2008. Ainsi, la ville de Lokossa a été retenue pour abriter les cérémonies officielles de cet évènement de cette année. Il est même prévu l’organisation d’une foire de l’indépendance dans la deuxième quinzaine du mois de juillet. Lorsqu’on se rend compte qu’on est à un jour près de ce délai fixé par les organisateurs, l’on ne peut que se montrer pessimiste quant aux chances de réussite de cet évènement à Lokossa. En réalité, ce fut le désormais ex-ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, François Noudégbèssi, qui avait posé les actes donnant « espoir » aux populations. Il a officiellement confié le bitumage de la double voie mairie-Sitex-Iut devant abriter le défilé militaire à l’entreprise Adéoti et l’aménagement de la place de l’indépendance à l’entreprise Mayaric. D’une longueur totale de 2850 m avec une largeur de 7 m chacune, la double voie en réfection comprend un terre plein central de largeur variant entre 0,5 m et 2 m, un système d’éclairage avec des feux de signalisation et estimé à un coût global de 1,.5 milliard de francs Cfa. La réhabilitation de la place de l’indépendance, quant à elle, implique l’aménagement de la tribune officielle, du jardin public avec des toilettes, des bancs publics avec des jets d’eau sur une surface totale de 60.000 m2, le tout s’élevant à 3,5 milliards de francs Cfa. Et à en croire les autorités, les sites réfectionnés devraient officiellement être remis au gouvernement le 24 juillet prochain. Mais, force est de constater que la vérité des lieux ne justifie point l’imminence des délais fixés par les entrepreneurs. A travers nos enquêtes sur les lieux, le constat est qu’il serait encore en train d’être érigés de potentiels éléphants blancs dans le Mono-Couffo. Nombres d’acteurs de la scène politique béninoise n’ont d’ailleurs pas manqué de dénoncer toute la mascarade qui s’orchestre autour des vraies finalités qui sont derrière ces travaux. La dernière en date, se révèle être la lettre ouverte qu’avait adressée à l’endroit du Chef de l’Etat, le 04 juillet dernier, le Collectif des jeunes ressortissants des départements du Mono-Couffo résidant à Cotonou (Cojered-Mcc). Dans cette correspondance, à l’instar de toutes les autres voies qui s’étaient déjà précédemment levées, le Collectif, après avoir effectué une descente inopinée sur la commune de Lokossa afin de constater l’état d’avancement des préparatifs du 49è anniversaire de l’indépendance, constate avec stupéfaction le ralentissement des travaux : les villas présidentielles en chantier, bien qu’étant déjà construites dans des zones marécageuses, se voient déjà lancer dans une rudoyante phase d’engloutissement avant même l’achèvement des travaux ; le stade municipal et le boulevard devant accueillir le défilé et même la cour principale de la mairie, affichent encore un visage gréseux, symptomatique de potentiels futurs éléphants blancs. Egalement le Collectif se demande si la célébration de la fête du 1er août 2009 à Lokossa ne sert-il pas à une manœuvre politicienne du pouvoir du Changement, visant à instrumentaliser l’évènement à défaut d’en faire une option de développement. Seulement, s’il y a bien une chose qui devrait mériter toute l’attention du Béninois lambda, c’est qu’une fois encore, les travaux aient été confiés au grand soin du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, criblés de « cadres qui agissent unilatéralement » avec à la tête, un ministre qui n’est jamais au courant de rien du tout comme le président de la République qui l’a nommé et démit sous menace de l’opposition et des investisseurs. L’illustre exemple en est donné de la gestion faite par ces derniers du dossier Cen-Sad et consorts. A deux semaines des festivités et à des jours poussières du démarrage de la foire de l’indépendance prévue pour la deuxième quinzaine du mois en cours, le constat est alarmant. Le Changement osera t-il encore nous affirmer que ce fut un autre ministre qui aurait agi unilatéralement ? Le peuple est témoin et il jugera au moment opportun car il ne faudrait pas que l’on confonde son silence à une quelconque « attestation d’ignorance » prononcée.
Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN 14/07/09
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