Interdiction de la marche de protestation du Nep- Mixalodo: L’arbitraire s’installe progressivement
Le parti Nep- Mixalodo de M. Gnimagnon a été interdit par le préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, d’organiser le samedi dernier une marche de protestation contre la cherté de la vie et la corruption qui sévissent au Bénin, alors que toutes les dispositions administratives étaient déjà prises. Est-ce à dire qu’au Bénin, seules les marches de soutien à Boni Yayi sont autorisées ?Le Bénin est-il devenu une république bananière, où seuls les proches du pouvoir ont tous les droits et les autres bafoués rejetés et châtiés ? On a tendance à le croire si l’on se réfère aux évènements de non droit qui se déroulent actuellement au Bénin. Tous ceux qui ne parlent pas le langage du régime du Changement sont voués aux gémonies. Le dernier cas en date remonte au week-end écoulé. Le parti Nep- Mixalodo de M. Gnimagnon avait décidé d’organiser le samedi 18 juillet dernier, une marche de protestation contre la cherté de la vie et la corruption généralisée qui caractérisent le régime du Changement. Alors que toutes les dispositions administratives étaient déjà prises pour le déroulement pacifique de la manifestation, le préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral a cru opportun d’interdire la manifestation. Selon les organisateurs de cette marche, il leur a été dit que seuls les marches et meetings vantant les mérites du président de la République Boni Yayi et son gouvernement sont désormais autorisés au Bénin. Cette information vient corroborer la situation que vivent les Béninois chaque jour et qui devient de plus en plus inquiétante. Aujourd’hui, Il est quasiment impossible de suivre un bulletin d’informations sur nos chaînes de télévision et radios publiques que privées, sans que ne soit diffusé le moindre élément se rapportant à une quelconque marche, de quelque parti pro Changement, et Dieu sait qu’ils sont aussi nombreux que les grains de sables marins. L’exemple des Fcbe, Umpp, Convergence 2011 et consorts, est très édifiant. Et pour animer la vie politique béninoise, ces mouvements n’ont visiblement pas trouvé mieux. Le triste phénomène qui s’observe ces derniers temps reste le fait qu’à chaque nomination d’un ministre ou Directeur Général de société publique, les populations de la localité dont est issue le nominé, se mettent à marcher sous le soleil et sous la pluie même torrentielle. C’est la première fois qu’un tel sketch aussi simiesque et rabaissant, se perpète au Bénin. Et c’est sous la bannière du Changement que cela s’organise et s’excelle. Le Changement se plaie à balkaniser la superficie de la République du Bénin. Ce qui reste encore des plus écœurants, c’est le fait que le ministre Topkanou, ose monter au créneau pour défendre la cause de ces marcheurs impénitents plutôt que de dénoncer les violations des droits élémentaires refusés autres animateurs de la vie politique et publique. Sans omettre le fait que le même concerné, avait organisé une dite messe suivie de réjouissances dans sa localité en son propre honneur et pour remercier le Chef du Changement de l’avoir promus. Où est donc passé l’intellectuel qu’il devrait être ? Même la liberté d’action se trouve être occultée au détriment de motivation hautement autocratique. Après les nombreuses malversations financières qui ont tôt fait de mettre à nu « la fanfaronnade anti-corruption » du Changement, voilà enfin l’Etat autocratique. Vers où s’achemine ce Changement qui s’amuse à tout changer ?
Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN 21/07/09
Publicité