Chronique du jour: Les gamètes des politiques
2011 approche et les tractations s’intensifient pour se positionner dans un camp comme dans l’autre. Les enjeux électoraux liés aux législatives et aux présidentielles attisent les appétits voraces des opportunistes confirmés. Les partisans du Chef de l’Etat n’hésitent pas à ce titre à se muer en véritables griots ou en laudateurs avérés du régime en place. Mieux, sous le changement et à quelques encablures de ces importants rendez-vous des urnes, les courtisans du Chef de l’Etat sont de plus en plus nombreux et les probables candidats au positionnement sont légion. L’adage dit qu’à chaque jour suffit sa peine au moment où les " partisans " du Président commencent par se dire qu’à chaque loup suffit sa bergerie. Boni Yayi est ainsi devenu l’idole de politiciens inlassables qui clament sans cesse leur soutien à son gouvernement et à ses actions. Les mouvements de soutien aux actions du 1er magistrat du pays se créent tous azimuts et les marches s’intensifient. A chaque jour suffit sa peine dit-on mais le chroniqueur s’autorise à affirmer qu’à chaque ami du chef suffit son mouvement. La proximité des prochaines consultations électorales a transformé certains partisans de Boni Yayi en créateurs de mouvements politiques. Chacun y va à sa manière et quelques soit le mode de création, les regroupements poussent comme des champignons sur une terre bien assaisonnée. Après l’avalanche des marches de remerciements et des meetings de soutien, le folklore a atteint son paroxysme avec la naissance anarchique des partis, fronts, alliances et autres mouvements qui disent adhérer aux idéaux prônés par le Chef de l’Etat et son équipe .Telle une graduation ascendante qui n’a sans doute rien à envier au sénile de Don Diègue qui disait dans le Cid de Corneille je cite " Va., court, vole, et nous venge "fin de citation. Le phénomène a pris une ampleur considérable ces derniers jours vu que 2011 n’est plus loin. Des honorables députés que l’on ne présente plus n’y vont pas de main amorphe pour " réaffirmer " leur soutien au Chef du gouvernement béninois par le biais de la création de blocs politiques, l’organisation de marches et la tenue de discours propagandistes. Le ver atteint profondément le fruit quand le drame sociopolitique étend ses tentacules sur le domaine de prédilection de certains ministres de la République et de directeurs de sociétés d’états qui s’érigent malheureusement en parrains de certaines manifestations, en organisateurs de mouvements parfois peu recommandables et en initiateurs de rencontres quelque fois inopportunes. L’envie de plaire au Chef, le désir de mieux servir le Patron et l’ambition d’être inscrit sur la liste Cauris en pole position transforme maladroitement de respectables hommes politiques d’hier en bons mendiants d’aujourd’hui. Plus rien n’arrête la " mangecratie ", presque rien ne met un bémol aux ambitions parlementaires, municipales ou affairistes des potentiels candidats. Les mouvements politiques acquis à la cause du Chef se multiplient inlassablement. Le Chef dans de pareille circonstance devrait faire fi de l’existence flatteuse et des ambitions opportunistes de certains rassemblements. Quant aux militants, ils ne doivent pas oublier cette assertion de Celestine Zannou qui dit qu’à trop applaudir le danseur, il finit par se tromper de pas. Au Chef de l’Etat, le Béninois lambda dira tout simplement comme Jean de la Fontaine que tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute. Les Conseillers ne sont certainement pas les payeurs. La crédibilité du régime en place est en jeu et il faut sans douter la restaurer et la maintenir.François MENSAH
Journal FRATERNITE 27/07/09
Publicité