Election à la Fédération béninoise de football: Une guerre entre les amis d’hier
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la bataille pour la succession est entrée dans sa phase décisive à moins d’un mois de l’assemblée générale élective. Pendant que les observateurs ont les yeux rivés sur les prétendants, les acteurs de différents bords multiplient les déclarations, selon que l’on appartient à un clan ou à un autre. Après moult réflexions et analyses de la situation, deux clans se dessinent pour l’instant. Avec à leur tête deux membres de la fédération et pas des moindres. C’est une guerre entre les amis d’hier qui s’annonce.Pour la succession d’Anjorin Moucharafou à la tête de la Fédération béninoise de football deux candidatures sont envisageables pour l’instant. Le président sortant Anjorin Moucharafou n’est pas prêt à partir, même si ce dernier n’a pas encore déclaré officiel sa candidature. L’autre candidature qui a été déjà annoncée mais pas de façon stratégique, c’est celui du secrétaire général de la Fédération béninoise de football Bruno Didavi. Autour de ces deux personnalités vient se greffer un bon nombre d’acteurs et de passionnés du football. Si pour l’un ou pour l’autre des potentiels candidats on note divers soutiens, on constate également une tension de plus en plus vive sur fond de déclaration tous azimuts entre ceux qui hier avait combattu ensemble Martin Adjagodo jusqu’à l’évincer totalement de la scène footballistique béninoise. Après la lettre du président de la Ligue régionale de football de l’Atlantique et du Littoral Quentin Didavi adressée au président de la Fbf, le président du Tonnerre Fc de Bohicon Valère Glèlè et le Directeur technique de l’As Pac Pierre Hinvi sont montés à leur tour au créneau à plusieurs reprises pour dénoncer la mauvaise gestion du président de la Fédération béninoise de football (Fbf). Dans leurs propos, les deux hommes parlent de plusieurs millions de francs Cfa qui sont restés injustifiés.
La guerre des Clans
Mais, le patron du football n’est pas resté sans réaction. Il a contre attaqué en invitant le Directeur technique de l’As Pac et le président du Tonnerre Fc de Bohicon à apporter les preuves de leurs allégations, au risque de se voir appliquer le règlement statutaire. Les deux hommes courent le risque d’être sanctionnés et interdits de toute activité au sein d’un club de football s’ils n’arrivent pas à se justifier. Comme quoi, le président de la Fbf est décidé à se blanchir dans les affaires de détournements dont on l’accuse. Au vu et su de tout ce qui se passe à quelques jours du renouvellement du bureau du comité exécutif de la Fbf, c’est une guerre entre deux clans qui a commencé. Une chose est claire, avec les déclarations de Pierre Hinvi et Valère Glèlè, ces deux responsables de club ne soutiendront pas le Président sortant. Mais, puisqu’ils doivent quoi qu’il arrive, se ranger derrière un candidat, on peut déjà conclure qu’ils mènent une lutte pour le secrétaire général. De toutes les manières, face aux différentes déclarations auxquelles nous assistons ces derniers temps, c’est une guerre ouverte entre les amis d’hier qui ensemble avaient mené la lutte qui a conduit en 2005 Anjorin Moucharafou à la tête de le Fbf.
Et si Sébatien Ajavon était candidat ?
Le richissime homme d’affaires béninois et président du Centre international de formation Sébatien Ajavon (Cifas) peut bien être candidat. Même si entre temps il avait déclaré qu’il n’est point intéressé par le poste du président de la Fédération béninoise de football, sa nomination subite à la tête d’un club phare du football béninois (les Requins de l’Atlantique) inquiète. Connu pour sa rigueur, son sens de gestion, et sa capacité à investir dans le football, Ajavon peut être l’homme idéal pour diriger le football béninois. Si sa candidature se confirmait, se serait le véritable renouveau du football béninois dont le championnat est sur le point de passer à l’étape professionnelle.
Marcel Houéto
Journal 24 HEURES AU BENIN 16/07/09
Publicité