A moins de deux ans des présidentielles de 2011 : Boni Yayi et les siens paniquent et vont à l’assaut des populations
Vite reconquérir la confiance du peuple après les scandales financiers qui ont émaillé son mandat. C’est la mission que s’assigne désormais le Chef de l’Etat appuyé par certains mouvements de la mouvance présidentielle. Le week-end qui vient de s’achever a été marqué par une ruée des acteurs de la mouvance présidentielle sur le terrain. Un branle-bas général qui montre que l’heure n’est plus à la sérénité du côté du pouvoir.Le week-end qui vient de s’achever a été particulièrement riche en événements politiques animés par des acteurs de la majorité présidentielle au pouvoir. En dehors du Chef de l’Etat qui a jeté son dévolu sur le département du Zou, des ministres, Directeurs de sociétés d’Etat et autres cadres se sont lancés dans une campagne précoce à travers tout le pays.
Ainsi, Djakotomè avec Bernard Lani Davo, Parakou avec le ministre Alassane Seydou, Tchetti avec Adam Dindé Affo, Sèmè Kpodji avec Mme da Silva, Avrankou avec la première dame Chantal Yayi, Porto-Novo avec Bernard Dossou et Jacques Migan ont connu leur dose d’animations politiques. Objectif, rassurer les populations de plus en plus déçues du changement et baliser le terrain pour 2011. La question qu’il convient de se poser face à cette sortie massive et groupée des forces politiques de la mouvance présidentielle est de savoir ce qui fait courir le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi et les siens. Et pour répondre à cette question, il n’est point besoin d’aller chercher loin. Aujourd’hui, avec le bilan peu reluisant qu’on peut mettre à l’actif du régime du changement, Boni Yayi et ses partisans ont des raisons d’avoir peur de la sentence que leur réservera le peuple en 2011. Sur le terrain, le changement tant prôné par le Chef de l’Etat et ses partisans n’a laissé que des illusions. Ce n’est d’ailleurs pas le président de la République lui-même qui nous démentirait avec ce qu’il a pu voir au cours de son périple dans les communes de Zakpota, de Covè, de Bohicon et d’Abomey le week-end écoulé. A chaque étape de cette tournée, le président de la République a reçu un chapelet de doléances. Ce sont d’ailleurs ces mêmes doléances qui ont été formulées par les populations lorsqu’il était donné à des ministres du gouvernement de sillonner ces localités. Mieux, lorsque le président de la République a reçu au Palais de la Marina des délégations des populations de Djidja, de Zakpota, de Covè…ce sont aussi les mêmes doléances qui ont été présentées. Mais aussi curieux que cela puisse paraître aucun début de solution n’a été apporté à ces problèmes présentés par les populations pour leur bien-être. C’est comme si le gouvernement et ses zélateurs se sont proprement moqués des populations qui toisent au jour le jour la pauvreté alors que les scandales financiers portant sur des milliards de F Cfa se multiplient au sommet de l’Etat, référence est ainsi faite à l’affaire Cen-Sad et à bien d’autres dossiers que le régime cache pour le moment au peuple puisqu’on n’est pas resté sans savoir que les audits commandités dans les sociétés et offices d’Etat ne sont pas encore rendus publics. A Abomey, Bohicon, Zakpota et à Covè, les populations qui ne sont pas dupes se sont heureusement posées une seule question : « ce gouvernement est-il sérieux ? » Et c’est à juste titre. Après la célébration de la fête du 1er août 2007, la cité historique d’Abomey est abandonnée à ses ruines. Tous les projets annoncés à grand renfort de publicité tardent à être réalisés. La voie Sèhouè-Bohicon pour laquelle plus d’un milliard de F Cfa ont été dépensés est aujourd’hui dans un état lamentable. Malheureusement, le Chef de l’Etat qui se déplace en hélicoptère ne peut pas le savoir. Combien de temps disposera le gouvernement pour réparer ce tort causé aux populations ? Visiblement, les efforts du Gouvernement pour rattraper le temps perdu laissent sceptiques les populations dont certains ont déjà opéré d’autres choix politiques dans la perspective de 2011. C’est malheureusement le prix à payer.
Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR 28/07/09
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