Chronique du jour: Chantage sous Yayi

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Les derniers événements qui ont émaillé l’actualité politique nationale suscitent depuis quelques jours une vague de réactions au sein de l’opinion publique. Naturellement, ce genre de fait permet à plusieurs acteurs de la classe politique de s’inviter de façon opportune ou peut-être inopportune dans le débat dont il est question. L’occasion faisant le larron, certains hommes politiques ont trouvé en cette circonstance une ouverture idéale pour se signaler. Et dans la kyrielle de délateurs opportunistes, certains acteurs de l’échiquier politique local ont saisi l’oiseau au vol et profité de l’excellente occasion offerte par le dossier Cen - Sad pour rappeler au leader charismatique des " cauris " qu’ils existent et qu’ils sont, semble-t-il oubliés. Le week end dernier, certains députés tels que Sam Adambi, Edgar Alia et André Dassoundo entre autres ne sont pas passés par plusieurs chemins pour dénoncer les tares d’un changement qui serait selon eux, en panne. Le Béninois lambda que je suis pourrait à première vue penser que le jeune et dynamique député de Parakou a fait preuve d’une franchise et d’une maturité politique exemplaire. Hélas, en politique certains observateurs avertis recommandent aux hommes la pertinence, la conviction, la cohérence et la constance. A y voir de plus près, le show médiatique des trois honorables s’apparente à une sorte de manifestation évidente d’une tristesse notoire qui émane de certains cauris rongés par des relations grippées par les aléas de la scène politique nationale. Se sentant délaissés dans une certaine mesure par le chef au profit de certains de leurs collègues qui dit-on, sont des privilégiés, Edgar Alia et les siens ont, semble-t-il, sonné la révolte au sein de leur famille politique. Ceux que d’aucuns considèrent comme de farouches artisans d’un puissant chantage affectif donnent l’impression d’être fatigués de joindre les mains, d’encaisser et de dire merci. L’heure de la vérité aurait sonné, serait-on tenté de dire. Seulement, ce réveil tardif devrait susciter de curieuses et pertinentes réflexions puisqu’au Bénin, il ne faut jamais avoir un genou à terre car, dans pareille condition, les partisans d’hier vous lâchent pour que le naufrage ne soit pas collectif. Ce serait sans doute un doux euphémisme que de dire que les lieutenants d’hier ont choisi de se ’’désolidariser’’ de la troupe à Boni Yayi au moment où le patron et les siens font face à une situation socio-économique et politique délicate. Ne supportant plus d’être à l’écart de ce que certains appellent la ripaille du changement, les mousquetaires dissidents vident leur sac devant des populations qui ne sont pourtant pas naïves pour un sou. Le cirque médiatique, l’amusement public, voire le théâtre spectaculaire auxquels se sont livrés les fâchés du régime sont pas loin d’un chantage savamment orchestré par des partisans d’appels de pieds criards. Loin de résoudre des équations pour le pouvoir en place, Sam Adambi et ses compagnons de galère n’ont posé aucun problème fondamental. Ils n’ont fait que digresser. Le peuple n’est pas dupe. Le chroniqueur ose alors penser qu’au lieu de s’opposer au chef sur l’essentiel, ils font plutôt du marchandage. Quand les raisins de la galère d’Amine Malouf et les raisins de la colère de John Steinberck attisent nos consciences, l’amnésie s’enfuit et la raison réapparaît pour nous rappeler que le milieu politique est parfois sans scrupule et sans réelle conviction. Boni Yayi qui est loin d’être un adolescent politique a sans doute reçu le message de ses honorables et saura trier le bon grain de l’ivraie. Cela ne nuirait certainement pas à la crédibilité de ses choix et à la qualité de son équipe.

François MENSAH
Journal FRATERNITE 28/07/09
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Publié dans Politique nationale

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