Changement : les nuages s’amoncèlent
Le ciel du Changement, concept qui a porté le régime au pouvoir ne fait que s’assombrir. Le dernier coup en date a été porté aux griots du régime en place par le président de l’Ong Alcrer Martin Assogba, hier dimanche sur l’émission ‘’Zone franche’’ de la chaîne de télévision Canal 3. Avant la sortie du tonitruant Martin Assogba, les thuriféraires du pouvoir en place, sans retenue aucune sont montés à tour de rôle au créneau pour polluer l’opinion. Du reste, les « Jeunes patriotes du Bénin » et les « Femmes leaders des Fcbe » et autres caisses de résonance de la mouvance présidentielle ont effectué une sortie médiatique pour non seulement apprécier de façon positive la réaction du Chef de l’Etat par rapport à la gestion du dossier de la Cen-Sad, mais surtout vitupérer l’opposition pour avoir eu le courage de dénoncer la politisation à outrance du dossier. Pour les caciques du pouvoir, « le roi n’est pas nu et le poisson ne pourrit pas par la tête ». Mais lors de sa sortie médiatique, Martin Assogba a fait savoir qu’il s’agit là d’un amalgame dans la mesure où après avoir découvert la nébuleuse, les députés avaient refusé de certifier le collectif budgétaire pour lequel, le chef de l’Etat a pris une ordonnance après avoir envoyé une dizaine de ministres du gouvernement défendre du faux au lieu d’instruire l’Inspection générale de l’Etat à faire la lumière sur les allégations des députés. Si tant est que ‘’le poisson ne pourrit pas par la tête et que le roi n’est pas nu’’ comme le dirait l’autre, pourquoi avoir attendu plus d’un an après pour commanditer et publier ce rapport ? Le peuple n’est pas dupe. Il trouve inadmissible, impensable voire étrange qu’on tente de lui faire croire que la responsabilité du Premier Magistrat n’est pas engagée dans ce dossier. Dès lors qu’il s’est donné la liberté de voter le collectif budgétaire par ordonnance après les soupçons de malversations des Représentants du peuple et la réaction des médias, son implication est établie qu’on le veuille ou non. Il y a tant de dysfonctionnements qui s’accumulent au sommet de l’Etat que l’on résiste ou tarde à sanctionner. D’abord, selon le constat et l’avis de maints observateurs, tout se passe comme si le régime en place ignorait que la bonne gouvernance est désormais le credo des Béninois. Ce qui amène à noter, à la suite de l’opinion nationale que le régime du Changement ne fait pas l’effort de comprendre les signes des temps. Indubitablement, le chantre du Changement a oublié que lorsqu’un mal mine une société, il faut le combattre, toutes affaires cessantes, sans perdre de vue qu’on ne le vainc qu’en réformant cette société. Et que ce combat et cette réforme sont, avant tout, des tâches du pouvoir, car c’est pour cela qu’il existe aussi. Dans le même ordre d’idées, il a oublié également qu’un gouvernement qui hérite l’enfer n’érige pas devant lui un mur des lamentations. Moins encore, il ne s’évertue pas à l’entretenir, mais il fait feu de tout bois, même vert, pour le détruire.Journal 24 HEURES AU BENIN 20/07/09
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