Agression sur le journaliste Sulpice Oscar Gbaguidi : Les journalistes béninois désormais en insécurité (Vive indignation du Synapromeb et des associations de presse)
Le Bénin est-il toujours cet endroit de la terre où le métier de journaliste est exercé en toute liberté ? La question mérite aujourd’hui d’être posée avec la recrudescence d’actes de violence perpétrés contre les professionnels des médias.Alors qu’on n’a pas encore fini de déplorer les cas des journalistes de Golfe TV et de l’Ortb contre qui des militants de la RB et de certaines centrales syndicales ont manifesté il y a quelques jours, voici que se déchaîne la méchanceté humaine contre le journaliste Sulpice Oscar Gbaguidi. Dans la nuit du 22 juillet 2009, ce chroniqueur de la chaîne de télévision privée Canal 3 a été violemment agressé par des individus non encore identifiés. Le projectile qui lui a été lancé alors qu’il circulait à bord de sa voiture ne lui a laissé aucune chance. Outre les dégâts enregistrés sur sa voiture, Sulpice Oscar Gbaguidi a été touché à la tête. Cet acte crapuleux rappelle l’attaque qui a été perpétrée il y a quelques mois contre le Directeur de publication du quotidien «Le Béninois Libéré» qui a eu le pare-brise de sa voiture brisé. Face à cette préoccupante situation, le Synapromeb, Syndicat national des professionnels des médias du Bénin, ne pouvait pas rester sans réagir. C’est d’ailleurs ce qui justifie le communiqué qu’il vient de rendre public par lequel il invite les journalistes à la grande vigilance surtout que, selon les informations qui lui sont parvenues avec récurrence, plusieurs professionnels des médias sont ciblés pour être l’objet d’attaques ou de mesures d’intimidation de toutes sortes, voire d’agissements plus graves encore. Inquiet de ce glissement trop rapide qui s’opère sur le terrain de la violence sur les professionnels des médias, le Synapromeb tient à préciser aux auteurs des attaques contre les professionnels des médias et à leurs commanditaires, que menacer, brutaliser ou même tuer les journalistes et autres acteurs des médias ne permet pas de mettre un terme aux avatars dénoncés. Bien au contraire !
Outre le Synapromeb, l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) et l’Amicale des Journalistes d’Akpakpa pour une Presse Libre et Crédible (AJAPLIC) ont aussi condamné cet acte crapuleux.
Euloge Badou
Journal LA PRESSE DU JOUR 24/07/09
Communiqué
Alors que nous ne nous étions pas encore remis des menaces proférées contre Golfe Télévision et Ortb Télévision, nous avons appris avec consternation et émoi, l’agression perpétrée contre le journaliste Sulpice Oscar Gbaguidi. Ce fait, qui s’ajoute à ceux évoqués ici et à d’autres qui n’ont pas encore disparu de nos mémoires, illustre de façon béante les menaces et autres tentatives de bâillonnement qui pèsent sur la presse béninoise depuis quelque temps. Ayant toujours à l’esprit, les grandes luttes au prix desquelles la liberté de presse et autres libertés fondamentales ont été reconquises dans notre pays, le Synapromeb entend se dresser contre toutes manœuvres attentatoires à la liberté de presse. Aussi, tous les professionnels des médias sont-ils invités à faire preuve de vigilance car, selon les informations qui nous parviennent avec récurrence, plusieurs professionnels des médias sont ciblés pour être l’objet d’attaques ou de mesures d’intimidation de toutes sortes, voire d’agissements plus graves encore.
Inquiet de ce glissement trop rapide qui s’opère sur le terrain de la violence sur les professionnels des médias, le Synapromeb tient à préciser aux auteurs des attaques contre les professionnels des médias et à leurs commanditaires, que menacer, brutaliser ou même tuer les journalistes et autres acteurs des médias, ne permet pas de mettre un terme aux avatars dénoncés. Bien au contraire !
D’ores et déjà, le Synapromeb exige des autorités compétentes que la lumière soit faite sur cette agression subie par Sulpice Oscar Gbaguidi.
Par ailleurs, le Synapromeb voudrait saluer la promptitude avec laquelle la Police a réagi lorsqu’elle a été avertie de l’agression, et saluer aussi la promptitude avec laquelle la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication s’est saisie de ces différents dossiers et a même opéré des descentes dans les organes concernés.
Enfin, le Synapromeb invite les professionnels des médias du Bénin à se tenir prêts à toutes actions qui pourraient être entreprises pour dénoncer ces agissements d’une autre époque.
Oui pour une presse béninoise responsable et professionnelle !
Non aux intimidations et agressions de professionnels des médias
Pour le Synapromeb,
Le Secrétaire général national,
Wilfried Léandre Houngbédji
Communique de presse UPMB
L’Union des professionnels des Médias du Bénin (UPMB) constate avec indignation que des actes attentatoires à la liberté de la presse se multiplient ces derniers temps, constituant ainsi une menace grave à la liberté d’expression, pilier essentiel de la démocratie.
Nous avons noté en effet, en quelques jours d’affilée, une série d’actes d’agression physique et verbale contre des professionnels des médias qui n’étaient que dans l’exercice de leur fonction de sentinelles de l’édifice démocratique. C’est ainsi que nous avons enregistré :
- des violences contre les reporters de Golfe Télévision lors de la marche (interdite) des syndicalistes du mardi 21 juillet ;
- des violences contre les reporters de la Télévision nationale (ORTB) lors de la marche (interdite) des syndicalistes du mardi 21 juillet ;
- une agression physique avec des blessures contre le journaliste – chroniqueur Sulpice Gbaguidi de la Télévision Canal 3 dans la nuit du 22 juillet 2009 ;
- on se souvient aussi de l’agression avec menace écrite de mort il y a un moment contre le Directeur de Publication du Journal « le Béninois libéré » ;
- Etc.
L’Union des professionnels des Médias du Bénin (UPMB) condamne avec vigueur ces atteintes à la liberté de la presse. Car il s’agit là d’une violation pure et simple des droits du journaliste consacrés :
- d’une part par le Code de déontologie de la presse béninoise qui édicte en son article 24 portant sur la protection du journaliste que « le Journaliste a droit, sur toute l’étendue du territoire national, et ce sans condition ni restriction, à la sécurité de sa personne, de son matériel de travail, à la protection légale, au respect de sa dignité » et
- d’autre part par la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui dispose en son article 24 que « la liberté de presse est reconnue et garantie par l’Etat. Elle est protégée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, dans les conditions fixée par une loi organique ».
En conséquence, l’UPMB :
- interpelle le Gouvernement et la HAAC afin que ces structures étatiques prennent effectivement les dispositions qui s’imposent afin de protéger les professionnels des médias ;
- encourage les professionnels des médias à ne pas se laisser intimider par les ennemis de la liberté d’expression, les ennemis de la démocratie pluraliste et à continuer inlassablement leur travail pour la promotion de la paix, de la démocratie et du développement, mais tout en faisant aussi davantage preuve de professionnalisme.
- Invite les professionnels des médias à la Conférence de presse qui aura lieu à cet effet le mardi 28 juillet 2009 à la Maison des Médias à Cotonou.
Fait à Cotonou le 23 juillet 2009
Le Président de l’UPMB
Brice HOUSSOU
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