Célébration du 1er août à Lokossa: Eviter une clôture à coup de centaines de millions
À quelques jour de la fête de l’indépendance, nombreux sont les Béninois qui s’interrogent sur la réussite de cet événement à Lokossa. Surtout que les travaux sont confiés au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, précédemment géré par l’un des ministres épinglés dans le « Cen-Sad Gate », François Noudégbèssi.Certes le 1er août de chaque année, marque la fête nationale d’indépendance de notre pays le Bénin, mais cette opportunité constitue un creuset pour les chantres du Changement, de s’enrichir illicitement. Dès lors les entrepreneurs s’étaient autrefois entrechoqués pour gagner le chantier qui sera finalement confié à quelques uns. Pour le bitumage de la double voie mairie-Sitex-Iut devant abriter le défilé militaire, c’est fut l’entreprise Adéoti qui a été l’heureuse élue. Quant aux travaux d’aménagement de la place de l’indépendance, ils ont été confiés à l’expertise de l’entreprise Mayaric. La double voie en réfection a dû couter globalement 1,5 milliard de francs Cfa alors que la réhabilitation de la place de l’indépendance, quant à elle, a impliqué l’aménagement de la tribune officielle, du jardin public avec des toilettes, des bancs publics avec des jets d’eau sur une surface totale de 60.000 m2, le tout s’élevant à 3,5 milliards de francs Cfa. Ce qui devrait surtout inciter la curiosité du Béninois lambda, c’est le fait que les travaux aient relevés de l’expertise du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat qui regorge de cadres très compétents mais qui savent éminemment agir unilatéralement. Qu’il vous souvienne que c’est l’ex-ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, François Noudégbèssi, qui pilotait ce dossier. Lorsqu’on sait toute la gabegie financière dont aurait été coupable ce ministre dans le « Cen-Sad Gate », l’on ne peut que craindre pour le sort qui sera réservé auxdits travaux. Un adage ne dit pas « qui a bu, boira » ? Ce qui devrait encore constituer un fait saillant d’analyse, c’est le devoir de mémoire qu’on devrait se faire par rapport à l’édition défunte. Qu’il vous souvienne que la simple clôture de l’enceinte du stade de Parakou, a coûté la mirobolante somme d’environs 300 millions de nos francs. Ne s’acheminerait-on pas vers une répétition du même scénario ? Est-ce que les autorités compétentes du Changement peuvent nous fournir un chiffre exact du montant dépensé de l’édition 2008 alors que les chantiers pointent encore des éléphants blancs ? Mais en réalité, l’on ne devrait point espérer mieux de ce gouvernement qui n’a toujours pas encore rendu public les nombreux et fameux audits diligentés à tout vent dans toutes les structures publiques. Si l’Etat « Fcbe-Umpp-Convergence 2011 » voulait réellement montrer sa bonne foi, il ne devrait pas lésiner quant à ses sorties médiatiques pour expliquer dans les détails les montants engagés dans les différents projets du moment où il s’est déjà arrogé le monopole des médias et de la liberté personnelle d’action. C’est à croire que sous le Changement, à défaut d’avoir droit à une stratégie de développement participative impliquant toutes les contrées de la République du Bénin en toute équité, l’on rudoie le peuple à coup de fantaisies politiques puériles avec des scandales financiers éminemment apocalyptiques et catastrophiques. En réalité, il ne suffit pas de délocaliser les festivités d’une fête nationale dans les autres villes du Bénin, pour que les autochtones indigènes voient ipso facto leurs ventres se remplir de maïs, de blé et d’eau potable. Visiblement le Changement s’amuse à changer tout. Car il est par surcroit triste de constater, que les nouveaux bourreaux de l’économie béninoise, trouvent en chaque évènement, une illustre opportunité pour se remplir la poche. De toute façon, le peuple est témoin et il jugera au moment opportun. Il ne faudrait pas que l’on confonde son silence à une quelconque « attestation d’ignorance » prononcée.
Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN 21/07/09
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