Un camouflet cinglant

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le dialogue politique national est un vœu qui n’a aucune chance d’aboutir. La coalition des forces politiques réunies au sein l’inter-groupe G et F a rejeté l’offre du ministre en charge des relations avec les institutions.
Le rejet a été motivé par des préalables qui se résument à travers l’éventuel arrêt de la campagne précoce qui bat son plein actuellement dans le pays. Le service public d’information est aujourd’hui handicapé par le refus délibéré de faire l’équilibre de l’information.
Ce ne sont pas des conditions insurmontables pour le régime.
Au-delà de ces conditions, il y a une vision visiblement étroite des relations avec les institutions qu’affiche consciemment ou inconsciemment l’administration Bada Body.
Le dialogue politique national n’est pas une chose bien pensée par cette institution. Qu’il vous souvienne qu’au commencement, ce fut d’abord une humeur du Président de la République. Cette émotion qui dégageait une odeur de peur, d’angoisse avait un seul objectif : embarrasser les leaders de l’opposition qui avaient programmé une messe de déculotté politique pour les 28 et 29 novembre 2008 à Abomey. Comme on le sait depuis peu, c’est une caractéristique essentielle du pouvoir : improviser pour régler la conjoncture.
Si tant est que le gouvernement prend au sérieux l’initiative du dialogue, comment peut-il attendre huit mois après les assises d’Abomey pour relancer le dialogue politique national ? Il y a une réponse à cette léthargie : le ministre en charge des relations avec les institutions n’a pas été encore instruit. Il a dû attendre longtemps avant d’être relancé par le Président de la République. C’est une autre façon d’être ministre.
Pour la forme, il y a matière à affirmer que le dialogue politique national n’est pas une préoccupation du gouvernement. C’est pour l’exécutif une distraction, un instrument de diversion.
Le fond du dialogue politique national est illisible, incolore et inodore. Le dialogue suppose un sujet de discorde, des interlocuteurs, un cadre, un langage. Les préalables posés par l’opposition montrent que le gouvernement a un dessein à peine caché : Faire signer des états de primes de déplacement aux leaders de l’opposition pour justifier les nombreux trous d’air perceptibles dans les budgets à scandales du gouvernement.
Quel dialogue peut-on entreprendre avec un régime pour qui lois, règlements, statuts, arrêtés, notes de service, circulaires sont des mots étranges ? Un gouvernement qui a fait des marches une activité gouvernementale a-t-il encore la tête pour échanger ? Les scandales qui s’enchaînent à n’en pas finir commencent à lasser plus d’un.
Le dialogue politique national n’a pas de sens dans un contexte où le régime semble vouloir déposer le bilan.

Marie-Richard Magnidet
Journal LA PRESSE DU JOUR  20/07/09
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Publié dans Politique nationale

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