Marche du Parti Alafia dans le Borgou : La République de deux poids deux mesures

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Sans forcer la mémoire des populations des départements du Borgou et de l’Alibori et celles de l’Atacora-Donga, on a souvenance de l’interdiction des marches de n’importe quelle nature par les différents préfets de ces départements. Mais paradoxalement, le week-end dernier, les responsables du parti Alafia et leurs sympathisants ont organisé une marche de soutien au chef de l’Etat dans ce dossier de la Cen-Sad. Et le comble est qu’ils ont été reçus par le même préfet qui auparavant avait interdit les marches. On est forcement en droit de se demander dans quelle République sommes-nous.
Le parti Alafia qui a pour secrétaire général exécutif l’actuel ministre de la Décentralisation, Alassane Séidou a organisé le week-end dernier, une marche de soutien au chef de l’Etat dans l’intention ont-ils agité de l’encourager à tout nous dire sur le dossier Cen-Sad.
L’intention d’amener le chef à dire la vérité est à saluer mais le canal emprunté portait le sceau de sens interdit. Mais puisque nous sommes dans une République où la loi ne s’applique que quand il s’agit des autres, il n’est pas étonnant de voir le spectacle qu’a présenté le parti Alafia le week-end dernier.
Après une marche qui a été nourrie aux slogans vives chantant les fausses prouesses du chef de l’Etat, la vague de marcheurs a été reçue par le préfet qui sous l’admiration de l’acte qui brisait la loi vient ainsi cautionner l’arbitraire et semer les graines de deux poids, deux mesures.
Quand on se souvient que dans un passé très récent, des étudiants ont été interdits de manifestation parce que ce n’étaient pas en faveur du gouvernement ; quand on se souvient aussi que dans les départements de l’Atacora et de la Donga, des groupes politiques traités d’opposants n’ont pas reçus l’onction des autorités pour des marches, on s’indigne de constater que cette même loi est outrepassée et ne saurait déranger le préfet qui par instinct totalitaire a même accordé sa bénédiction. Dans le même ordre de raisonnement, et toujours au Bénin, des travailleurs et des femmes ont été interdits d’expression de leurs opinions sous des prétextes qui sont à voir ailleurs. Ils ont été dispersés comme des malpropres par des corps habillés à la solde d’un groupuscule d’individus mal intentionnés.
« Pour faire régner l’ordre », on peut militariser les rues et rudoyer les paisibles populations. La solution devrait être toute simple à trouver pour des faiseurs de lois qui les taillent sur mesure ; obliger tout le monde à aduler le chef même si on doit sombrer.

RF
Journal LE GRAND JOURNAL 23/07/09
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Publié dans Politique nationale

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