Départ de Yayi en 2011 : « Un acte de salubrité citoyenne » dixit Gaston Zossou: "Nous sommes tombés dans un piège à Buffle", Gouvernance politique du changement

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le retour sur la scène politique de l’ancien ministre Gaston Zossou du régime Kérékou a été effectif ce week-end à la faveur de l’émission « Zone Franche » organisée hebdomadairement sur la chaîne privée Canal3 TV. Pendant la première partie de ce débat, l’invité de marque dans un style raffiné et imagé a peint sans détours la désordre que le changement propose depuis trois ans comme mode de gouvernement. A la fin, sa sentence a été implacable : Les dérives du changement ont atteint selon l’invité, le seuil de la pourriture.
L’ancien ministre du gouvernement du président Mathieu Kérékou est sorti de sa réserve pour apprécier la gestion du pouvoir actuel qu’il traite de cynique. C’était hier sur l’émission « Zone Franche » de Canal3TV.

Dès l’entame du débat, il a dit que son départ n’était pas un drame et le pouvoir ne l’a jamais soulé comme ce fut aujourd’hui le cas avec les actuels membres du gouvernement du changement. Ce dernier lui avait tellement donné espoir qu’il a dit avoir accompagné l’actuel régime de ses bons vœux.

Malheureusement, ils se sont mis à diaboliser le régime défunt et surfer sur des nuages de la corruption a-t-il déplorer. Pour lui, la grosse machine de changement est une chose orchestrée pour faire dormir les peuples et piller les ressources accumulées au prix de lourds sacrifices. Gaston Zossou a affirmé que nous avons franchir le rubicond avec ce régime qui a pour mode, le pillage systématique des ressources de l’Etat.

Son désir de parler en ce moment précis est né du désordre et du chaos qui s’observent au sommet de l’Etat. Ce dernier est aujourd’hui dans un labyrinthe de gloutonnerie et de séisme économique. Se taire serait un crime pour des individus qui sont encore lucides et pensent que ce régime devrait déposer sa valise en 2011 a ajouté l’invité.

Se prononçant sur la sortie du gouvernement dans ce dossier de la Cen-Sad, l’ex ministre de Kérékou s’est refusé de croire en la bonne foi d’un gouvernement qui s’est vu contraint d’agir sous la pression des partenaires au développement et cela ne saurait le dédouaner. « Nous pensons qu’il ne faut pas être tendre envers des gens qui sont cyniques et laissent mourir les paisibles populations » a renchéri l’invité pour exprimer son amertume et sa désolation face à un régime qui est loin de ce qu’on aurait pu imaginer.

Pour l’invité, le pays est comme pris dans un piège à buffle et il ne pourra pas seul le sortir d’affaire et c’est ce qui explique son appartenance au grand groupe l’Union fait la Nation (UN) pour mettre fin constitutionnellement à ce gouvernement aux prochaines joutes électorales de 2011. Pour le mal qui ronge le peuple, il est évident de guérir ce peuple de son mal. Dans une émission qui a duré le temps substantiel, l’invité a souvent canalisé ses propos pour se faire plus clair et compréhensif dans un débat qui a forcement baissé d’intensité dans la deuxième heure.

« Nous sommes tombés dans un piège à Buffle »
L’ancien ministre du régime défunt, Gaston Zossou aujourd’hui sympathisant de l’Union fait la Nation est intervenu hier sur la chaîne de télévision privée « Canal 3 ». C’était une occasion pour ce tribun de dénoncer « le piège à buffle » dans lequel le Bénin est tombé en mars 2006.

Gaston Zossou n’a rien perdu de son éloquence. Il a dénoncé sans complaisance, le changement qui constitue « une grosse tromperie pour engourdir et endormir le peuple ». Exemple à l’appui, Gaston Zossou a stigmatisé le régionalisme, la corruption généralisée qui caractérisent le régime du changement. L’achat de députés, le contrat du gouvernement avec la presse et les tentatives de corruption des chefs traditionnels, tous ces maux n’ont pas été occultées par l’invité de « Zone franche ».

Concernant le scandale de la Cen-Sad, Gaston Zossou a estimé que c’est la « première escale visible de la corruption » et que la gourmandise a été sans limite dans ce dossier là. La réfection de la route aéroport-Air Afrique évaluée à quatre milliards sous le régime précédent et réalisée gré à gré à 13 milliards de F CFA sous le changement, le scandale de la réfection du Palais des congrès et du CIC, poussent l’ancien ministre à déclarer que « Il n’ y a pas à être tendre avec ce régime ». Le souhait de l’initiateur du point de presse hebdomadaire du gouvernement dans notre pays est que d’ici 20 mois, le départ des gens qui nous gouverne soit un acte de salubrité citoyenne.

La phobie du vert
Abordant la révolution verte décrétée par le gouvernement, Gaston Zossou a dit qu’il est insensé que pour la mécanisation de l’agriculture, l’exécutif commande d’abord les tracteurs et autres machines avant d’entamer la recherche des terres cultivables et que ce faisant, il ne serait pas illogique de croire que c’est des intérêts personnels qui ont guidé l’acquisition de ces machines agricoles.

Aujourd’hui, Gaston Zossou a horreur de la couleur verte car, aujourd’hui, on parle de marche verte contre la corruption, de révolution verte alors que la mésaventure que traverse le peuple béninois est née d’un bulletin vert pour faire allusion à la couleur qui caractérise le régime de Boni Yayi.

Gouvernance politique du changement
Le ministre Gaston Zossou au cours de ce débat s’est longuement attardé sur la parure politique du pouvoir de Boni Yayi. Les orfèvres du changement savent si bien surfer sur le régionalisme.

L’argent qui achète tout, la cohésion sociale qui est menacée, l’équilibre régional dans les nominations sensibles qui n’est pas respecté, l’administration politisée où tous les Béninois n’ont pas la même chance parce qu’ils n’appartiennent pas à la région d’origine du chef, la promotion du régionalisme par des représentants officiels de l’Etat… Voilà quelques uns des morceaux choisis par le ministre Gaston Zossou qui a stigmatisé par la virulence qu’on lui connaît toutes ces dérives en la matière.

En effet, l’ex ministre de Kérékou a critiqué toutes les formes transversales et horizontales que le régime actuel utilise pour opposer les Béninois. « Notre administration n’a jamais été dirigée de façon aussi régionaliste » a-t-il lâché pour finir. C’est d’ailleurs ce qui justifie la réaction de la Représentation nationale. Face à cet état de chose, il a souhaité qu’on fasse un Bénin uni et fort qui ne doit pas être émietté.

Il signe le livre de condoléance du régime en place
« Nous avons 20 mois pour faire partir ce que nous voyons aujourd’hui ». C’est ce qu’a déclaré l’ancien ministre Gaston Zossou sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 Bénin hier dimanche 19 juillet 2009. Appréciant les prochaines échéances électorales à venir, l’invité a fait les projections. Sur cette question, M. Zossou a dit clairement qu’il a signé le livre de condoléance du régime de changement. Car, pour lui son candidat sera celui de « L’Union fait la Nation ». Et pour cause, Yayi a déçu sur toute la ligne. Selon lui, le changement est une grande dose d’anesthésie que les Béninois avaient reçu en 2006 et qui les conduits en trois ans dans du gouffre. C’est d’ailleurs ce pourquoi il a indiqué qu’aujourd’hui, il a la phobie de la couleur verte. Il est allé plus loin en précisant que la marche verte contre la corruption a conduit le Bénin droit dans une corruption sans précédent sous le changement. S’agissant de l’affaire Cen-Sad, il a soutenu que c’est la plus grosse opération d’arnaque qui n’ait jamais été dans un pays pauvre. Du point de gouvernance économique comme politique, l’homme, a dans son argumentaire clair et convainquant montré que Boni Yayi et son régime ont failli et doivent partir à la fin de leur mandat en 2011..

Journal LE GRAND JOURNAL 20/07/09
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Publié dans Politique nationale

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