Interdiction de la marche des travailleurs annoncée pour ce jour : Le pouvoir Yayi durcit le ton (Les premiers signes d’une dictature certaine)
La gigantesque marche des travailleurs annoncée depuis quelques jours par la presse et qui est prévue pour le mardi 21 juillet 2009 n’aura finalement plus lieu. C’est tard en fin de journée du lundi 20 juillet 2009 que la note de refus est parvenue aux organisations syndicales. Une décision qui montre la nouvelle dictature prise par le régime Yayi.Le régime Yayi durcit le ton ! Après ce qui s’est passé le samedi 18 juillet 2009 où la police a empêché une marche pacifique des femmes d’un parti politique, c’est maintenant le tour des centrales syndicales de découvrir la réalité du pouvoir Yayi en perte de vitesse. Cette réalité, c’est qu’aujourd’hui, leur marche annoncée à grands bruits ne pourra plus se tenir. La raison : seul le gouvernement pourra la connaître. Dans l’arrêté préfectoral qui interdit la marche, le préfet a annoncé comme motif : « risques de troubles à l’ordre et la tranquillité publics ». Un motif qui se passe de commentaire.
Depuis l’avènement du changement, c’est la première fois que le gouvernement perçoit la menace à l’ordre public à travers une marche des travailleurs. Si en l’espace de trois jours, le gouvernement interdit deux marches de suite, il y a lieu de tirer rapidement les conclusions qui s’imposent. La première c’est que Boni Yayi veut instaurer un régime fort, seul moyen pour lui de tout contrôler (parti politique, associations syndicales, société civile, presse etc). Si des marches pacifiques sont interdites avec autant de facilité, c’est dire que désormais seuls les partis politiques ou mouvements soutenant l’action gouvernementale auront droit de cité. A preuve, le samedi 18 juillet 2009 où le gouvernement interdisait la marche des militants de Nep Mixalodo, le même gouvernement sous la bénédiction du ministre Armand Zinzin-dohoué se retrouve aux côtés des transhumants Prd Gbèdan, Zannou et Dossou à Sèmè-Kpodji pour la création d’un mouvement politique. Cela dénote vraiment du Yayisme. La seconde conclusion à tirer est que le Bénin risque de retrouver la dictature durant les 20 derniers mois du régime du changement. Le scandale Cen-Sad a fini par déboussoler le gouvernement qui ne sait plus quoi faire au juste. Ainsi, il semble qu’il est dorénavant question d’empêcher toute manifestation autre que celle des cauris. Les travailleurs se laisseront-ils faire ? La balle est dans leur camp.
Une manœuvre du gouvernement
La décision d’interdiction de la marche des travailleurs ne doit surprendre personne. Déjà dans la matinée d’hier, certains responsables syndicaux avaient eu vent de ce que le gouvernement usait de tous les moyens pour empêcher la tenue de l’évènement. C’est d’abord la méthode de division qui a été utilisée sans suite. Des instructions ont été données par la suite au préfet des départements de l’Atlantique et du littoral pour agir. Et, comme cela se passe d’habitude, Jules Hessou a agi en bon exécutant. Ce n’est pas pour la première fois qu’il le fait. Ainsi, il découvre les réalités du poste qu’il occupe. Ses prédécesseurs avaient fait pire, surtout au lendemain de la proclamation des résultats des communales et municipales. Mais, la suite on la connaît. Ce qui est certain ; c’est que par l’acte qu’il vient de poser, le Bénin retrouve à nouveau la liste des pays où pour rien de tout on interdit aux travailleurs et aux militants de certains partis politiques de manifester. Un grand pas en arrière dans le processus démocratique de notre pays.
Grégoire Amangbégnon
Journal LA PRESSE DU JOUR 21/07/09
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