Gestion de la crise alimentaire: Le ministre Akofodji soupçonné de magouille
En 2008, le gouvernement avait autorisé l’importation du riz pour juguler la crise alimentaire que traversait le pays. Se fondant sur l’obligation de rendre compte prônée par le régime du Changement, il urge, que M. Grégoire Akofodji, ministre du Commerce au moment de cette crise apporte des éclaircissements sur les très nombreuses importations du riz faites en cette période pour mettre fin aux rumeurs.A l’heure où le Chef de l’Etat, le Dr Thomas Boni Yayi tente par tous les moyens de lutter contre la pandémie de la corruption qui sévit dans son entourage immédiat, il sied que l’actuel locataire du ministère de l’Agriculture de l’élevage et de la pêche et ancien ministre du commerce en 2008 Grégoire Akofodji apporte des éclaircissements à l’opinion nationale. En effet, dans la mise en œuvre des mesures urgentes pour juguler la crise alimentaire qui sévissait au Bénin en 2008, le régime du Changement avait autorisé l’importation du riz et de certains produits de grande consommation avec des allègements douaniers. De ce fait, des tonnes de riz ont été importées avec d’importantes facilités d’exonération d’impôt et taxes douanières à certaines sociétés proches du pouvoir. Aujourd’hui plusieurs tonnes de riz ont pu être déversées dans le pays et stockées dans des magasins alors que le pic de la crise alimentaire est déjà passé, permettant à ces opérateurs économiques peu scrupuleux, d’engranger d’énormes profits. M. Akofodji devra donc répondre de certains aspects de cette importation massive des produits de grandes consommation notamment, les conditions dans lesquelles les appels à concurrence ont été lancés, les critères de participation des sociétés retenues pour l’importation du riz, les types de céréales, les quantités importées par chaque société et leurs coûts et le détail des exonérations accordées à chaque importateur. Car, certaines indiscrétions font d’ailleurs état du fait que plusieurs opérateurs économiques continuent d’importer du riz et des produits de premières nécessités sous le régime de ces exonérations. C’est pour cela que les éclaircissements du ministre Akofodji et de son successeur Ouinsavi sont très attendus dans l’opinion nationale. Les nombreuses révélations des irrégularités qui ont cours sous le régime notamment les détournements de fonds dans la réfection du Palais des Congrès et du Centre international de conférences de Cotonou entrant dans le cadre du 10ème sommet de la Cen/Sad, obligent en effet tous les Béninois à être vigilants et à douter de tous les marchés publics octroyés par les ministres du président Boni Yayi.
Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 28/07/09
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