EN TOUTE EXPRESSION : Et déjà Lokossa !
Les chantiers inaugurés çà et là et tambour battant par le régime du changement ont décidément du plomb dans l’aile. Les travaux démarrent en trombe pour la plupart puis, de la même manière et dans les mêmes conditions quasiment, connaissent un ralentissement qui, au pire des cas, dure le temps pour les populations bénéficiaires de donner dans le désenchantement total, et au meilleur des cas, reprennent et se poursuivent par à-coups pour, au bout du compte, s’achever dans la précipitation.Et la précipitation étant une médaille qui, comme toutes les médailles a son revers, la suite de la réception des ouvrages livrés par les entrepreneurs devient une situation à polémique, faite d’audits et autres vérifications de gestion qui mettent en ébullition la cité. Ou, afin d’éviter de donner du petit lait à siroter par une opposition en mal de dossiers susceptibles de confondre le pouvoir, celui-ci opte purement et simplement pour un silence, aussitôt interprété par les opposants comme une caution à la mauvaise gouvernance.
Inutile de revenir sur le feuilleton Cen-Sad qui fait couler, à n’en plus finir, de l’encre et de la salive et qui n’est pas près de connaître son épilogue dans les prochains jours. Faut-il rappeler aussi les chantiers engagés dans le cadre des festivités ayant marqué la célébration de la fête de l’indépendance à Parakou, il ya un an ?
Un an après Parakou, et déjà Lokossa est sur le point de connaître sa part de polémique.
Le chef-lieu des départements du Mono et du Couffo, Lokossa, retenu pour abriter les manifestations officielles du 1er août 2009, fait déjà parler de lui, comme pour annoncer le débat lié à la gestion des fonds ou à la sélection des entrepreneurs devant réaliser les ouvrages prévus pour accueillir le défilé officiel et l’hébergement des personnalités et délégations, dans le cadre de la célébration de la fête nationale.
A quelques jours de l’événement, les autorités préfectorales du Mono et du Couffo s’évertuent à donner de leur chef-lieu le visage le plus plaisant possible, aux fins de susciter l’intérêt et l’engouement souhaités en pareilles circonstances pour une ville qui se prépare à démontrer sa capacité à organiser les manifestations de la fête de l’indépendance. Publicité à l’appui, la préfecture de Lokossa ne désempare pas dans les efforts qu’elle déploie au quotidien pour faire de la fête un succès, depuis que cette localité a été officiellement désignée pour succéder à la ville de Parakou.
Seulement, on ne saurait parler de la célébration de la fête de l’indépendance à Lokossa sans s’inquiéter un tant soit peu de l’éternel virus qui ronge le milieu des travaux publics au Bénin. On se rappelle qu’avant même de connaître le mauvais sort qui l’a frappé après la construction des villas Cen-Sad et la réfection du Centre international des conférences et du Palais des congrès, le ministre François Noudégbessi avait visité à maintes reprises les chantiers de Lokossa, exactement dans les mêmes conditions qu’il n’a eu de cesse de le faire pour la Cen-Sad dont on connaît la suite.
La ville de Lokossa, avec des chantiers à moitié achevés, promet telle des lendemains tendus et à rebondissements comme Parakou, la Cen-Sad et consorts ? C’est le sentiment que l’on a, pour l’heure. En attendant Godot…
Sébastien DOSSA
Journal NOUVELLE EXPRESSION 20/07/09
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